A Santexpo, les CHU font bloc

Santexpo, c’est le salon parisien où se réunissent chaque année les acteurs de la santé. 20 000 professionnels, 600 exposants et, pour la première fois, 32 CHU qui ont décidé de jouer collectif en se réunissant sous la bannière “CHU de France”. A quelques mètres l’un de l’autre, les deux stands dédiés (G27 et D24) ont vu défiler tables rondes, échanges autour de l’attractivité et ateliers divers. Trois jours durant lesquels l’innovation a servi de fil rouge pour valoriser des établissements confrontés à de réelles difficultés et incertitudes. Réseau CHU était présent et a décidé de vous faire revivre l'événement. Moments choisis.

1/9 UNE DOUBLE MISE EN PLACE JUSQUE DANS LA NUIT

20h08. Arrivé le lundi soir par le train, l’équipe de Réseau CHU n’a pas pu résister à l’idée de faire un crochet par la Porte de Versailles. Et à quelques heures de l’ouverture de la 56e édition de Santexpo, il restait encore pas mal de travail pour achever l’installation des deux stands réservés aux CHU de France – 81 m2 pour l’espace salon infirmier, 64m2 pour le carré institutionnel.

2/9 LA DÉCARBONATION OU L’IDÉAL DE L’HÔPITAL DURABLE

10h15. Mardi matin, l’écologie a ouvert le bal des tables rondes. Après un premier échange sur l’expérience des politiques bas carbone à l’étranger, Frédéric Rimattei, Directeur général adjoint au CHU de Rennes, a orienté la discussion sur la « décarbonation au cœur du soin”. Autour de la table, Charlotte Martin, anesthésiste réanimatrice au CHU de Toulouse, venue parler du projet “Green Bloc”. Mais au fait, c’est quoi la décarbonation ? Réponse en vidéo.

3/9 LA PLACE DES PROFESSIONNELS EN SITUATION DE HANDICAP

12h20. La responsabilité environnementale laisse place à la responsabilité sociale. Dans une nouvelle discussion, la qualité de vie au travail et le sujet des professionnels en situation de handicap ont investi une agora remplie. Si du côté du CHRU de Nancy, on s’est fixé l’objectif de dix-huit embauches de personnes en situation de handicap par an (vingt recrutées en 2021), le Dr Jean-Marc Chabannes, vice-président de la CME de l’AP-HM, rappelle qu’il “ne suffit pas d’être bienveillant” pour bien inclure ces professionnels. Suivre une formation spécifique, tout comme impliquer l’ensemble des acteurs des établissement restent des préalables exigeants.

4/9 LA COOPÉRATION VILLE-HÔPITAL EN TROIS ACTES

17H02. L’après-midi de cette première journée a été consacrée aux liens et enjeux de coopération qui peuvent unir les CHU avec les territoires et leurs collectivités. Réseau CHU a choisi de diffuser la cinquième table ronde, focalisée sur un sujet présent dans la dernière campagne présidentielle : la relation ville-hôpital ; et plus précisément sur trois dispositifs d’articulation des liens entre des villes importantes (Marseille, Angers, Metz) et l’hôpital. Les interventions du Dr Michel Rotilly et de François Crémieux, DG de l’APHM, à propos du centre de santé “Les Aygalades”, implanté au cœur des quartiers Nord Marseille, ont captivé l’auditoire. La coordination pharmaceutique pour la prise en charge thérapeutique sur le Territoire du GHT 49 (Maine-et-Loire), et la présentation du Services d’Accès aux Soins (SAS) – qui répond, à Metz et dans vingt-et-un autres sites pilotes aux besoins de soins urgents, ont complété cette séquence.

Le Dr Michel Rotillly parle du centre de soin hospitalo-universitaire "Les Aygalades" dans le 15e arrondissement de Marseille. DR : Réseau CHU

5/9 LES PRÉSIDENTS PRENNENT LA PAROLE

9h45. Le deuxième jour s’est ouvert pour les CHU sur la prise de parole des trois présidents des Conférences (DG, CME, Doyens). Avant de répondre à la presse, ils ont chacun dit un mot.

Les présidents des trois Conférences ont répondu aux questions de la presse. DR : Réseau CHU

Comme tout le système hospitalier, comme tout le système de santé, le Covid nous a considérablement ébranlé. Mais les CHU ont fait face. Ils ne ressortent pas indemnes et les difficultés que connaît le monde de la santé, les CHU les connaissent également. Nous voulons considérer que les CHU sont un laboratoire pour trouver les solutions de demain qui vont nous permettre de sortir des difficultés que nous connaissons”, a déclaré Marie-Noëlle Gerain-Breuzard, Présidente de la Conférences des Directeurs généraux de CHU.

Le Pr Rémi Salomon, Président de la Conférence des présidents de CME de CHU, a choisi d’adopter un discours pragmatique. “Je pense qu’on ne peut pas parler d’avenir des CHU sans dire qu’il faut passer l’été. On est dans une situation compliquée et donc il faut qu’on assure un plan de continuité des soins (…) On fait face à une nouvelle crise probablement plus compliquée que celle du COVID car on ne sait pas comment on va en sortir. On est convaincu qu’il va falloir faire évoluer le système. Des enjeux colossaux sont devant nous.” a-t-il affirmé, notamment à propos des défis que représentent la démographie médicale, la formation, la recherche sur les territoires.”

Enfin, le Pr Didier Samuel, Président de la Conférence des doyens de faculté de médecine, a émis le vœux que l’enseignement et la recherche soient sanctuarisés. “Je représente la partie universitaire mais nous sommes tous des hospitalo-universitaires. Il est très important que la partie enseignement-recherche soit protégée au sein des CHU si on veut garder l’excellence et la capacité à faire de la médecine de proximité, mais aussi de recours et de la médecine experte.

6/9 LA CONF’ DE PRESSE DE RÉSEAU CHU

10h36. C’était la première fois que Réseau CHU est à la fois observateur ET partie prenante à Santexpo. L’occasion pour nous de présenter notre nouveau site internet et la stratégie média qui l’accompagne.

7/9  INFORMATION ET DÉSINFORMATION AU CŒUR DU DÉBAT

11h00. Comment avoir confiance dans une information ? Comment lutter contre la manipulation des faits et des mots ou encore comment parler de santé au grand public aujourd’hui ? Ce sont ces questions que Réseau CHU a souhaité aborder en faisant dialoguer quatre professionnels du monde de la santé et des médias. Un échange passionnant, où les Fake News autour du Covid ont occupé une place centrale.

8/9  STAND D24 : LES CHU EN MISSION POUR RESTER ATTRACTIFS

15h46. Valoriser les établissements, les métiers, les carrières est depuis plusieurs mois une impérieuse nécessité pour les CHU, tant ces derniers connaissent une crise de l’attractivité et du recrutement, crise à laquelle le Ségur de la santé, on le constate tous les jours, n’a répondu qu’en partie. Si quelques établissements (AP-HP, Bordeaux, Montpellier, Toulouse) avaient fait le déplacement lors de la dernière édition en novembre dernier, ils étaient cette fois tous là aussi à défendre et promouvoir le maison CHU. Ateliers métiers et innovation, pôle d’information et d’accueil des étudiants infirmiers, les ambassadeurs des CHU (cadres RH, infirmiers) se sont relayés pendant trois jours.

9/9 LA DATA, RESSOURCE POUR LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ

11H30. Jeudi matin. Les « innovations académiques et industrielles » laissent  place a la DATA. Les données sont depuis longtemps utilisées pour établir des protocoles de recherche et améliorer la compréhension du soin. Mais l’intégration progressive d’entrepôts de données de santé au sein des établissements permet à ces derniers de faire de grands pas en termes d’innovation. Explication en images avec Gilles Duluc, Directeur de la recherche et de l’innovation au CHU de Bordeaux.

Pour retrouver toutes les tables rondes, interviews, sujets de Réseau CHU à Santexpo, c’est par ici !

Adrien Morcuende

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.