Accréditation - Recherche pour le traitement d'une nouvelle lèpre - Unité mobile de soins palliatifs

Numéro 6 - Mars 1999 
 

Accréditation : le CHU d’Angers souhaite l’introduction d’indicateurs quantifiés (d’après l’APM)

 

Le CHU d’Angers fait partie des 40 établissements sélectionnés par l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé pour expérimenter le manuel d’accréditation. 

Après la visite de 18 services, 6 entretiens avec des patients et l’analyse des réponses faites aux 300 items du référentiel, les experts de l’ANAES ont restitué leur rapport fin janvier 99.
Jean Le Camus, directeur général, a émis quelques observations sur le contenu du manuel d’accréditation de l’ANAES, notamment en ce qui concerne l’introduction d’indicateurs quantifiés : “Si le contenu semble convenir assez bien au champ couvert par la procédure d’accréditation, nous avons remarqué la redondance de certaines questions ainsi que leur caractère parfois trop général”. Ainsi le référentiel relatif aux vigilances sanitaires et sécurité transfusionnelle se recoupe avec celui qui porte sur la surveillance, la prévention et le contrôle du risque infectieux. Certaines fusions de références pourraient être envisagées dans ces domaines.
Le CHU d’Angers a également regretté l’absence totale d’indicateurs quantifiés. En particulier au sujet des infections nosocomiales, plan sur lequel l’établissement angevin aurait aimé se situer. 
Les hospitaliers ont également estimé que la notion de “référence hautement souhaitable” est à revoir ; trop disparate, cette terminologie regroupe aussi bien la mise en sécurité que la politique d’évaluation.

Intérêt de la démarche
“C’est la première fois que quelqu’un d’extérieur au CHU se penche sur notre fonctionnement et nous interroge sur notre pratique” explique le directeur général. “Jusqu’à présent nous avions mené un travail d’auto-évaluation avec un référentiel maison. Les points faibles nous étaient déjà connus pour la plupart. Ils concernent surtout les relations inter-services, par exemple la programmation des rendez-vous. Nous observons que le référentiel de l’ANAES est très ciblé sur le parcours du patient alors que celui du CHU d’Angers porte davantage sur la qualité intrinsèque des services. Notre document interne ne sera pas abandonné pour autant mais enrichi !” Le CHU s’est porté candidat pour entrer dans une procédure d’accréditation officielle. Il attend la réponse de l’ANAES.

“Les CHU sont très largement partants pour cette démarche” indique Jean le Camus qui, avec Jean de Savigny secrétaire général de l’AP-HP, représente sur ce sujet la Conférence des Directeurs Généraux de CHU. 
“Cependant, même si l’on sait que les visites d’experts ne portent ni sur la gestion ni sur les moyens financiers, l’amélioration des prestations entraînera souvent des coûts supplémentaires. Il en est de même pour la mise en conformité avec les textes “sécuritaires”, obligation figurant à juste titre en maints endroits du référentiel de l’ANAES”. 
“Aussi la démarche qualité ne saurait ni systématiquement conduire à un surcoût, ni être considérée a priori comme non éligible à des financements spécifiques, au même titre que les autres actions de santé publique”.
 

Recherche pour le traitement d’une nouvelle lèpre

Le Pr. Bernard Carbonnelle, Chef de service du laboratoire de bactériologie-virologie-higiène du CHU d’Angers, dirige en coopération avec l’équipe du Pr Grosset du CHU de la Pitié Salpétrière, une des 8 équipes mondiales spécialisées dans la recherche sur l’ulcère de Buruli. Proche de la lèpre, celui-ci est causé par un bacille présent dans l’eau et le sol. Depuis 1990, cette infection se développe de manière épidémique en Afrique de l’Ouest. Ainsi en 1990, on dénombrait au Bénin 20 cas d’ulcère du Buruli, en 1998, on en dénombrait 1 006. 
A ce jour, il n’existe qu’un seul traitement : la chirurgie.
L’équipe du Pr. Carbonnelle, soutenue par la fondation Raoul Follereau, travaille à l’adaptation de médicaments connus (utilisés entre autres contre la tuberculose). L’équipe a bon espoir d’aboutir dans les mois à venir “Nous avons pu stabiliser la multiplication du bacille chez la souris. Il nous faut maintenant arriver à l’éliminer, toujours chez la souris. Les expérimentations chez l’homme ne débuteront qu’alors” explique le Pr. Carbonnelle.
 

Soins palliatifs : une unité mobile


 

Je suis dans une discipline, l’O.R.L., où beaucoup de malades ont des cancers et une fin de vie particulièrement difficile... J’ai souvent été confronté à la fuite des médecins. Lorsqu’un malade ne pouvait plus être guéri, le médecin entrait à peine dans la chambre et gardait la main sur la poignée pour ressortir” témoigne Jacques Dubin, chef du service O.R.L. et, depuis le 23 novembre 98, responsable de l’unité mobile d’accompagnement et de soins palliatifs. 
Prévue dans le contrat signé entre l’Etat et le CHU, cette unité est aussi le résultat d’une réflexion engagée depuis dix ans notamment avec une association de bénévoles l’ADESPA.
L’unité mobile d’accompagnement et de soins palliatifs participe à la réflexion, à la formation et apporte son aide aux équipes médicales confrontées à la fin de vie de leurs patients. A ce titre, elle a vocation à être largement disponible pour les structures privées et publiques extérieures.
Cette unité peut aussi intervenir directement auprès des malades, un rôle qui demande beaucoup de compassion, d’écoute et de distanciation pour ne pas s’y perdre.
L’écoute qui redonne espoir : “Nous n’avons pas la maîtrise de la vie et de la mort estime le Dr. Marie-Pierre Ombredane qui partage, avec le Dr Hubault, l’animation médicale de cette unité. La fin de vie est toujours une situation de crise. Mais on peut apporter un projet, donner espoir, favoriser la parole...” Les demandes d’euthanasie deviennent infiniment moins nombreuses lorsque les souffrances sont prises en compte et quand une écoute rend plus supportable le dernier chemin”.