 
BREST
Maladie veineuse thromboembolique - Diplôme de Médecine
Maritime - Relations Internationales
Numéro 7 - Juin 1999
Maladie veineuse thromboembolique
L’évaluation de la prise en charge de la maladie veineuse
thromboembolique
La maladie veineuse thromboembolique (MVTE) est une pathologie fréquente
(700 000 cas par an en France), grevée d’une morbidité et
d’une mortalité importante (20 000 décès par an).
Pour réduire ce chiffre, la prise en charge des patients
présentant une suspicion de maladie thormboembolique doit être
rapide, coordonnée et efficiente, qu’il s’agisse de thrombose veineuse
ou d’embolie pulmonaire.
Une évaluation de la prise en charge de cette pathologie a été
réalisée au CHU de Brest sur 6 mois en 1997, auprès
de patients présentant une suspicion de MVTE aux urgences et dans
les services de médecine et de réanimation médicale.
Les critères de dysfonctionnement retenus pour mesurer l’adéquation
de la démarche diagnostique et thérapeutique au consensus
scientifique existant étaient le délai diagnostique supérieur
à 48 heures, des investigations insuffisantes pour établir
le diagnostic de manière formelle et une prise en charge thérapeutique
pas toujours adéquate. L’analyse des dysfonctionnements par un groupe
de travail, associant cliniciens, radiologues, médecins de santé
publique et pharmaciens a mis en évidence les problèmes d’organisation
et de connaissance liés au développement de nouvelles approches
diagnostiques.
Les propositions émises par le groupe de travail ont conduit
au renforcement des moyens de réalisation des écho-dopplers
et à la rédaction, puis à la diffusion d’un protocole
de prise en charge de l’embolie pulmonaire au CHU de Brest.
Une nouvelle étude d’évaluation aura lieu en septembre
1999 pour mesurer l’impact de ces recommandations. Après validation,
cette démarche sera étendue à l’ensemble des services
de soins de l’établissement et permettra de disposer d’indicateurs
valides concernant la qualité de la prise en charge de la MVTE au
CHU de Brest.
Ce travail pluriprofessionnel et pluridisciplinaire s’inscrit dans
la démarche d’amélioration continue de la qualité
de la prise en charge des patients recherchée dans le cadre de l’accréditation.
Diplôme de Médecine Maritime
La création d’un diplôme de Médecine Maritime à
Brest s’inscrit dans le projet ambitieux de développement, à
la pointe de la Bretagne Occidentale, d’une métropole maritime qui
se doit d’être une référence pour ce qui est de la
recherche et de la formation dans le domaine maritime. Brest devait donc
aussi intégrer les préoccupations des marins en matière
de santé.
Ce diplôme d’université, premier du genre, a une vocation
nationale, voire internationale et s’adresse aux médecins ayant
une compétence spécifique dans le domaine maritime. Le diplôme
pourrait se substituer au Brevet de Médecin de la Marine Marchande
créé par décret le 9 décembre 1968 ; la qualification
est exigée lors des recrutements de médecins embarqués
par les entreprises maritimes. Cette formation pourrait être étendue
à tout médecin appelé à exercer en secteur
maritime notamment dans la prévention.
Ce diplôme s’adresse donc :
- aux médecins embarqués sur navire marchand ou sur navire
pratiquant l’assistance sur les campagnes de pêche,
- aux médecins ayant une activité de médecine
du travail et de prévention auprès des compagnies de navigation,
- aux médecins œuvrant dans le cadre du régime social
des marins (Etablissement National des Invalides de la Marine)
- aux médecins du travail des entreprises ayant des activités
orientées vers la mer,
- aux médecins urgentistes participant à l’aide médicale
en mer et à tout médecin devant servir de façon isolée
en zone maritime,
- aux médecins exerçant sur le littoral afin de compléter
leurs connaissances.
Relations internationales :
La Bretagne et la Tunisie
Dans le cadre de son activité de coopération internationale,
le CHU de Brest, en partenariat avec l’Université de Bretagne Occidentale
et des associations à caractère social, a signé un
protocole d’accord avec le Centre de Gérontologie Sociale de Sfax,
en Tunisie. Ce centre de gérontologie, “ Rabitat El Ajiel “ qui
signifie “L’Alliance entre les générations “, constitue une
expérience unique en Afrique.
1999 Année Internationale des Personnes Agées... et
des échanges entre équipes de gériatrie tunisiennes
et brestoises.
En Tunisie, les personnes âgées occupent une place de
marque, sont entourées de respect et d’approbation ; elles jouent
un rôle consultatif et leur avis est souvent recherché en
raison de leur longue expérience. A l’origine, Rabitat El Ajiel
est une association de retraités classique, mais elle a quitté
ce secteur traditionnel d’activités en faveur des retraités,
pour investir un champ plus large, celui des personnes âgées
dans la société.
D’association locale, elle est devenue une véritable institution
nationale. Les jeunes qui au départ l’ont accompagnée, sont
devenus aujourd’hui les praticiens de la gérontologie et de la gériatrie.
Grâce aux contacts entre Rabitat El Ajiel et l’Office des Retraités
de Brest, des partenariats ont pu s’établir entre confrères
français et tunisiens. Depuis lors, régulièrement,
des gériatres tunisiens viennent effectuer des stages au sein des
structures du CHU pour une durée variant entre deux semaines et
un mois. Leur objectif est de parfaire leurs connaissances en gérontologie-gériatrie,
et de mettre en place à Sfax des solutions adaptées aux besoins.
11 personnes sont attendues à Brest en 1999
Les stagiaires sont aussi bien médecins gériatres, infirmiers
spécialisés en gériatrie, que nutritionnistes ou enseignants
dans le domaine paramédical ; toutes les personnes possèdent
une pratique importante (10-15 ans) et sont titulaires du DESS de gériatrie
(2 années de formation à Sfax). Les thèmes abordés
concernent principalement les urgences dont la cellule gérontologique
(avec une assistante sociale), la psychologie (l’écoute, les centenaires,
la fin de vie,...), mais aussi, les soins à domicile, l’habitat
intergénérationnel. Ces échanges ne sont pas à
sens unique puisque des praticiens français sont régulièrement
accueillis à Sfax.
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