A Brest, 20 ans d’innovation au service des bébés prématurés

Il y a vingt ans, le CHRU de Brest devenait le premier centre hospitalier francophone à implanter le programme NIDCAP au sein de son établissement. Ce programme allie la haute technicité du soin à la participation active des parents pour favoriser le développement du nouveau-né prématuré. Depuis, 120 grands prématurés sont pris en charge chaque année à la pointe Bretagne.

Il y a vingt ans, le CHRU de Brest devenait le premier centre hospitalier francophone à implanter le programme NIDCAP au sein de son établissement. Ce programme allie la haute technicité du soin à la participation active des parents pour favoriser le développement du nouveau-né prématuré. Depuis, 120 grands prématurés sont pris en charge chaque année à la pointe Bretagne. 
C’est en 1998 que le CHRU de Brest a implanté le programme NIDCAP sous l’impulsion de la cadre puéricultrice Catherine Mambrini et du Pr Jacques Sizun, chef du service de réanimation néonatale et de néonatalogie. Pour partager et diffuser ce programme, le centre de formation NIDCAP forme depuis 2004 à Brest de nombreuses équipes françaises et européennes. En 20 ans, le programme NIDCAP a permis de réduire la durée de séjour des enfants grands prématurés avec un meilleur développement à l’âge de 1 an.
Pour ce vingtième anniversaire du programme NIDCAP, le CHRU de Brest met en lumière les acteurs essentiels du programme lors de deux événements :
– Le colloque « Les parents en néonatologie : un rôle essentiel », le 26 octobre au Quartz ;
– L’exposition « Nidcap : 20 ans d’innovation », à partir du 16 novembre à l’hôpital Morvan, hall du bâtiment 5).

Les principes du programme NIDCAP

Développé à l’université d’Harvard (USA), NIDCAP est destiné à réduire le stress des nouveau-nés prématurés. Il agit sur l’environnement de l’enfant (réduction du son et de la lumière, technique de peau à peau, allaitement…), sur les soins (adaptés à ses rythmes de sommeil) et sur la préparation au retour à domicile. Les parents sont mis à contribution dès l’arrivée de l’enfant dans l’unité : ils assistent au soin et sont même encouragés à y participer avec les équipes. Ils peuvent également inclure des proches (grands-parents, fratrie…) pour les soutenir.
"Un soignant bien traité est un soignant bien traitant". Cette approche humaine et fondée sur l’observation du bébé nécessite des conditions favorables pour les professionnels de santé : les équipes doivent à la fois maîtriser des soins hautement techniques, soutenir l’enfant dans son développement et intégrer la famille. NIDCAP instaure une atmosphère de travail bienveillante : formation continue régulière, ratio soignant/patient normal, équipement et architecture adaptés…
Les familles peuvent également s’adresser à l’association SOS Préma. Créée par des parents de bébés prématurés, elle soutient les nouveaux venus en menant de nombreuses actions locales et nationales : écoute téléphonique, « café-parents » dans le service, édition de livrets explicatifs, formation annuelle des soignants avec la « Journées des soignants ». Elle a notamment obtenu la modification du congé maternité en cas de prématurité. SOS Préma compte 70 antennes en France, dont une à Brest depuis 2009.

Recherche clinique : un axe primordial pour NIDCAP

L’implantation du NIDCAP a engendré à Brest un véritable programme de recherche clinique. Ces travaux, menés dans le cadre de contrats de recherche ministériels (PHRC), confirment l’impact bénéfique du NIDCAP sur le stress du nouveau-né. A présent, les chercheurs analysent le rôle spécifique des pères et explorent les bénéfices de la participation active des parents à la visite médicale. Le CHRU coordonne aussi une étude menée dans plusieurs centres hospitaliers pour tester l’IBAIP, l’équivalent à domicile du NIDCAP. Des professionnels formés rendront visite tous les mois aux parents pour observer le comportement de l’enfant et adapter ses conditions environnementales. Cet axe de recherche est financé dans le cadre d’un programme ministériel de recherche clinique, mais aussi par Innoveo, le Fonds de dotation du CHRU de Brest.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.