BORDEAUX

Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants

Ref.: No12 - Bordeaux 02 - 7 novembre 2000

Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants

Constaté dès les années 70 dans les cliniques américaines, le syndrome d'épuisement professionnel des soignants est défini comme un épuisement physique et émotionnel négatif avec perte d'intérêt et de sentiments pour les patients. 20 à 40 % des professionnels de la santé seraient concernés. La présence de patients de plus en plus lourds et la dégradation des conditions de travail sont à l'origine de ce stress croissant.

Conscient des conséquences de ce malaise sur la pratique professionnelle, le CHU de Bordeaux a pris des mesures pour limiter ce syndrome : enquêtes, groupe de paroles dans les services de soins, formations à la gestion du stress ou à l'accompagnement des mourants, mesure de la charge en soins à partir d'un indicateur d'activité…

L'enquête auprès des soignants du CHU

Pour évaluer l'ampleur de ce syndrome, identifier les facteurs de risques et orienter les mesures de prévention, la Direction des Soins Infirmiers a pris l'initiative de réaliser une enquête auprès du personnel de soins en avril 99.
Un échantillon représentatif de 873 personnels soit 30% des 3 000 soignants a été retenu.

Une participation massive

Le taux de retour fut de 90%. Les caractéristiques socio-professionnelles des répondants correspondent à celles des agents : prédominance féminine, âge moyen de 40 ans, une majorité de titulaire (88%) et une ancienneté d'environ 10 ans dans leur service actuel.

Les résultats

L'exploitation statistique de l'enquête fait apparaître que 17% des soignants souffrent d'épuisement professionnel, 15% de dépersonnalisation et 24% de manque d'accomplissement personnel. Extrapolés à l'ensemble du CHU, ces résultats montrent que le stress concerne 500 membres du personnel de soins soit 2 à 3 soignants par service.

Certains soignants sont plus exposés notamment les jeunes, les cadres infirmiers et les équipes de jour qui se sentent davantage dépersonnalisés dans leur travail mais aussi les soignants qui travaillent dans de mauvaises conditions (surcharge, manque de reconnaissance) ou qui souffrent déjà de problèmes de santé (migraine, mal de dos, insomnie) ou encore qui ne bénéficient pas de réel soutien face à la douleur de leurs patients. Sont également concernés les soignants qui interviennent dans des services à haute technicité, à fort taux de décès ou ayant un nombre important d'entrées comme la réanimation, la cancérologie, l'urologie…

Limiter le stress professionnel

La Direction des Soins Infirmiers, le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité des conditions de travail) et le CFPPS (centre de formation permanente des personnels de santé) proposent un dispositif global de soutien : Conférences, formations sur le syndrome d'épuisement et sur le stress, groupes de paroles, création d'un comité d'éthique, présence de psychiatres dans les équipes de soins, accompagnement plus actif des jeunes soignants, élargissement des enquêtes à d'autres catégories professionnelles notamment au corps médical et aux équipes de soignants des pools de remplacement.


Pour plus d'information contacter :
Hélène Quancard-Miel - Responsable de la Communication
CHU de Bordeaux - 12 rue Dubernat - 33404 Talence Cedex
Tél : 05.56.79.60.97. - Fax :05.56.79.48.85.
Mel : helene.quancard-miel@chu-bordeaux.fr
© Copyright Réseau CHU - 2001, tous droits réservés - dernière mise à jour le 20 février, 2001 Webmaster