AMIENS 

Cancérologie - Recherche en pédiatrie - Personne handicapée et conduite automobile

Numéro 6 - Mars 1999 
 

Cancérologie

 

Au CHU d’Amiens, la cancérologie est une discipline récente. L’ouverture en 1992 du service du Professeur Claude Krzisch marque l’arrivée des techniques de traitement par radiothérapie et le début d’un regroupement interne et externe des professionnels engagés dans la lutte contre le cancer.

La radiothérapie, traitement des tumeurs par les radiations ionisantes issues d’un appareil extérieur au corps humain et la curiethérapie qui utilise des sources radioactives appliquées directement au contact de la tumeur (dans les cavités naturelles de l’organisme) ou dans la tumeur requièrent un environnement technique extrêmement sophistiqué, des investissements lourds et un personnel hautement qualifié.
Entre haute couture et balistique, les protocoles des radiophysiciens garantissent la métrologie (mesure scientifique des rayonnements ionisants) et la mise en œuvre et le suivi des règles de protection du patient ainsi que le contrôle des données nécessaires à la réalisation du traitement.
“Notre objectif est de fournir la meilleure prestation dans les délais les plus courts. Nous nous sommes engagés à réduire les séquelles et effets secondaires des traitements et à ramener les délais d’attente à moins de trois semaines” Pr Claude Krzisch.

La coordination pour mieux lutter contre le cancer
En interne, le CHU se réorganise. A court terme les hôpitaux de jour du groupe hospitalier Sud et de l’Hôpital Nord seront regroupés. Le CHU a également programmé la création d’une centrale de préparation des cytostatiques (médicaments anticancéreux connus pour leur toxicité), l’ouverture de 18 lits supplémentaires en curiethérapie, le renforcement de l’onco-hématologie pédiatrique, l’extension du champ d’action de l’unité mobile de soins palliatifs et du centre de lutte contre la douleur. Enfin le CHU va acquérir un deuxième accélérateur de particules qui entrera en fonction au cours de l’été 1999. 
Coût : 4,2 millions de francs. 
Travaux d’extension du service : 2,8 millions de francs

La coordination externe prend la forme d’un groupe pivot d’Oncologie de la Somme, instance paritaire qui rassemble les thérapeutes publics et privés. Le réseau ville-hôpital contribue à améliorer la prise en charge carcinologique du département avec la mise au point d’un dossier médical commun. Lieu de concertation, il favorise aussi les échanges entre professionnels sur la chimiothérapie, la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs.

Le Cancer, une des causes de surmortalité en Picardie
Les facteurs de risque que sont le tabac et l’alcool sont à l’origine de nombre de cancers. En 1997, le CHU a traité 3 428 patients dont 1,5% d’enfants de moins de 15 ans. 1 400 interventions chirurgicales ont été pratiquées, plus de 12 000 séances de radiothérapie et 10 000 chimiothérapies. Les malades sont le plus souvent des hommes (59%). Leur origine géographique souligne l’attractivité régionale et même extra-régionale du CHU. Si 74% viennent du département de la Somme, 12% sont originaires de l’Oise et 6% de l’Aisne. Par ailleurs 8% de ces malades habitent en Picardie.
 

Recherche : Une préoccupation essentielle en pédiatrie 2

 

Le nouveau-né prématuré âgé de 6 à 7 mois possède tous ses organes. Cependant, il arrive qu'il ne soit pas toujours en mesure d’assurer ses fonctions respiratoires, digestives ou de contrôler sa température ou son activité cardiaque.

Il est donc nécessaire de prendre en charge ces fonctions défaillantes par une ventilation artificielle, une alimentation intra-veineuse exclusive, de le réchauffer en couveuse et de surveiller son rythme cardiaque et respiratoire. Mais toutes ces techniques de suppléance comportent des risques. C’est pourquoi il est indispensable de pouvoir apprécier précisément le degré de maturation de l’enfant et son autonomie.
Les travaux de recherche du service de Pédiatrie II portent sur les modifications des réglages du respirateur et ses effets sur le comportement du poumon du nouveau-né en fonction des différentes pathologies. Actuellement l’équipe s’oriente vers de nouveaux outils capables de tester les capacités du nouveau-né à s’affranchir de son ventilateur. 
L’équipe a également entrepris une recherche sur la thermorégulation avec l’aménagement d’une station de recueil de signaux de température centrale, cutanée et de l’électroencépha- logramme afin d’analyser les réactions de l’enfant à de faibles variations de température dans les différents états de veille et de sommeil. Ce travail aide à mieux définir le cahier des charges des couveuses, les fabricants sont concernés au tout premier chef.
Le troisième volet porte sur le contrôle des fonctions végétatives, rythmes cardiaques et respiratoires. Il permet d’identifier les enfants à risque et de leur proposer un traitement ou une surveillance renforcée.
Ces recherches se sont développées en symbiose avec l’Unité de Recherche sur les Adaptations Physiologiques et Comportementales du Pr Jean-Pierre Libert et bénéficient du soutien régional du pôle génie bio-médical.
 
 

Réadapter la personne handicapée à la conduite automobile : le travail en réseau du CHU d’AMIENS

 

La voiture symbole de liberté et d'indépendance est aussi synonyme de reconnaissance sociale. Elle facilite aussi l’entretien des liens familiers. Pour les personnes handicapées, elle est avant tout un facteur d’autonomie et d’intégration. 

Mais avant de reprendre le volant, les personnes handicapées devront faire aménager leur voiture ou en acquérir une nouvelle. Pour leur faire découvrir les différentes possibilités d’adaptations techniques de leur véhicule, leur expliquer les démarches administratives à entreprendre et leur présenter les aides qu'elles peuvent solliciter, le service de médecine physique et de réadaptation du CHU, a organisé une rencontre entre patients et professionnels de la santé et de l’automobile : ergothérapeute, kinésithérapeute, assistante sociale, aide-soignante, appareilleur, une monitrice d’auto-école et un équipementier (garagiste de formation, spécialisé dans l’aménagement de véhicule). 

Une offre de réadaptation sur mesure qui requiert une approche pluridisciplinaire
Le Dr Brault refuse de limiter l’évaluation de fin de séjour à une simple notion de récupération physique. Selon lui la réadaptation doit anticiper les situations que le patient risque de rencontrer à sa sortie d’hôpital. A l’équipe de s’adapter à la demande de la personne handicapée pour lui proposer de véritables prestations de service. 
La réadaptation débutera par l’évaluation de l’ergothérapeute appuyée par un avis médical. La personne handicapée sera ensuite dirigée vers différents partenaires qui étudieront avec elle les meilleurs aménagements à apporter au véhicule. Des formations pourront être aussi envisagées durant le temps d’hospitalisation notamment à l’aide de simulateur de conduite comme cela se pratique déjà à Berck ou au CHU de Lille.