3 000 opérés à coeur ouvert - Lutte contre la douleur - 
An 2000 - Emplois-jeunes

Numéro 7 - Juin 1999 
 

Les 3 000 opérés à cœur ouvert

 

Le 25 septembre 1990, le CHU d’Angers effectuait sa première opération à cœur ouvert. Neuf ans après chirurgiens et anciens malades fêtent la 3 000ème intervention.
Avant le 25 septembre 1990, date mémorable de la première intervention à cœur ouvert, les malades étaient dirigés vers les hôpitaux de Nantes ou de Tours. Aujourd’hui le service de chirurgie cardiaque du professeur De Brux reçoit des patients du Maine-et-Loire mais aussi de la Sarthe. Dans la région des Pays de la Loire, seuls les CHU de Nantes et d’Angers sont en mesure de proposer une chirurgie cardiaque aussi sophistiquée. En neuf ans, ce service est même devenu un des pôles d’excellence du CHU avec des techniques de plus en plus performantes notamment en terme de recherche. Entre autre, le CHU a été le premier établissement en France à pratiquer la perfusion cérébrale rétrograde.

Les délais d’intervention
Les délais d’intervention sont actuellement d’un mois et demi à deux mois et ce malgré le développement de l’angioplastie (technique qui consiste à soigner les infarctus du myocarde par dilatation des coronaires, sans intervention chirurgicale lourde). Ce délai d’attente oblige parfois à diriger les malades vers d’autres régions alors que les compétences existent localement. Aujourd’hui l’équipe concentre ses efforts pour raccourcir les délais opératoires et répondre au mieux aux demandes des autres établissements de soins. “ Il manque quelques lits de réanimation postopératoire” regrette Jean Le Camus, directeur général du CHU d’Angers
Activité
L'unité de chirurgie cardiaque traite enfants et adultes pour des pathologies coronariennes ou valvulaires traditionnelles ou des pathologies spécifiques telles que les anévrismes.
L’équipe angevine réalise aujourd’hui 417 interventions sous circulation extracorporelle (CEC) par an. Cette activité toujours en progression est un bon indicateur des besoins de la région et de la compétence de l’équipe. Plus de 50 % des CEC concernent des pontages coronariens. Le pontage consiste à court-circuiter un rétrécissement ou une oblitération d’une artère coronaire. D’autre part, beaucoup d’opérations sous CEC sont réalisées pour réparer ou remplacer une valve (repli membraneux qui empêche le sang de revenir en arrière).
Du 25 septembre 1990 au 24 février 1999, le CHU d’Angers a traité 1 579 pontages coronariens (52,60%), 917 chirurgies valvulaires, 206 combinées (valve + coronaire), 125 cardiopathies congénitales et 173 autres cas. 
 
 

Lutte contre la douleur : 
Le CHU d’Angers labelisé

 

L’unité de prise en charge de la douleur chronique vient d’obtenir son label d'"unité de prise en charge de la douleur chronique“ décerné par le  Secrétariat d'Etat à la Santé.
Créée voici dix ans par le Professeur Jean Emile, l’unité assure un millier de consultations par an. En 1998, 200 nouveaux patients se sont présentés, envoyés par leur médecin traitant ou venus de leur propre chef. Un tiers des patients souffre d’une lombalgie ou d’une sciatique dont l’opération n’a pas eu les résultats escomptés. Les autres se plaignent de maux de tête, de douleurs cervicales ou aux membres. “La douleur est vécue comme l’échec du corps médical, elle persiste alors que la maladie est contrôlée. Ce n’est plus la pathologie qu’il faut traiter mais quelque chose de cicatriciel. En fait, la douleur survit à la lésion. Elle est inscrite dans les voies nerveuses. Elle est devenue une maladie en soi” explique le professeur Jean Emile. La thérapie est adaptée à chacun des cas rencontrés, prescription d’antalgiques, neurostimulation, chirurgie fonctionnelle avec interventions sélectives sur certaines fibres nerveuses. 
L’unité de prise en charge de la douleur chronique regroupe des compétences pluridisciplinaires : professeur de neurologie, praticien hospitalier titulaire d’un diplôme universitaire “douleur”, psychiatre, neurochirurgien, médecin généraliste, psychologue. Le plus souvent, les patients sont vus par au moins  deux médecins de l’équipe.
 
 

An 2000

 

Au CHU d’Angers le passage à l’an 2000 se prépare depuis 1995. “ En établissant un schéma directeur informatique, nous avons d’abord cherché à nous assurer de la parfaite fiabilité des sources administratives. Il faut que toutes les informations concernant un patient soient conformes quoi qu’il arrive “ précise Jean-François Caillat. Directeur, Direction des usagers, des finances et du système d’information. 

Pour garantir la validité des bases de données, le CHU renouvelle petit à petit le parc des 1 200 micros ordinateurs et met à jour les logiciels des 50 serveurs. Mais le bug de l’an 2 000 n’affectera pas seulement les ordinateurs et logiciels mais aussi l’électronique intégrée aux équipements. Certains sont vitaux pour l’intégrité physique du malade comme le respirateur artificiel. Le CHU a mobilisé son équipe d’ingénieurs biomédicaux et les services techniques. Un comité de pilotage avec un responsable an 2000 a été constitué avec pour objectif de se concentrer sur les matériels qui ne doivent absolument pas tomber en panne. Mais il est difficile d’assurer une fiabilité totale surtout lorsque les fournisseurs n’apportent pas de réponse. Certains après avoir affirmé qu’il n’y aurait pas de problème ont envoyé un courrier de mise en garde. 
Pour se prémunir contre les perturbations susceptibles d’affecter certains secteurs, le CHU d’Angers associe l’ensemble des équipes à ses plans de contrôle. L’hôpital met ainsi toutes les chances de son côté.

“Le passage à l’an 2000 a souligné la complexité de nos équipements hospitaliers et le niveau élevé de coopération qu’impliquent nos activités. “ conclut Jean-François Caillat.

Un tel dispositif de prévention a nécessité une enveloppe de 6 millions de francs mais, d’après les premières estimations, ce montant pourrait s’avérer insuffisant....
 
 

Emplois-jeunes

 

Deux métiers d’accueil pour 4 emplois-jeunes.
Auxiliaire d’accueil et de suivi du patient, c’est ainsi que se définit le poste occupé par deux nouveaux emplois jeunes. Ils ont pour mission de faciliter les tâches administratives des malades hospitalisées et à l’occasion, d’apprécier leur degré de satisfaction. Parfaitement bilingues, ces auxiliaires seront également les interprètes des patients anglophones.
Deux autres personnes ont été recrutées en tant qu’hôtesses d’orientation afin de diriger les consultants et visiteurs au sein de l’établissement. Elles interviendront sur demande directe des usagers ou sur celle du personnel des services de soins.