1ère thyroïdectomie ambulatoire réalisée pour un cancer à l’AP-HP

Les équipes du service de chirurgie viscérale et endocrinienne de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, dirigées par le Pr Fabrice Menegaux, ont réalisé le 13 juin 2018 la première thyroïdectomie ambulatoire chez une femme de 51 ans souffrant d’un cancer de la thyroïde. La patiente est entrée au bloc à 10h et a pu quitter l’hôpital avec son accompagnant à 16h. Elle a bénéficié d’une prise en charge optimale, d’un suivi postopératoire rapproché et se porte bien.
Les équipes du service de chirurgie viscérale et endocrinienne de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, dirigées par le Pr Fabrice Menegaux, ont réalisé le 13 juin 2018 la première thyroïdectomie ambulatoire chez une femme de 51 ans souffrant d’un cancer de la thyroïde. La patiente est entrée au bloc à 10h et a pu quitter l’hôpital avec son accompagnant à 16h. Elle a bénéficié d’une prise en charge optimale, d’un suivi postopératoire rapproché et se porte bien.
Cette intervention s’ajoute aux huit autres thyroïdectomies réalisées au sein de la nouvelle unité de chirurgie ambulatoire multidisciplinaire de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, depuis son ouverture début avril 2018.  
Le Pr Fabrice Menegaux et son équipe ont ainsi opéré en collaboration avec le département d’Anesthésie-Réanimation, notamment du Dr Sophie Di Maria et du Pr Mathieu Raux, et l’unité Thyroïdes-Tumeurs Endocrines du Pr Laurence Leenhardt.

La chirurgie thyroïdienne adaptée à l’ambulatoire

La chirurgie thyroïdienne se prête à une prise en charge ambulatoire car l’intervention n’est pas très longue (environ deux heures), elle est peu douloureuse grâce aux protocoles d’analgésie, et son taux de complications postopératoires immédiates est faible.
Le cancer (confirmé ou suspecté) est l’une des indications de la chirurgie thyroïdienne, tout comme les nodules ou les goitres multinodulaires compressifs avec gêne à la déglutition ou à la respiration, et certaines hyperthyroïdies. Le cancer thyroïdien a un excellent pronostic mais sa guérison passe dans l’immense majorité des cas par une intervention chirurgicale pour effectuer une thyroïdectomie qui consiste à pratiquer l’ablation de tout ou partie de la thyroïde. Cette exérèse est le plus souvent complétée par l’ablation de ganglions lymphatiques (curage) cervicaux car il s’agit d’un cancer très «lymphophile», s’étendant précocement à ces ganglions.

Tous les avantages d’une unité dédiée

L’ouverture à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP de la nouvelle unité entièrement dédiée à la chirurgie ambulatoire avec des circuits parfaitement définis, un personnel soignant (médical et paramédical) formé aux spécificités de cette prise en charge, une information et une organisation assurée par des IDEC (infirmières coordinatrices), et des protocoles de surveillance bien établis, a été une opportunité pour débuter en toute sécurité cette activité chirurgicale particulière.

La nouvelle unités de chirurgie ambulatoire multidisciplinaire de la Pitié-Salpêtrière a été inaugurée en mai 2018. elle est le fruit d’un investissement de 9 millions d’euros de l’AP-HP
C’est donc après l’ouverture de cette plateforme et après des travaux effectués à partir d’une base de données de plus de 15 000 patients opérés de la thyroïde dans le service du Pr Fabrice Menegaux* qu’a été définie une échelle de risque d’hématome permettant de préciser les facteurs favorisant cette complication et ainsi d’exclure de l’ambulatoire des patients dont le risque serait trop élevé.
Le nombre de patients opérés en ambulatoire de la thyroïde devrait augmenter progressivement en respectant, au sein de cette unité de chirurgie ambulatoire dédiée et organisée autour du patient, les protocoles anesthésiques et chirurgicaux établis à partir d’une large expérience et d’une analyse très précise des risques.
Le développement de la chirurgie ambulatoire à l’AP-HP  
* [Chereau N. et al. (Groupe hospitalier Pitié – Salpêtrière AP-HP, Sorbonne Université), travaux présentés au 39th Annual Meeting of the American Association of Endocrine Surgeons (AAES), 2018, Durham (USA)]

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.