AMIENS 

Chirurgie de la paroi abdominale  :  pôle d'excellence - Nouvelles missions de la pharmacie - Alcoolisme : Evaluer le nombre de patients concernés. 

Numéro 5 - Décembre 1998 
 

Le CHU d’Amiens : Pôle d’excellence pour la chirurgie de la paroi abdominale

Les hernies représentent l’une des premières indications chirurgicales dans le monde occidental. Pourtant cette intervention n’a pas fait l’objet de recherche poussée, ce qui explique les forts taux de récidive de 25% pour les hernies et de 50% pour les éventrations couramment observées. Après les travaux de H. Fruchaud et de l’école algéroise, ce sont les recherches chirurgicales d’Amiens et de Reims qui, en trente ans, ont modernisé et codifié cette chirurgie en développant l’utilisation de matériaux prothétiques. Dans la conception amiénoise, la prothèse doit être de grande taille pour déborder largement les bords de la zone de faiblesse : elle vise à rendre le péritoine inextensible pour interdire toute “ herniation “, quelle que soit la faiblesse pariétale.
La “ Stoppa technique “ mise au point au CHU d’Amiens
La bonne prothèse de paroi abdominale n’est pas une plaque mais un tulle macroporeux réhabité en trois semaines par le tissu conjonctif avoisinant. Sa consistance rappelle le voile de mariée et sa souplesse explique que l’opéré reprenne toutes ses activités antérieures, une fois la prothèse fixée par l’organisme. L’utilisation efficace de très grandes prothèses a été l’occasion de nombreux travaux anatomiques, histologiques et cliniques. L’importance du travail amiénois réalisé par R. Stoppa, X. Henry et P. Verhaeghe est telle que “ Stoppa “ désigne désormais la technique utilisée pour la mise en place d’une grande prothèse. La “ Stoppa technique “ fait chuter les taux de récidive observés après chirurgie herniaire avec prothèse à 1,5% et à près de 5% pour l’éventration. La preuve est ainsi faite que le développement d’une recherche dans un domaine de chirurgie courante, trop souvent et trop longtemps banalisé, apporte des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des opérés.
 

Les nouvelles missions de la pharmacie

 

Depuis plus de 25 ans, la pharmacie du CHU dispense matériels et médicaments en interne. Désormais, la réglementation lui confère d’autres fonctions autrefois externalisées comme la gestion des médicaments dérivés du sang ou la délivrance de médicaments au profit d’usagers extérieurs. 
Au départ, les ventes et les distributions à l’extérieur étaient limitées aux traitements potentiellement dangereux. Progressivement, les objectifs d’encadrement des dépenses de santé, mais aussi ceux liés à l’intérêt épidémiologique (suivi plus fin de certaines catégories de malades) ont pris le pas sur les motivations premières. Il s’agit de médicaments relatifs aux greffes (ciclosporine), d’anti-infectieux lourds (certains antibiotiques comme l’amikacine), les produits importés, les médicaments orphelins (qui ne sont pas exploités industriellement), les produits fabriqués par la pharmacie du CHU et les produits de nutrition entérale à domicile.
Les produits dérivés du sang
La réforme de la transfusion sanguine de 1993 a ajouté un rôle nouveau aux pharmacies hospitalières : la gestion des médicaments dérivés du sang assurée auparavant par les centres de transfusion sanguine. Ces produits de substitution sont utilisés pour renforcer l’immunité ou dans les traitements de certaines affections telle que l’hémophilie. L’approvisionnement est réalisé en grande partie auprès du laboratoire de fractionnement biologique. L’une des contraintes réglementaires est d’assurer la “ traçabilité “ des médicaments dérivés du sang, c’est à dire de pouvoir suivre la gestion du produit (conditions d’utilisation, bénéficiaire...). Pour y parvenir on utilise le même logiciel informatique qu’au centre de transfusion pour les produits labiles : Mak System. Celui-ci fonctionne en réseau et permet de suivre de façon individuelle l’exécution de près de 400 ordonnances par an.
La pharmacie associée à la vie institutionnelle du CHU
La pharmacie participe au Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales et notamment aux études dans le domaine de la prévention des risques d’exposition au sang. Elle intervient également dans les groupes de travail spécialisés : thromboses, antibiotiques, nutrition artificielle. Enfin, elle apporte son expertise des produits et marchés au comité des antirétroviraux. 
La pharmacie apporte aussi sa contribution à l’expérimentation clinique. Elle suit une cinquantaine de protocoles réalisés sous couvert de la loi Huriet.

Activité de la Pharmacie
Nombre de produits référencés : 13 000 
(dont 5 000 matériels et 8 000 médicaments)
Nombre de fournisseurs courants : 300
Nombre de marchés en cours : 360
Système informatique utilisé pour la gestions des commandes à la distribution dans les services: MAGH2
Volume d’achat : 145 millions de francs, 70% en produits pharmaceutiques (dont 1/5ème vendu ou distribué à l’extérieur soit 28 millions de francs) et 30% en matériel. Par jour ouvré, cela représente 600 000 francs de marchandises qui transitent quotidiennement par la pharmacie.
Effectif 1997 : 34 agents et 5 pharmaciens.
Horaires d’ouverture au public : 8h-18h et le samedi matin. Pour les urgences, une garde est assurée en dehors de ces horaires 
En projet : la préparation centralisée des cytostatiques (médicaments anticancéreux connus pour leur toxicité)
 
 

ALCOOLISME

Evaluer le nombre de patients concernés
L’absence de structure spécifique pour le traitement de l’alcoolisme a conduit le CHU, sous l’impulsion de l’Agence Nationale de Prévention de l’Alcoolisme, a réunir un Comité de Pilotage du Réseau Alcoologie du CHU d’Amiens. Les 15 membres du Comité ont pour mission de proposer une réponse adaptée au problème de l’alcoolisme. Dans un premier temps, le groupe s’est attaché à chiffrer le public concerné. Avec l’aide de tout le personnel, une enquête a été réalisée dans les différents services de Médecine et de Chirurgie adulte du CHU d’Amiens. Elle a porté sur tous les patients hospitalisés le 9 avril 1998.
1 250 questionnaires furent renseignés. La moyenne d’âge des hospitalisés est de 66,3 ans (minimum 15 ans, maximum 101 ans). 55% sont des femmes et 45% des hommes.
Des statistiques inquiétantes
9% des patients présentent une pathologie liée à l’alcool
22% des hommes hospitalisés et 5% des femmes sont des buveurs excessifs ou des alcoolo-dépendants
9 à18% de personnes hospitalisées sont concernées par le problème de la consommation d’alcool.
Et au CHU, combien de personnels sont concernés ?
En tant que premier employeur du département, le CHU d’Amiens doit réfléchir au problème de l’alcool en entreprise. Une fois le diagnostic posé, il faudra soigner. La ville d’Amiens, le CHU et de nombreux partenaires s’engagent dans des campagnes de sensibilisation contre les abus d’alcool.
“ Informons-nous, nous serons tous surpris “ conclut le Comité de Pilotage.