Accréditation - Hépatite de A à E 

Numéro 3 - Juin 1998 
 
 
 

Accréditation

L’Accréditation est un objectif concret qui s’exprimera sur le terrain par l’amélioration de la qualité. L’accréditation demande de prouver que l’on a effectivement fait ce qui est marqué dans les protocoles. 
L’auto-évaluation : pour une meilleure adhésion. Avant de se lancer dans l’accréditation, le CHU prend l’initiative d’une auto-évaluation(en fait effectuer un examen blanc...). En mars, chaque service a reçu un questionnaire d’environ 100 à 200 questions concernant les procédures mises en place dans l’unité. Les questionnaires ont été retournés environ 1 mois et demi après. 
Une première analyse sommaire sera communiquée par le comité de pilotage avant l’été. Les services choisiront alors les axes prioritaires de réflexion et de changement. Les experts viendront plus tard. Ils rendront leur rapport qui sera validé par le Collège d’accréditation de l’ANAES. Enfin, une synthèse sera élaborée, elle pourra être consultée par le public et les professionnels de santé. 
Les animateurs de l’accréditation 
Le conseil “ qualité-accréditation “ - gardien de l’esprit de la démarche - est composé de 2 représentants du Conseil d’Administration, 4 de la Commission Médicale d’Etablissement, 1 de la Commission du Service des Soins Infirmiers, 4 d’organisations syndicales, 2 de la Direction et un de la DDASS.
Le comité de pilotage - gardien de la technique et de la méthode - rassemble des médecins, des administratifs et des personnels paramédicaux. 
Une équipe de projet - gardienne de l’exécution - réunit  le  Directeur Général Adjoint,  1 médecin, 1 cadre administratif, le Directeur du Service des Soins Infirmiers, 1 ingénieur en organisation et méthode, 1 chef de bureau. 
Des équipes de formateurs internes enseignent leur savoir aux référents et les accompagnent dans la démarche. 
Deux référents dans chaque service : un médecin et un cadre infirmier.

Les hépatites de A à E

L’hépatite est une inflammation du foie. C’est une réaction à l’exposition à un facteur extérieur tel que l’alcool, un virus, un médicament etc... L’hépatite se traduit par une augmentation dans le sang des transaminases, enzymes libérées dans le sang par le foie en réponse à une agression. Cinq principaux virus peuvent être responsables d’une hépatite virale A,B,C,D,E.
Le virus D ou Delta ne peut se reproduire que chez les sujets infectés par le virus B. L’hépatite est appelée “ aiguë “ au moment du contact de l’organisme avec le virus. Elle peut se manifester par une jaunisse, par une fatigue ou bien, sans symptôme, elle passera inaperçue. C’est surtout le cas des virus B et C. Les hépatites aiguës B,C,D, peuvent se guérir spontanément ou bien persister plus de 6 mois après la date de contact de l’organisme avec le virus. On parle alors d’hépatite chronique. 
Les hépatites aiguës liées aux virus A ou E guérissent toujours et n’évoluent pas vers l’hépatite chronique.
En France, on estime à 200 000 les personnes porteuses chroniques du virus B et à 600 000 soit 1,5% de la population les individus porteurs du virus C. 
Sur 100 infections par le virus hépatique C, 20 hépatites aiguës guériront spontanément, 80 deviendront chroniques dont 20 évolueront vers des cirrhoses. Le quart ou la moitié de ces cirrhoses se transformeront en carcinomes hépato-cellulaires ou cancers du foie. 

Les modes de transmission se répartissent en trois groupes 
 

  • par voie sexuelle 
  • de la mère vers l’enfant 
  • par contact avec un sang contaminé : piqûre accidentelle, transfusion sanguine ou toxicomanie intraveineuse.
Les vaccins. Il existe des vaccins contre l’hépatite A et B mais aucun contre l’hépatite C.
La prise en charge d’un malade atteint d’hépatite chronique virale C, de l’interféron à la biothérapie. L’interféron est un traitement relativement lourd. Il consiste en 3 injections sous cutanées par semaine pendant un an. Celles-ci sont généralement faites par le patient. Ce traitement est cher, environ 30 000F. Il peut être fatigant et occasionner des effets secondaires. Cependant, il est efficace puisque l’on peut espérer une guérison dans 25% des cas en un traitement seul et dans 50% des cas en association avec un autre antiviral. 

Dispenser des soins à une personne atteinte d’hépatite requiert discrétion et respect. L’évaluation de la gravité de la maladie, la ponction biopsie hépatique sont des temps chargés d’angoisse. Avec le soutien des médecins, l’équipe soignante et la secrétaire médicale cherchent à nouer une relation de confiance avec les patients. Réconfortés, ils sont alors aptes à aborder la seconde phase du traitement, celle de l’éducation. Les patients sont amenés à gérer eux-mêmes une partie de leur traitement en effectuant des injections en sous-cutanée. Durant cette étape, le malade est aidé par des supports, les fiches d’information et le livret de suivi.

La conduite à tenir à l’égard de certains patients peut être étudiée dans le cadre du réseau Hépatites 49. Créé en 1991 par le Pr Calès, ce réseau, l’un des tout premiers en France, fut d’abord centré sur l’hépatite C. Il inclut désormais l’hépatite B dans son champ d’activité. Ses trois principales missions sont : l'expertise auprès des praticiens du département, la coordination avec les autres établissements de soins et les médecins libéraux et la formation des professionnels. En 1997 près de 250 dossiers de patients ont été examinés contre une centaine en 1994.