À Nantes, une équipe de pointe contre le myélome multiple

Forte de plus de vingt ans d'expérience, l'équipe spécialisée dans le traitement intensif du myélome multiple fait du CHU de Nantes un centre de référence interrégional. Elle bénéficie d'une reconnaissance nationale et internationale pour son expertise sur cette pathologie.

Forte de plus de vingt ans d’expérience, l’équipe spécialisée dans le traitement intensif du myélome multiple fait du CHU de Nantes un centre de référence interrégional. Elle bénéficie d’une reconnaissance nationale et internationale pour son expertise sur cette pathologie.

En 1984 sont effectués à Nantes les premiers traitements intensifs contre le myélome multiple, pathologie maligne de la moelle osseuse qui représente 10 à 12% des cancers du sang et 1% de l’ensemble des cancers. Le service d’hématologie se spécialise très vite dans la lutte contre cette maladie, appuyé par une équipe de l’Inserm dirigée par le professeur Bataille et par Martine Amiot, et le service de biologie du professeur Avet-Loiseau qui se penche sur l’étude des anomalies cytogénétiques. Vingt ans plus tard, une quinzaine de personnes constituent l’un des plus gros centres français et européens. Leurs travaux ont notamment valu au professeur Jean-Luc Harousseau, chef du service d’hématologie et directeur du pôle cancérologie, de remporter le Waldenström Award, récompense majeure de la spécialité, lors du dernier congrès mondial de cette spécialité, en 2005 ; le professeur Avet-Loiseau, expert international spécialiste de la technique de Fish (hybridation in situ) qui détermine le pronostic de myélome et permet d’en déduire le traitement, a fait partie en octobre dernier des médecins membres de la Bank on a cure* (BOAC) honorés à Los Angeles par l’international myeloma foundation.

150 centres francophones unis dans la recherche
Pour faire face à cette maladie, les spécialistes se sont réunis dans l’intergroupe francophone du myélome (IFM), qui réunit 150 centres français, suisses et belges : « Ce groupement nous permet de conduire à large échelle des protocoles impossibles à mener par une seule équipe, puisque le myélome fait partie des maladies orphelines : il touche 3 600 personnes chaque année en France, dont 50 à 100 dans la région, explique le professeur Philippe Moreau, actuel président de l’IFM. En ce moment, par exemple, nous gérons une étude visant à tester la prescription en première ligne du Velcade, un médicament commercialisé mais qui n’est utilisé pour le moment qu’en cas de rechute. La participation de tous les centres devrait nous permettre d’obtenir des résultats très rapidement, dès l’an prochain. »

Le groupe IFM a aussi pu présenter en 2006 au congrès américain de cancérologie les résultats d’une étude menée sur le thalidomide, « un nouveau médicament utilisé en plus de la chimiothérapie, dont la mise sur le marché interviendra en 2007 ». L’un de ses dérivés, le Revlimid, qui bénéficie d’une autorisation temporaire d’utilisation, est actuellement testé dans une administration par voie orale en ambulatoire.

Une espérance de vie doublée
Les recherches menées ces dernières années ont permis des avancées importantes dans le traitement d’une des plus graves formes de cancer. Si l’évolution de la maladie demeure souvent malheureusement fatale, l’espérance de vie des patients à compter du diagnostic, grâce aux techniques de greffe de moelle et aux nouveaux médicaments, a doublé en une quinzaine d’années.

Le centre nantais de recherche sur le myélome multiple est labellisé par la ligue contre le cancer, sur des critères d’originalité, de haute qualité scientifique et de reconnaissance internationale.

*Bank on a cure collecte et analyse les échantillons ADN de patients atteints de myélome pour rechercher les prédispositions génétiques au myélome et établir des comparaisons, en plus d’informations cliniques et épidémiologiques concernant les réactions et réponses aux traitements classiques, intensifs et de pointe.

Qu’est-ce que le myélome multiple ?
Des cellules produisant normalement des anticorps, devenues malignes, sont produites en trop grandes quantité dans la moelle osseuse. Leur développement entraîne une diminution de la production des globules rouges et blancs normaux, et génère de nombreuses anomalies osseuses observables à la radiographie. Douleurs osseuses, fractures, fatigue, anémie, infections sévères à répétition, insuffisance rénale sont les principaux symptômes de cette maladie non contagieuse et non génétique qui survient en moyenne à l’âge de 65 ans, mais peut atteindre des personnes plus jeunes. Si son évolution est variable d’un patient à l’autre, son issue reste fatale dans un délai moyen de cinq à six ans après le diagnostic.

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