Numéro 1 - Décembre 1997
SécuritE
Le Clin fédère, conseille, alerte parfois, mais reste mal connu L'importance croissante des infections acquises à l'hôpital explique la création d'un Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN) dans chaque établissement de santé par décret en date 6 mai 1988. Celui du CHU de Caen a été ouvert en 1989. Il ne s'agit pas d'une instance de contrôle à caractère répressif mais plutôt d'un lieu de rencontre où se retrouvent des volontaires des différents services. Le CLIN valide les choix techniques et les protocoles. Force de proposition, il veille à la conduite d'enquêtes ou à l'élaboration de programmes de formation. Confronté à l'évolution très rapide des traitements, le CLIN aborde des problèmes liés à l'environnement, à la qualité des soins, aux produits utilisés ou encore aux méthodes de surveillance et d'évaluation. Actuellement il étudie le risque du prion dont les conséquences sanitaires sont encore mal évaluées, les risques liés à la construction de l'hôpital pédiatrique ou encore à l'émergence de bactéries multirésistantes. Dans le cadre de la commission mixte CLIN/CHSCT, des matériels spécifiques sont testés et des mesures de protection mises en place. A l'actif du CLIN : des réussites pratiques telles que la mise en place d'enquête d'incidence et de prévalence, une démarche active d'élaboration et de validation de protocole, l'habitude d'une collaboration entre les responsables administratifs, techniques, soignants et médicaux. Malgré ces nombreuses initiatives, le CLIN reste méconnu des soignants
FormatioN
Chaque année le CHU consacre 1% de sa masse salariale au financement de la formation continue, soit près de 8 Millions de francs. Outil de gestion prévisionnelle des emplois et compétences, le plan de formation accompagne les inévitables mutations dans le monde du travail. Cinq formations particulièrement plébiscitées : informatique et bureautique, accueil et communication, maîtrise et gestion du stress, diététique, plaisir et santé, responsabilité juridique des soignants.
ManagemenT
Des Conclusions Controversées Diligentée par le Préfet de Région et le Directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation (DARH) en janvier 1997, une mission d'appui et d'évaluation a analysé le fonctionnement du CHU de Caen, et en particulier sa gestion et son organisation médicale des soins. Son objectif : comprendre pourquoi les coûts de l'activité médicale du CHU de Caen sont les plus élevés. Les premières conclusions d'Alain Garcia, DARH, portent sur le plan pluriannuel d'investissement et sur la gestion du personnel. En ce qui concerne la structure des emplois, le CHU de Caen reste surdoté en personnel peu qualifié et largement pourvu en personnel d'encadrement. En revanche, il connaît un taux d'infirmières assez modeste et un effectif médical inférieur à la moyenne des CHU. Le rapport préconise de combiner différents facteurs : mouvements naturels du personnel, mobilité interne, formation et promotion professionnelle, mesures sociales favorisant la mobilité externe et les départs à la retraite. Le plan pluriannuel d'investissement prévoit une dépense de 100 millions par an pendant 10 ans consacrés pour 52% à la remise à niveau technique du bâtiment Côte de Nacre et pour 48% au projet médical : restructuration des services, construction de l'Hôpital Pédiatrique, humanisation du Centre pour Personnes Agées. Le rapport ne remet pas en question ces deux derniers points. En revanche, les capacités d'autofinancement semblent insuffisantes pour mener à bien à la fois la restructuration du bâtiment Côte de Nacre et la mise en place du Projet Médical. Une alternative est alors préconisée : la construction d'une nouvelle structure mieux adaptée aux activités et aux missions du CHU. Les différents acteurs de la communauté hospitalière contestent ces conclusions d'autant qu'elles remettent en cause la stratégie du CHU pour les 10 ans à venir. De plus, ces propositions ne règlent pas le problème de financement car il faudra bien remettre à niveau la Côte de Nacre en attendant l'achèvement de la construction de la nouvelle structure. Ce différend ne manquera pas de nourrir les prochains débat. Il devra cependant être dépassé afin de permettre au CHU de conclure un contrat d'objectifs et de moyens avec l'Agence Régionale d'Hospitalisation.
Urgences
En 1996, 18 609 personnes hospitalisées ont été admises aux urgences, 30870 consultations ont été effectuées soit une moyenne annuelle de 134 passages par jour. Créé en juillet 1997, le Département des Urgences présente un cadre médical et juridique bien adapté au fonctionnement collectif de cette structure qui regroupe : la Chirurgie, la Médecine, la Psychiatrie, l'Anesthésie Réanimation, le SAMU. Une prise en charge multidisciplinaire qui doit améliorer non seulement la qualité des soins mais aussi les délais d'attente et d'information du patient. Parmi les principaux axes de développement de ce département on retient : le renforcement des relations en amont avec les médecins généralistes, du travail, scolaires, du sport, du Centre 15 et du SAMU, les travailleurs sociaux, et en aval avec les services d'hospitalisation à domicile et les centres de convalescence, la meilleure prise en compte des problèmes relatifs aux personnes âgées. Enfin, la formation, l'évaluation de l'activité et de la qualité, la recherche clinique font également partie des grands projets de ce département. La nouvelle organisation des urgences inquiète un peu le personnel qui redoute les conséquences de la mobilité sur l'ambiance de travail, les changements d'horaires, les risques de surcharge... A un autre niveau l'interrogation porte sur les missions régionales des Urgences du CHU : "faut-il privilégier la proximité au détriment du développement de la prise en charge lourde ?" s'interroge Jean-Luc Condamine, Praticien Hospitalier, Responsable du Département.
Droit des Malades
Les Usagers Administrateurs Le décret du 30 octobre 1996 stipule que deux représentants de l'ensemble des usagers siégeront désormais au Conseil d'Administration des hôpitaux. Au CHU de Caen, le Préfet a désigné Marie-Louise Huck, Présidente de l'Union Fédérale des Consommateurs de Basse-Normandie " Que Choisir " et Hubert de Paulo, Trésorier de l'Union Départementale des Associations Familiales (UDAF). Marie-Louise Huck a une vision globale de la consommation: " qui ne se limite pas à l'achat d'un produit mais concerne également le malade en tant que consommateur/client et le citoyen qui finance les dépenses de santé. ". Elle veut être au coeur des débats : " La France a le système hospitalier le plus dense d'Europe. La présence d'un hôpital se justifie parfois plus par sa fonction économique et sociale que sanitaire. En ce qui concerne les restructurations, nos décisions iront dans le sens de la réduction des inégalités et de la concertation entre établissements d'une même région. " précise-t-elle. Enfin, elle suggère d'informer les patients du coût de leur séjour afin de les sensibiliser aux dépenses de santé. Pour Hubert de Paulo, le CHU est un grand univers avec de nombreux " petits mondes ". Des premières réunions il n'a retenu que des chiffres et des discussions très techniques et il s'interroge " n'aurait-on pas oublié le patient depuis longtemps ? " - Cause qu'il entend bien défendre. D'ailleurs, pour mieux comprendre les situations et les plaintes qui lui sont exposées il recevra prochainement une formation au rôle d'administrateur.
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