Santé des détenus - Restructurations : le pôle mère enfant - Alcoolisme - Equipements biomédicaux ISO 9002

Numéro 4 - Septembre 1998 
 

Partenariat avec la maison d'arrêt d'Angers

Un service du CHU abrité par l’administration pénitentiaire
L’Unité de Consultation et Soins Ambulatoires est le service médical de la maison d’arrêt d’Angers. Sa mission s’inscrit dans une double perspective de soins et de santé publique. D’abord, dépister et traiter les pathologies dont souffrent les personnes détenues puis poursuivre un travail de prévention non seulement pendant le séjour carcéral mais aussi en prévision de la libération des patients. Des examens systématiques sont effectués dès l’arrivée du détenu (visite médicale, prise de sang, radiographie pulmonaire) et des conseils lui sont prodigués à cette occasion. Parallèlement, des actions éducatives sont entreprises : dépistage des maladies sexuellement transmissibles, santé bucco-dentaire, prévention de la toxicomanie, alcoolisme... Les patients sont aussi vus par l’infirmière sur leur demande, pour un rhume, une céphalée, des blessures survenues au travail, au sport, ou suite à des auto-agressions, des conduites suicidaires ou des bagarres... 
Certains maux sont propres à l’incarcération : peur de l’inconnu pour le nouveau pensionnaire, stress à l’approche du jugement et angoisse de la libération prochaine. Une équipe psychiatrique évalue le risque suicidaire et traite les maladies mentales fréquentes dans ce milieu qui les révèle ou les induit d’où une prescription importante de psychotropes et de somnifères. Il faut aussi faire face au “ vague à l’âme “. L’écoute est souvent le vrai remède. A la sortie du prévenu, l’équipe s’assure de la continuité de la prise en charge.
Nombre de détenus : 413 dont 22 mineurs. Un suivi plus important existe pour les mineurs avec l’équipe psychiatrique, une animatrice et des enseignants.
Composition de l’équipe : 4 infirmières, une secrétaire du CHU, 3 médecins généralistes qui assurent 5 vacations par semaine, une dermatologue, un ophtalmologue, un dentiste, un kinésithérapeute, deux infirmiers psychiatriques, un psychiatre et un manipulateur radio interviennent également. Les infirmières assistent aux différentes visites médicales mais l’essentiel de leur travail réside dans la distribution de médicaments : près de 220 boîtes réceptionnées et vérifiées !.
Les soins aux détenus sont assurés gratuitement. Ils sont financés sur la dotation globale du CHU pour la part prise en charge par l’assurance maladie. Quant au ticket modérateur, celui-ci est acquitté par la maison d’arrêt.
 

Restructurations

Pôle mère-enfant
Après une restructuration logistique (ouverture d’une nouvelle unité de production culinaire et d’une nouvelle pharmacie) et avant la construction d’un vaste ensemble d’hospitalisation, c’est au tour du “ pôle Mère-Enfant “ de voir le jour. Le bâtiment de la maternité, actuellement en rénovation, est désormais relié à l'hôpital d'enfants Robert Debré, par un bâtiment qui accueille les activités de néonatalogie. Celui-ci a ouvert ses portes le 8 septembre 1998. 

Au premier trimestre 99, lorsque la maternité aura réintégré ses locaux d'origine, les 3 bâtiments ne constitueront plus qu’un seul ensemble architectural : le pôle “ Mère-Enfant “. 

Les urgences pédiatriques
L’ouverture des urgences pédiatriques vient compléter cet ensemble cohérent. Les 15 000 enfants pris en charge chaque année ne passeront donc plus par les urgences des adultes avant de rejoindre les services pédiatriques mais iront directement dans ces nouveaux locaux adaptés à leurs pathologies. L’unité d’urgence dispose de 12 lits, 6 pour les nourrissons et 6 pour les enfants de moins de 15 ans. Elle peut aussi accueillir les enfants pour une hospitalisation de surveillance. Ouverte 24H/24, 365 jours/365, les urgences pédiatriques sont gérées par le Dr Champion assisté d’une équipe médicale et paramédicale issue des différentes spécialités pédiatriques et garantissant par sa pluridisciplinarité une prise en charge optimale des enfants.
Réduire la durée d’hospitalisation des enfants.
La proximité de tous les services de pédiatrie devrait permettre de diminuer les hospitalisations. Par exemple, pour une infection urinaire, les enfants étaient hospitalisés entre quatre et cinq jours. Avec les urgences pédiatriques leur séjour pourrait être ramené à quelques heures du simple fait d’un diagnostic rapide et d’un suivi adapté.
 

Santé Publique

Le nombre d’accidents dus à l’alcool augmente
6 à 10 % des décès sont directement liés à une consommation excessive d’alcool (cirrhose, psychose alcoolique, cancers des voies digestives...). Un patient du CHU d’Angers sur quatre est consommateur à risque ou déjà malade de l’alcool. Durant les cinq premiers mois de 1998, les urgences de l’établissement ont reçu 604 personnes en état d’ivresse sans compter les victimes d’accidents plus graves. Quant aux accidents de la route, en Maine et Loire, sur 100 accidents mortels, 28 conducteurs avaient un taux d’alcoolémie supérieur au taux légal de 0,5 gramme d’alcool pur par litre de sang. D’une façon générale, la part des accidents liés à une consommation excessive d’alcool augmente de 6% en Anjou alors qu’elle diminue dans la Sarthe -2% ou en Mayenne - 10%.
Devant ce constat sans appel le préfet a choisi le CHU pour lancer "la semaine de la sécurité routière" du 15 au 22 juin 1998 . 

La baisse de la consommation d’alcool, une priorité avant même la réduction de vitesse.
 “ Notre objectif est la maîtrise de la consommation et l’autocontrôle. Le vin en petite quantité a d’excellents effets sur la santé mais les gens entendent mal cette information “ rappelle le Pr Penneau Fontbonne, Chef du service de médecine interne E.
 

La certification ISO 9002 du service des équipements biomédicaux 

Le service des équipements biomédicaux du CHU d’Angers a été certifié ISO 9002 pour son activité dans le domaine du suivi des équipements. Cette certification, accordée par l’Association Française de l’Assurance Qualité, est le couronnement d’une longue démarche fondée sur un audit interne et sur un programme hospitalier de recherche clinique. L’association de ces deux approches a donné toute sa validité et sa force au programme d’assurance qualité que soutient le centre hospitalier universitaire d’Angers. Le programme qualité est développé dans une logique de contractualisation car " améliorer la qualité c’est s’engager mutuellement."