TOULOUSE

Le CHU du troisième millénaire - Insuffisance cardiaque - angiographie rotationnelle
 

Numéro 7 - Juin  1999 
 

Le CHU du 3ème millénaire : maintenir l’offre de soins au plus haut niveau

 

“A la veille du 3ème millénaire et dans un contexte de ressources nécessairement limitées, les institutions sanitaires françaises doivent repenser leur place dans la chaîne des soins et leur relation avec un environnement en constante évolution. Il est donc primordial pour le CHU de Toulouse de fixer les axes forts de son développement. Ainsi la communauté hospitalière a-t-elle décidé de baser sa politique sur la prise en charge des malades au plus proche de leurs besoins de santé, sur la modernisation des structures et le maintien des équipements au plus haut niveau. 
Le CHU privilégiera les alternatives à l’hospitalisation, à la fois source d’économie mais surtout de confort accru pour les malades, le renforcement des activités en réseaux locaux et régionaux basées sur une collaboration plus étroite avec la médecine et les intervenants libéraux, les restructurations nécessaires à l’affirmation de grands pôles médicaux (pôle mère-femme-couple-enfant, pôle cardio-vasculaire, pôle urgences et réanimation, pôle urologie) et le maintien de sa capacité d’investissement.” 
Daniel Moinard, Directeur Général

Transparence et ouverture 
“L’hospitalocentrisme des années 70 a vécu. Nous avons désormais une obligation de transparence et d’ouverture. “ constate le Professeur Jean-Luc Gouzi, chef du service de chirurgie digestive de Purpan. La transparence, c’est la pression consumériste qui la réclame, quant à l’ouverture sur l’environnement elle s’effectue sur tous les fronts du sanitaire mais aussi du social.

Economie et confort
La notion d’alternative est rendue nécessaire à la fois par la recherche d’économies et par une demande légitime de la population qui apprécie la possibilité de rentrer le soir à son domicile. “Avant même l’apparition des contraintes financières, l’évolution naturelle de l’outil hospitalier a conduit à une baisse de la durée moyenne de séjour d’une dizaine de jours il y a 15 ou 20 ans à la moitié aujourd’hui. Une présence réduite à l’hôpital raccourcit le temps d’indisponibilité sociale et professionnelle.” poursuit Jean-Luc Gouzin. Les alternatives à l’hospitalisation traditionnelle prennent différentes formes : hôpital de jour ou de semaine, chirurgie ambulatoire, hospitalisation à domicile ou encore le concept d’hôtel hospitalier. Ces nouveaux modes d’organisation imposent de bien sélectionner les personnes qui vont en bénéficier et d’assurer leur suivi par le biais de réseaux. Actuellement l’ouverture d’un lit de chirurgie ambulatoire conduit à la fermeture de deux lits d’hospitalisation classique.

Réseaux locaux et régionaux et Télémédecine
Le CHU doit intervenir en complémentarité avec les établissements de la ville et de sa périphérie et avec les groupes de médecins généralistes mobilisés. Le ministère pousse d’ailleurs à l’installation de cabinets de médecine générale à l’entrée de l’hôpital à des fins de filtrage et de désengorgement des services.
A l’échelle régionale, la télémédecine a favorisé l’émergence de plusieurs réseaux, comme en cancérologie ou en cardiologie.
 
 
 

L’insuffisance cardiaque : la maladie du XXIème siècle 

 

La réduction de la mortalité aiguë entraîne l’évolution des cardiopathies jusqu’à la déchéance myocardique. Il est donc essentiel de proposer une organisation pour un dépistage précoce et un traitement complet dès le début de la maladie et une surveillance rigoureuse des patients. Telle est la mission de l’équipe du service de cardiologie du CHU de Toulouse.

L’éducation du patient et de sa famille pour lutter contre l’insuffisance cardiaque
Une meilleure prévention s’impose, elle passe par la prise en charge des facteurs de risque à savoir l’hypertension, la dyslipidémie, le tabagisme, le diabète, l’obésité... mais aussi un dépistage renforcé lié à une meilleure éducation du corps médical. Enfin, un meilleur suivi après la prise en charge thérapeutique des poussées aiguës qui comprend une éducation des patients. Le malade doit en effet mieux connaître sa maladie pour appliquer correctement les mesures hygiéno-diététiques préconisées par les praticiens. Au CHU de Toulouse, l’approche éducative se fait de manière pluridisciplinaire, en associant tous les acteurs de soins (médecins, infirmières, diététiciennes, kinésithérapeutes, infirmières sophrologues). Des livrets d’éducation sont diffusés à chaque patient hospitalisé pour insuffisance cardiaque, les infirmières reprennent et commentent ces informations. Un programme éducatif plus poussé avec des supports de cours multimédia est en projet, il s’adressera aux malades et à leur famille. Et nouveauté, les connaissances des patients seront évaluées à l’issue de la formation !

Statistiques
Il n’existe pas de données chiffrées valables en France mais les statistiques américaines montrent que l’insuffisance cardiaque affecte 4,5 millions d’individus avec 4 millions de cas nouveaux annuels et entraîne 6,5 milliards de dollars de frais d’hospitalisation et de soins médicaux externes. On dénombre un million d’hospitalisation pour la première poussée et plus de 2 millions pour les complications chez les patients traités chaque année. En France, cette pathologie requiert des soins médicaux très lourds en phase aiguë, des traitements complexes et onéreux. La Sécurité Sociale estime son coût à plus de 4 milliards de francs chaque année. La gravité de l’insuffisance cardiaque en fait la plus dangereuse et évolutive des affections malignes. La mortalité est impressionnante, selon l’étude de Framingham, seulement 25% des hommes et 35% des femmes survivraient 5 ans après le diagnostic.
 
 

Innovation : l’angiographie rotationnelle
 

Depuis septembre 1998, le service de neuroradiologie du Pr Claude Manelf et du Dr Christophe Cognard dispose d’un tout nouvel appareil d’angiographie rotationnelle* qui permet l’exploration des vaisseaux, en particulier des vaisseaux cérébraux en trois dimensions. Qualifié de révolution technologique, cet équipement permet, grâce à la rotation très rapide du tube à rayons X autour de la tête du patient (200 degrés en 5secondes) et simultanément à l’injection d’un produit de contraste iodé dans les artères cérébrales, d’obtenir une image en 3 dimensions de l’ensemble de la vascularisation  cérébrale. 
Cet examen est tout particulièrement adapté à l’exploration des malformations vasculaires cérébrales dont les plus fréquentes sont les anévrismes et les angiomes. Ces malformations vasculaires sont responsables d’environ 6 000 cas d’hémorragies méningées en France. C’est une pathologie grave puisque 1/3 des patients décède avant l’arrivée à l’hôpital et 1/3 sera porteur de séquelles neurologiques graves. 
*De fabrication américaine, l’appareil d’angiographie rotationnelle a été conçu en France. Deuxième appareil installé en France après le CHU de Nancy, l’angiographe rotationnelle représente un coût d’investissement de 7 millions de francs.