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V - Place de la Fédération
de Cancérologie des CHU dans le programme de lutte
contre le Cancer – Professeurs J. Lansac ( Président
de la Fédération de Cancérologie
des CHU) et L.Degos ( Président délégué
) - février 2000
La prise en charge des 240 000 (Source Francim) nouveaux
patients atteints tous les ans en France d’une pathologie
cancéreuse est une activité importante des
hôpitaux publics.
La Fédération de Cancérologie des
CHU a pour objectif d’organiser au niveau national
la prise en charge de ces patients dans nos établissements
en:
• Initiant des activités régionales
de prévention ou de dépistage.
• Structurant une prise en charge pluridisciplinaire
(mise en place de comités d’organes, de protocoles,
d’ évaluation des bonnes pratiques cliniques,
d’une cellule de psycho-oncologie),en pilotant des
réseaux avec les établissements publics
ou privés de la région.
• Evaluant régulièrement l’activité
cancérologique effectuée dans ces établissements
• Organisant l’enseignement concernant la
prise en charge du malade atteint d’un cancer des
étudiants en médecine et des personnels
paramédicaux mais aussi des spécialistes
médicaux ou chirurgicaux (DES DESC) ainsi que leur
formation continue régionale.
• Coordonnant au niveau régional ou interrégional
une cherche clinique (CIC ,PHRC) ou fondamentale en collaboration
avec l’ INSERM le CNRS.
• Evaluant les retentissements médico-économique
de l’activité de cancérologie.
Des plateaux techniques régionaux
Des plateaux techniques d’exploration (IRM, Scanner,
Petscann) ou de traitement comportant des équipements
lourds (curiethérapie, radiothérapie, thérapie
cellulaire, immunothérapie) ont été
mis en place dans les régions, dans des établissements
publics ou privés conformément aux SROSS.
Ces équipements régionaux permettent la
prise en charge des patients dans les régions qui
n’ont pas de Centre Régionaux de Lutte contre
le Cancer ( Région Centre, Poitou Charente , Limousin
) ou sont en fait des équipements communs aux CHU
aux CRLCC et aux établissements privés car
les malades qui se sont confiés à l’une
ou l’autre de ses structures vont se voir traités
selon les besoins du traitement dans l’un ou l’autre
des établissements en fonction de la localisation
de l’équipement lourd que leur prise en charge
nécessite . Des accords ont été passés
entre établissements: par exemple les malades opérés
au CHU de Lille seront irradiés au centre Oscar
Lambret mais les malades ayant un cancer gynécologique
seront opérés au CHU par des chirurgiens
spécialisés .Par convention aussi des chirurgiens
spécialisés (Professeurs ou praticiens hospitaliers
) exercent à temps plein ou à mi temps au
CHU et au CRLCC (Lille , Rouen , Rennes …) apportant
leur compétence (et aussi leur clientèle)
de spécialistes d’organes à un centre
qui apporte des compétences de radiothérapie,
de chimiothérapie .
Aujourd’hui 17% des patients pris en charge dans
un CHU en MCO sont des patients qui ont un cancer. Les
établissements publics (CHU et CHG) prennent en
charge 36% des séjours (50% des points ISA), les
PSPH (y compris les CLCC) 19,3% des séjours (15%
des points ISA) et la cancérologie privée
44% des séjours (34% des points ISA).
Cela n’a rien d’étonnant car les hôpitaux
comme les cliniques sont les lieux ou sont les spécialistes
d’organes : gastro entérologues ,hématologues
, pneumologues , gynécologues …. que les
patients consultent pour un symptôme ou pour un
examen de dépistage. C’est dans ces services
que sont faits les diagnostics, les premiers bilans, les
traitements chirurgicaux des formes débutantes
celles que l’on guérit le mieux.
En hospitalisation complète la prise en charge
médicale représente 47% des séjours
et la chirurgie 30% (mais 47% des points ISA).
En terme de dépenses pour l‘assurance maladie
CHG et CHU représentent 74% des dépenses
consacrées au cancer.
La Multidisciplinarité « pierre angulaire
» du traitement
Il faut redire ici que la pluridisciplinarité est
«la pierre angulaire » du traitement des cancers.
La chirurgie est le plus souvent la porte d’entrée
dans la maladie pour la plupart des tumeurs solides qui
sont aussi les cancers les plus fréquents (Tableau
I).
C’est le couple médecin chirurgien (Gastro
entérologue , chirurgien digestif, pneumologue
– Chirurgien thoracique …) qui verra d’abord
le patient pour porter le diagnostic affirmé par
le pathologiste avant ou après l’ablation
de la tumeur .
La chirurgie par l’exérèse de la tumeur
assure le contrôle local de la maladie cancéreuse
temps essentiel (et parfois unique) du traitement pour
éviter la récidive. Faisant équipe
avec les anatomopathologistes, les radiothérapeutes
et les oncologues médicaux c’est au chirurgien
qu’incombera le plus souvent l’annonce du
diagnostic définitif, la stadification qui joue
un rôle essentiel dans la stratégie thérapeutique,
et l’organisation de la prise en charge par les
autre disciplines. C’est très souvent aussi
le chirurgien qui suivra le patient (guéri ou en
rémission) et organisera la prise en charge du
handicap (Anus de dérivation digestifs ou urinaires,
troubles de la parole, chirurgie de reconstruction ou
plastique …)
A l’évidence les 172 700 séjours qui
tous les ans comportent un acte chirurgical ne peuvent
être pris en charge par les 112 chirurgiens des
centre de lutte contre le cancer2.
Les hôpitaux publics ont donc organisé des
réseaux de prise en charge pilotés par les
CHU ou les centres de lutte contre le cancer. Les CHG
et les CHU offrent un réseau de près de
50000 lits de chirurgie et 7700 chirurgiens de toutes
disciplines. Ils prennent donc en charge la plus grande
majorité des tumeurs surtout en chirurgie digestive
et endocrinienne (Thyroide), ORL, Thoracique, Urologie,
Gynécologie, chirurgie pédiatrique .
La prise en charge globale du
Patient
Dans les CHU toutes les disciplines sont représentées
pour prendre en charge les tumeurs les plus fréquentes
ou les plus rares mais aussi les maladies hématologiques
(leucémies ou lymphomes) qui nécessitent
des chimiothérapies intensives. Les médecins
oncologues (chimiothérapeutes , radiothérapeutes)
jouent un rôle essentiel dans la définition
des stratégies thérapeutiques et la réalisation
de ces traitements avec les spécialistes d’organes.
Après la fin du traitement initial ce sont aussi
ces spécialistes médicaux (gastro-entérologues,
pneumologues, endocrino…) ou chirurgicaux (chirurgiens
digestifs, urologues, gynécologues…) qui
assureront le suivi et les traitements non cancérologiques
que peuvent nécessiter leur état (hormonothérapie,
nutrition, rééducation, prothèses...).
Lors qu’il s’agit du traitement des métastases
les équipes de CHU font appel certes aux oncologues
médicaux mais aussi à des spécialistes
comme les orthopédistes , les neurochirurgiens,
les nutritionnistes, médecins de médecine
physique et de rééducation, les médecins
en charge de la douleur (CLUD), voire les soins palliatifs
pour une prise en charge spécialisée.
Enfin n’oublions pas que la fréquence du
cancer augmente avec l’age et que les CHU et CHG
du fait de leurs structures gériatriques et de
soins de suite peuvent assurer près de leur famille
les soins à des personnes âgées dépendantes
incapables de rentrer à domicile.
Ainsi l’on peut dire que les hôpitaux publics
(CHG et CHU) offrent un tissu d’établissements
et d’équipes répartis sur tout le
territoire national impliqués dans:
• Des actions de prévention antitabac, lutte
contre l’alcoolisme, lutte contre l’obésité
et éducation nutritionnelle. Il faut insister sur
ce rôle de prévention car si tous les jeunes
arrêtaient de fumer la mortalité par cancer
baisserait de 30%.
• Des programmes de dépistage (utérus,
sein, colon, cancers de la peau…) qui permettent
de découvrir des états précancéreux
ou même des cancers débutants curables par
un geste chirurgical simple.
• La prise en charge initiale ou dans le cadre du
réseau régional des cancers les plus fréquents
(sein, colon, prostate, poumon ...) selon des protocoles
nationaux voire européens bien définis (SOR).
Ce qui assure au patient des soins de qualité dans
un lieu proche de son domicile et de son environnement
familial élément précieux pour son
« moral » et sa reprise d’activité
professionnelle.
• La prise en charge par l’établissement
de référence CHU ou CRLCC des malades lourds
ou métastasés et des pathologies rares.
• La recherche clinique par la participation à
des protocoles de recherche clinique initialisés
par les CRLCC, un organisme Européen comme l’
OERTC, ou le PHRC. La encore les CHU qui possèdent
des centres d’investigation clinique (CIC) ou d’investigation
technologique (CIT) des unités INSERM ou du CNRS
sont à même de participer à des programmes
ou de piloter des projets cliniques ou plus fondamentaux
en association bien sûr avec les équipes
des centres. Dans cet esprit une structure nationale qui
coordonnerait les équipes et les programmes de
recherche sur le cancer serait la bienvenue pour éviter
la dispersion des efforts et des projets et favoriser
leur continuité. Elle devrait s’inscrire
dans le cadre d’un institut Européen de recherche
sur le Cancer pour coordonner les efforts des états
de l’EU et faire reculer ce qui est en Europe une
des première cause de mortalité.
La formation des médecins
et des personnels à la prise en charge du cancer
Enfin n’oublions pas que les CHU sont des «
hôpitaux universitaires » et qu’ils
ont donc mission de former des futurs médecins
généralistes mais aussi des futurs spécialistes:
chirurgiens , pathologistes, radiothérapeutes chimiothérapeutes.
Il est donc essentiel qu’ils assument cette tache
de formation théorique et pratique dans leurs services
en étroite collaborations avec leurs collègues
détachés dans les centres. N’oublions
pas que les hôpitaux universitaires sont aussi des
écoles pour le personnel para médical (infirmières;
manipulateurs radio, techniciens de laboratoires). Ils
jouent un rôle essentiel dans la formation de ces
personnels si précieux (et si rares) dans la prise
en charge des patients
Pour toutes ces raisons la Fédération de
Cancérologie des CHU entend bien participer activement
au programme national d’action contre le Cancer
défini par le gouvernement.
| Femmes |
Hommes |
| Nombre |
% |
Nombre |
% |
| Sein |
33867 |
32.2 |
Prostate |
26474 |
19.6 |
| Colon rectum |
15298 |
14.6 |
Poumon |
18713 |
13.1 |
| Corps utérin |
4649 |
4.4 |
Colon Rectum |
18107 |
13.4 |
| Col utérin |
3268 |
3.1 |
Lèvre Bouche Pharynx |
10882 |
8.1 |
| Ovaires |
3150 |
3 |
Vessie |
7815 |
5.8 |
| Poumon |
3137 |
3 |
Estomac |
4571 |
3.4 |
| Lymphome non Hodgkiniens |
2966 |
2.8 |
Oesophage |
4177 |
3.1 |
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