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Le rétrécissement aortique
Le rétrécissement de la valve aortique par fibrose
et dépôts de calcaire est une maladie très
fréquente, la deuxième affection cardiaque de
l'adulte après les maladies coronariennes.
Elle touche principalement les sujets de plus de 60 ans et
son incidence croît avec l'âge. Le rétrécissement
aortique est la maladie cardiaque la plus fréquente
au delà de 80 ans. Elle entraîne des troubles
sévères, douleurs d'angine de poitrine, essoufflement
progressivement croissant, syncopes, mort subite, ou évolution
vers un état de grande insuffisance cardiaque.
Le
traitement idéal consiste à remplacer chirurgicalement
la valve malade par une valve artificielle, ce qui nécessite
une opération à c?ur ouvert. Les résultats
de cette chirurgie qui concerne 300 000 patients chaque année
dans le monde sont en règle générale
excellents. Néanmoins, de nombreux malades atteints
de cette affection ne sont pas opérés, soit
que leur état ne le permette pas, soient qu'ils refusent
la chirurgie, ce qui est notamment fréquent chez les
sujets âgés.
L'équipe
de cardiologie du CHU de Rouen avait été la
première a développer dans les années
85 un autre moyen de traitement consistant à dilater
la valve rétrécie au moyen d'un cathéter
à ballonnet.
En
raison des résultats modestes et peu durables de cette
technique, elle est actuellement réservée aux
patients non opérables, ou utilisée pour obtenir
une amélioration temporaire permettant ultérieurement
de recourir à la chirurgie cardiaque.
La
possibilité de mettre en place une valve artificielle
de façon non chirurgicale apporterait à tous
les patients pour lesquels la chirurgie est contre-indiquée
ou à haut risque, une solution thérapeutique
idéale.
L'équipe
de Rouen a débuté les premiers travaux de recherche
sur ce sujet dans les années 90, travaux qui ont abouti
à la conception d'un modèle de valve artificielle
original pouvant être implantée par cathétérisme
cardiaque. Il s'agit d'une valve faite de péricarde,
attachée à l'intérieur d'un grillage
métallique (ou stent), et comprimée à
la surface d'un ballonnet gonflable.
Après
gonflage du ballonnet, le stent expansif est largué
à l'endroit souhaité et sa force radiale lui
permet de tenir en place sans risque de migration. La valve
placée à l'intérieur du stent se comporte
alors comme une valve normale, assurant le passage du sang
dans une seule direction. Les premiers essais ont pu être
réalisés chez l'animal en Août 2000. Les
résultats très encourageants obtenus permettaient
de prévoir les premières implantations chez
l'homme vers la fin du mois de mai 2002.
En
réalité, la présence dans le service
de cardiologie du CHU de Rouen d'un patient de 57 ans atteint
d'un rétrécissement aortique arrivé à
un stade terminal a fait hâter la décision.
Le
patient dont la contractilité cardiaque était
effondrée, a été transféré
à Rouen du CHU de Lille pour tentative de dilatation
aortique traditionnelle, dernier espoir d'amélioration.
Plusieurs chirurgiens avaient déjà refusé
l'opération compte tenu de la gravité de son
état clinique et de l'existence d'autres affections
associées.
L'abstention
chirurgicale a été confirmée par l'équipe
de chirurgie cardiaque du CHU de Rouen. Une dilatation aortique
percutanée difficile a pu être réalisée
le 10 Avril, mais après une amélioration transitoire,
les résultats sont restés insuffisants. Le pronostic
désastreux à très court terme ne laissait
comme unique recours qu'une tentative de mise en place d'une
valve artificielle percutanée. Le patient et sa famille
ont accepté cette solution de dernière chance.
La
technique a pu être réalisée sans aucune
difficulté, sans anesthésie générale
et sous simple sédation. Elle a duré environ
deux heures. La valve artificielle a pu être parfaitement
placée en regard de la valve malade. Les résultats
ont été immédiatement évalués
par angiographies et échocardiographie trans-thoracique
et trans-sophagienne. Ils ont confirmé l'excellente
fonction valvulaire obtenue.
L'amélioration
du patient a été spectaculaire, dès la
fin de l'examen, avec retour d'une pression artérielle
normale alors qu'elle était effondrée. A la
24éme heure, l'état de conscience est parfait.
De nombreux signes cliniques témoignent de l'amélioration
importante et inespérée de la circulation sanguine.
Des échocardiogrammes répétés
montrent la stabilité des résultats obtenus.
Le pronostic de ce patient ne pourra toutefois être
établi que dans quelques jours, l'espoir étant
de parvenir à une amélioration suffisante pour
qu'il puisse être confié secondairement aux chirurgiens.
Le
succès de cette première implantation ouvre
une voie chargée d'espoir pour de nombreux patients
atteints de cette maladie redoutable et pour lesquels aucun
traitement satisfaisant n'existe à ce jour. Elle a
en outre l'avantage potentiel d'être techniquement simple,
et de ne pas nécessiter d'anesthésie générale
ou d'hospitalisation prolongée. La place définitive
de cette technique dans l'arsenal thérapeutique des
cardiologues ne pourra être déterminée
qu'ultérieurement, mais il est déjà probable
qu'elle puisse concerner dans un proche avenir de nombreux
malades considérés comme inopérables.
Pour
plus d'information contacter :
Rémi Heym - Responsable de la Communication CHU
de Rouen
1 rue de Germont - 76031 Rouen Cedex
Tél : 02 32 88 80 85. - Fax : 02.32.88.87.86.
Mel : remi.heym@chu-rouen.fr
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