AMIENS 

Inégalités géographiques - Chirurgie de la cataracte - Réseau Hépatite C - Accidents du travail - Association Valentin Hauÿ - Emplois-jeunes

Numéro 7 - Juin 1999 
 

Inégalités géographiques

L’état des lieux de la démographie médicale en France dressé par le Conseil National de l’Ordre des Médecins montre que les inégalités géographiques perdurent. La densité moyenne française est de 319 médecins pour 100 000 habitants, soit 164 généralistes et 155 spécialistes. La densité à Paris est de 800 alors qu’en Picardie on dénombre 136 généralistes et 94 spécialistes 
pour 100 000 habitants.

La répartition s’effectue de la façon suivante dans les trois départements de Picardie :
Dans la Somme, 167 généralistes et 116 spécialistes
Dans l’Aisne, 123 généralistes et 79 spécialistes (département le moins doté en spécialistes)
Dans l’Oise, 120 généralistes et 87 spécialistes
 
 

La chirurgie de la cataracte

 

La cataracte correspond à l’opacification du cristallin. Celle-ci est notamment due au vieillissement mais peut aussi être liée à un traumatisme ou à une pathologie générale comme le diabète. 
La technique utilisée appelée phakoémulsification consiste à introduire une sonde dans le cristallin. Sa mise en vibration permet d’émulsifier par ultrasons le cristallin et de l’aspirer en même temps. L’intervention se termine par la pose d’un implant en silicone ou dérivés acryliques ; matériaux souples qui évitent les sutures.

L’intervention dure 10 à 30 minutes et se pratique généralement sous anesthésie locale. Les suites opératoires sont courtes. Toutefois dans 30% des cas une opacification secondaire du cristallin (ou membranule) peut se développer au bout de quelques années. Le laser sera alors utilisé en ambulatoire pour permettre une récupération normale de l’acuité visuelle.
Le coût des implants
Le coût des prothèses oculaires a globalement baissé depuis des années puisque leur prix moyen unitaire est inférieur à 1 000F. En 1998, le CHU a acheté 1 879 implants pour son service d’ophtalmologie dont 203 implants chambre postérieure en silicone multibloc, 891 implants chambre postérieure en silicone, 87 implants chambre postérieure en silicone monobloc. Les prothèses oculaires les plus récentes sont en acrylique hydrophile. Le service d’ophtalmologie estime à 600 le nombre de ces nouvelles implantations. 75 billes à énucléation ou éviscération ont été commandées en 98 pour un prix unitaire de     3 000 F et 50 anneaux de sac capsulaire de l’ordre de 1000 F l’unité.
 
 

Réseau Hépatite C

 

L’Hépatite C pose un problème de santé publique particulièrement aigu du fait :
- de son émergence récente, le diagnostic sérologique étant possible depuis 1990 seulement,
- et de sa fréquence : la population française compte 1% de porteurs d’anticorps soit environ 500 000 personnes dont 75% sont porteuses du virus. 

Les risques de complication existent même si la majorité des cas restent bénins. L’Hépatite C peut évoluer vers la cirrhose voire un cancer du foie. La prise en charge initiale de cette maladie en France, limitée au départ à une trentaine de centres hospitaliers s’est rapidement révélée insuffisante d’où la création de réseaux. En Picardie, le service d’hépato-gastroentérologie du CHU d’Amiens, pôle de référence du réseau régional, en collaboration étroite avec l’ensemble des médecins libéraux et hospitaliers s’efforce depuis 1996 de développer la prise en charge de l’hépatite C. Mais un gros travail reste à faire car 1/5ème seulement des 15 000 porteurs supposés d’anticorps anti-VHC a été recensé. 
Le dépistage
Les conclusions de la conférence nationale de consensus en 1997 recommandent un dépistage systématique de l’hépatite C chez les sujets exposés aux deux sources de contaminations essentielles : transfusion sanguine avant 1991 et toxicomanie intraveineuse ou nasale.
 
 

Accidents du travail : se protéger et protéger les autres

 

Sur un total annuel de 600 accidents du travail déclarés en 1997 au service de médecine préventive, près de la moitié (48%) est liée au sang ou aux liquides biologiques. Une forte sensibilisation incite les personnels à déclarer plus régulièrement ce type d’accidents.

L’analyse des circonstances de leur survenue effectuée par le médecin du travail révèle bien souvent que les précautions élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées. Il s’avère alors nécessaire de modifier les pratiques professionnelles. Tous les personnels hospitaliers sont concernés, de l’agent de salubrité qui évacue les déchets au chirurgien, du médecin anesthésiste à l’infirmière ou au technicien de laboratoire. Chacun doit prendre conscience qu’il exerce un métier à risque et que son imprudence constitue un danger pour les autres.
Les principaux risques
La contamination liée aux virus représente la principale menace. Pour le SIDA, la transmission par accident exposant au sang est relativement faible : le risque est de 0,3% après piqûre et de 0,03% après projection mais il n’existe pas de vaccination pour se prémunir. Le danger augmente avec l’Hépatite C pour laquelle il n’y a toujours pas de vaccin avec un risque plus grand de contamination estimé entre 4 et 10%. Les risques sont encore accrus avec l’Hépatite B puisque la séroconversion est évaluée à 30% après accident contaminant ! Il existe un vaccin efficace et obligatoire pour les professionnels de santé contre cette pathologie. 
Actions de prévention
Avec l'accord du CHU de Strasbourg , des médecins et infirmiers du CHU d'Amiens, sensibilisés au problème et ayant reçu une formation spécifique vont intervenir dans des réunions de service, projeter un diaporama et étudier avec l’équipe les mesures à prendre afin de minimiser le risque d’accident ou d’en atténuer les conséquences.
64% des piqûres pourraient être évitées par le simple respect des mesures standard et/ou l’utilisation de matériels de sécurité. (source : étude du Geres)
 
 

L’association Valentin Hauÿ 

 

L’association Valentin Hauÿ complète l’intervention médicale du service d’ophtalmologie par une prise en compte de l’environnement psychologique et social des non et malvoyants. Par convention avec le CHU d’Amiens, elle dispose de 200m² de locaux fonctionnels sur le Centre Saint Victor. “ Il s’agit là d’une intégration parfaite de l’association avec le tissu hospitalier que beaucoup d’autres comités départementaux nous envient “ reconnaît Jean Douchet, Président de l’association et administrateur du CHU.
 
 

Emplois-jeunes

 

Sur 600 candidatures, 15 emplois-jeunes ont été recrutés par le CHU d’Amiens pour assurer une mission d’accueil, d’aide et d’accompagnement des malades et des visiteurs.