Anévrismes de l’aorte abdominale, le CHU d’Angers, le premier hôpital du grand Ouest à réaliser leur traitement par voie endovasculaire   - De l'auto-évaluation à l'accréditation, le CHU d'Angers précurseur et site-pilote - Inauguration du nouveau centre de néonatalogie.

Numéro 5 - Décembre 1998 
 

Innovation  thérapeutique

 

Le CHU d’Angers, le premier hôpital du grand Ouest à réaliser le traitement endo-vasculaire des anévrismes de l’aorte abdominale
Le 7 août un patient de 53 ans, hospitalisé au CHU d’Angers pour un anévrisme* de l’aorte abdominale a été traité par voie endoluminale, c'est à dire en naviguant à l’intérieur de l’aorte afin de remplacer la partie de l’aorte altérée par une endoprothèse**. Celle-ci est introduite par voie vasculaire périphérique, après une légère incision de l’artère fémorale. 
L’intérêt du traitement endovasculaire
Jusqu’à présent les patients souffrant d’anévrisme et qui subissaient un pontage***, restaient hospitalisés durant 3 semaines et conservaient une cicatrice d’environ 30 cm. Avec le traitement endovasculaire, le patient a pu quitter l’établissement 5 jours après son intervention avec pour seule suite opératoire, une légère incision à l’aine. Cette technique présente encore d’autres avantages pour le malade : une moindre agressivité, une perte de sang limitée, une diminution des complications post-opératoires et une durée de séjour écourtée en réanimation. 
La complémentarité et la compétence de deux équipes angevines
Une telle intervention, à la frontière de la chirurgie et de la radiologie, nécessite un partage de connaissance et une cohésion parfait entre 13 personnes issues de spécialités différentes. La réussite de cette procédure est le résultat du climat de confiance qui s’est développé depuis de longues années entre l’équipe de radiologie vasculaire dirigée par le Dr. Lhoste et celle de chirurgie vasculaire et thoracique dirirgée par le Pr Enon. Il a fallu organiser de nombreuses réunions de travail, tant sur le plan médical, biomédical que logistique afin de redéfinir les protocoles, spécifier précisément les tâches de chacun et même effectuer une simulation...
Définitions
*Anévrisme : dilatation développée aux dépens de la paroi de l’artère. Le sang y circulant y forme des caillots. Le risque majeur est la rupture.
**Endoprothèse : prothèse introduite dans l’organisme par l’intérieur du vaisseau
***Pontage : greffe d’une prothèse tubulaire en amont et en aval de la partie altérée de l’aorte.
 

Accréditation


 

De l’auto-évaluation à l’accréditation, le CHU d’Angers précurseur et site-pilote.
Le CHU d’Angers figure parmi les 40 établissements tests retenus par l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé pour expérimenter la procédure d’accréditation. Cette sélection est vraisemblablement fondée sur l’expérience du CHU d’Angers en matière d’auto-évaluation. 
Le programme qualité du CHU d’Angers a débuté en septembre 1997 avec la création de différentes instances de travail chargées d’accompagner une procédure d’auto-évaluation : conseil qualité, comité de pilotage, équipe projet et un groupe de 30 formateurs.
De janvier à mars 1998, le CHU a formé 150 référents, soit 2 agents par service, à la démarche “ qualité/auto-évaluation “. Ainsi, chaque service de soins, médico-technique, logistique ou encore administratif bénéficie-t-il aujourd’hui d’interlocuteurs compétents. Parallèlement à cette formation, un référentiel “maison”, composé de 100 à 200 items appropriés à l’activité de chaque service, était rédigé par l’équipe projet et diffusé à l’ensemble de l’établissement. Entre le 15 mars et le 30 juin 98 le document était renseigné au cours de réunions de service puis retourné à la direction.
Dès octobre les services ont reçu en réponse une analyse personnalisée de leur référentiel. Les points forts de leurs activités et les facteurs d’amélioration envisageables étaient relevés.
Le 9 octobre, un forum faisait le point sur les avancées de la démarche qualité et la préparation à l’accréditation et sur le contrat avec l’Etat signé en 1996.
Un test grandeur nature avec l’ANAES
De septembre et décembre 1998 le processus d’accréditation de l’ANAES est testé sur le CHU d’Angers. La démarche comprend l’auto-évaluation non plus au regard du “ référentiel maison “ mais selon le référentiel de l’ANAES et la visite d’experts. Le rapport de l’ANAES est prévu pour décembre 1998.
Et déjà des résultats
En 1997,  7,5% des hospitalisés angevins souffraient d’escarres. Grâce aux efforts engagés en matière de soins infirmiers, à l’aide notamment de “ correspondants-escarres “ dans chaque service, ils sont 5,3% en 1998 “ soit 40% de moins que la moyenne nationale “ précise Christian Cahut, Directeur Général adjoint.
En ce qui concerne le soulagement de la douleur, l’équipe médicale spécialisée a été renforcée et une antenne de soins palliatifs ouverte.
 

Inauguration


 

Nouveau centre de néonatalogie
“J’ai rarement vu un dispositif aussi performant, C’est tout à fait exemplaire. On ne pourra pas faire cela partout ! “ s’est exclamé Bernard Kouchner, secrétaire d’Etat à la Santé, le 9 septembre 98, lors de l’inauguration du nouveau centre de néonatalogie du CHU d’Angers. Une architecture futuriste, un équipement pointu et des équipes compétentes et dévouées... Tout est prévu pour apporter les meilleurs soins aux prématurés et pour réconforter leurs parents.
La néonatalogie admet des prématurés et des enfants âgés de 28 jours maximum, souffrant d’infection ou de malformations graves. 60% des 700 petits patients annuels viennent d’Angers et de sa périphérie, 20% du reste deux département, 20% des autres départements des Pays de la Loire (Mayenne et Sud de la Vendée)
3000 bébés naissent chaque année au CHU d’Angers.