5 000 greffes : Nantes centre européen de transplantation rénale et pancréatique de 1er plan

Les équipes de transplantation du CHU de Nantes viennent de réaliser la 5 000e greffe de rein sur un enfant de 2 ans. Une performance de dimension européenne qui atteste l'expertise des équipes en matière de greffe et d’immunothérapie. Ce leadership est le couronnement d'un travail collectif et pluridisciplinaire qui rassemble soignants

Les équipes de transplantation du CHU de Nantes viennent de réaliser la 5 000e greffe de rein sur un enfant de 2 ans. Une performance de dimension européenne qui atteste l’expertise des équipes en matière de greffe et d’immunothérapie. Ce leadership est le couronnement d’un travail collectif et pluridisciplinaire qui rassemble soignants : chirurgiens urologues, médecins néphrologues, néphropédiatres, immunologistes, anesthésistes, réanimateurs et de Samu, infirmiers de coordination, et chercheurs de l’unité Inserm 1064, seule unité Inserm en France dédiée à l’immunologie de la transplantation. Leurs efforts conjugués a toujours eu pour but d’améliorer l’accès des patients à la greffe, reconnue comme le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale.
Grâce à la greffe, les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique sortent de la dialyse et bénéficient d’une meilleure espérance et qualité de vie.
Selon l’agence de biomédecine, 10.736 personnes étaient en attente de greffe rénale pour 3.074 greffes réalisées (chiffres 2013). Dans ce contexte de pénurie d’organes, même si l’Ouest de la France se situe au premier niveau national pour les prélèvements d’organes, les équipes de transplantation travaillent à élargir toutes les sources existantes de greffons.  Ainsi, l’institut de transplantation – urologie – néphrologie (Itun) du CHU de Nantes promeut autant que possible la transplantation à partir d’un donneur vivant. En 2011, seuls 10 donneurs vivants étaient recensés. En 2014, leur nombre est passé à 32 sur une activité totale de 197 greffes dans l’année (soit 16%) grâce à un effort d’information et de motivation des personnes inscrites, de leur entourage et des médecins néphrologues qui suivent les patients dialysés. L’équipe a aussi adopté toutes les avancées comme la transplantation ABO-incompatible (donneur et receveur de groupes sanguins différents) et le don croisé (don entre 2 couples où le donneur et le receveur ne sont pas compatibles).
Depuis cette année, le CHU de Nantes est l’un des trois centres pilotes à avoir été autorisés en France à effectuer des prélèvements sur donneur en arrêt circulatoire après limitation de soins, dit Maastricht 3 (M3). Nouveau en France, ce prélèvement est déjà pratiqué dans plusieurs pays européens et peut être une source additionnelle significative de greffons.
L’institut de transplantation – urologie – néphrologie  s’illustre également par le développement de techniques innovantes de prise en charge et de suivi des patients greffés. Ainsi via la télémédecine, les patients, transplantés ou de néphrologie générale, commencent à être suivis à distance par leur néphrologue, en lien avec leur médecin traitant, dans le cadre de téléconsultations. Les patients apprécient ces connexions qui évitent les déplacements trop nombreux ou des absences professionnelles.Autre avantage de la télémédecine : le dossier patient partagé sur un logiciel commun par le néphrologue et le médecin généraliste, pour un meilleur suivi du patient.
L’excellence récompensée
Fort de cette dynamique,  l’institut de transplantation – urologie – néphrologie du CHU de Nantes a été labellisé instituts hospitalo-universitaires (IHU)  dans le cadre des investissements. Nantes est l’un des rares instituts dédiés aux thématiques innovantes de transplantation, thérapie cellulaire et de thérapie génique, le Cesti (centre européen des sciences de transplantation et immunothérapies).
Insuffisance rénale dans les Pays de la Loire
Prévalence de l’insuffisance rénale chronique terminale : 12.004 patients
Nombre de patients dialysés : 1.785
Nombre de patients greffés : 1.966
Pourcentage de patients transplantés parmi les patients prévalents en insuffisance rénale chronique : 53% en 2013 (55.2% en Loire-Atlantique).

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