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Le syndrome d'épuisement professionnel
des soignants
Constaté dès les années
70 dans les cliniques américaines, le syndrome d'épuisement
professionnel des soignants est défini comme un épuisement
physique et émotionnel négatif avec perte d'intérêt
et de sentiments pour les patients. 20 à 40 % des professionnels
de la santé seraient concernés. La présence
de patients de plus en plus lourds et la dégradation
des conditions de travail sont à l'origine de ce stress
croissant.
Conscient des conséquences de ce malaise
sur la pratique professionnelle, le CHU de Bordeaux a pris
des mesures pour limiter ce syndrome : enquêtes, groupe
de paroles dans les services de soins, formations à
la gestion du stress ou à l'accompagnement des mourants,
mesure de la charge en soins à partir d'un indicateur
d'activité
L'enquête auprès des soignants du
CHU
Pour évaluer l'ampleur de ce syndrome, identifier
les facteurs de risques et orienter les mesures de prévention,
la Direction des Soins Infirmiers a pris l'initiative de réaliser
une enquête auprès du personnel de soins en avril
99.
Un échantillon représentatif de 873 personnels
soit 30% des 3 000 soignants a été retenu.
Une participation massive
Le taux de retour fut de 90%. Les caractéristiques
socio-professionnelles des répondants correspondent
à celles des agents : prédominance féminine,
âge moyen de 40 ans, une majorité de titulaire
(88%) et une ancienneté d'environ 10 ans dans leur
service actuel.
Les résultats
L'exploitation statistique de l'enquête fait
apparaître que 17% des soignants souffrent d'épuisement
professionnel, 15% de dépersonnalisation et 24% de
manque d'accomplissement personnel. Extrapolés à
l'ensemble du CHU, ces résultats montrent que le stress
concerne 500 membres du personnel de soins soit 2 à
3 soignants par service.
Certains soignants sont plus exposés
notamment les jeunes, les cadres infirmiers et les équipes
de jour qui se sentent davantage dépersonnalisés
dans leur travail mais aussi les soignants qui travaillent
dans de mauvaises conditions (surcharge, manque de reconnaissance)
ou qui souffrent déjà de problèmes de
santé (migraine, mal de dos, insomnie) ou encore qui
ne bénéficient pas de réel soutien face
à la douleur de leurs patients. Sont également
concernés les soignants qui interviennent dans des
services à haute technicité, à fort taux
de décès ou ayant un nombre important d'entrées
comme la réanimation, la cancérologie, l'urologie
Limiter le stress professionnel
La Direction des Soins Infirmiers, le CHSCT (comité
d'hygiène, de sécurité des conditions
de travail) et le CFPPS (centre de formation permanente des
personnels de santé) proposent un dispositif global
de soutien : Conférences, formations sur le syndrome
d'épuisement et sur le stress, groupes de paroles,
création d'un comité d'éthique, présence
de psychiatres dans les équipes de soins, accompagnement
plus actif des jeunes soignants, élargissement des
enquêtes à d'autres catégories professionnelles
notamment au corps médical et aux équipes de
soignants des pools de remplacement.
Pour
plus d'information contacter :
Hélène Quancard-Miel - Responsable de la
Communication
CHU de Bordeaux - 12 rue Dubernat - 33404 Talence Cedex
Tél : 05.56.79.60.97. - Fax :05.56.79.48.85.
Mel :
helene.quancard-miel@chu-bordeaux.fr
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