Ablation de la thyroïde avec assistance robotique : une 1ère à Nîmes

Pour la première fois en France, une équipe de chirurgiens ORL* du CHU de Nîmes a réalisé une ablation totale de la glande thyroïde avec l'assistance d'un robot chirurgical afin d'améliorer les suites opératoires. L'intervention a eu lieu vendredi 25 septembre 2009. La patiente a quitté l'hôpital dès le lendemain de l'opération sans pansement, ni suture.

Pour la première fois en France, une équipe de chirurgiens ORL* du CHU de Nîmes a réalisé une ablation totale de la glande thyroïde avec l’assistance d’un robot chirurgical afin d’améliorer les suites opératoires. L’intervention a eu lieu vendredi 25 septembre 2009. La patiente a quitté l’hôpital dès le lendemain de l’opération sans pansement, ni suture.

Une technique mise au point au CHU de Nîmes
La technique développée par le Dr Benjamin LALLEMANT permet de réaliser la thyroïdectomie par une voie d’abord dissimulée qui comprend 2 mini-incisions de 2 cm situées en regard des clavicules à l’aide du robot chirurgical Da Vinci®.

Plus de 50 000 patients concernés
Environ 6 millions de français présentent des problèmes lies à leur glande thyroïde. Parmi eux 50 000 bénéficient chaque année d’une intervention chirurgicale qui consiste en l’ablation partielle ou totale de la glande. Cette intervention est proposée lorsque des nodules à risque de cancer sont détectés ou en cas d’une hypersécrétion d’hormone. Dans ces indications, le robot chirurgical pourrait bientôt remplacer la chirurgie traditionnelle.

Pourquoi utiliser le robot chirurgical ?
Lors de l’ablation de la thyroïde par une chirurgie traditionnelle des complications surviennent de façon transitoire ou définitive dans 10 à 20% des cas. Elles peuvent être liées à des traumatismes des glandes parathyroïdes ou de nerfs qui commandent les cordes vocales. Le robot chirurgical devrait permettre de limiter la fréquence de ces complications grâce à la précision de ces mouvements et grâce à la vision en 3 dimensions haute définition qu’il apporte. De plus, son utilisation permet de dissimuler et de limiter la taille de la cicatrice.

Une politique de développement et d’évaluation de la chirurgie robotique
Technologie en plein essor, l’assistance robotique chirurgicale est disponible au CHU de Nîmes depuis Mars 2009. La mise au point de nouvelles applications et leur évaluation médico-économique dans le cadre de programmes de recherche est une priorité pour l’ensemble des spécialités qui utilisent le robot Da Vinci ® dont la gynécologie, l’urologie, la chirurgie digestive et l’ORL.

Plusieurs protocoles sont en cours d’élaboration au CHU de Nîmes sur le principe de la comparaison coelioscopie traditionnelle versus robot. Il s’agit de :

– Digestif / obésité morbide / by-pass
– Gynécologie / cancer du col / cancer de l’endomètre / colpohystérectomie
– ORL / thyroïdectomie / cancer du larynx et de l’oropharynx
– Urologie / incontinence urinaire / promoto-fixation du dôme vaginal

Ce sont les premières indications prioritaires ciblées par le CHU de Nîmes en qualité de Promoteur de recherches biomédicales multicentriques.

Le robot chirurgical Da Vinci® S-HD
Le modèle acquis par le CHU est une nouvelle génération qui fourni des images en en 3D et en haute définition.
Le chirurgien peut effectuer des micro-gestes d’une très grande précision, grâce à ses 3 bras articulés qui portent à leur extrémité des instruments chirurgicaux très fins (de 5 à 8 mm de diamètre). Ces bras peuvent réaliser des mouvements à 180 degrés, ce q’un poignet humain ne peut pas faire.
Le chirurgien bénéficie d’une vision grossie jusqu’à 20 fois.

A ce jour, plus de 50 interventions ont été réalisées en quelques semaines à l’aide du robot chirurgical Da Vinci® au CHU de Nîmes. Par spécialité, on peut citer :
• En Chirurgie digestive : exérèse tumeur de l’estomac, du colon, pose d’anneau gastrique, …
• En Gynécologie : hystérectomie, déligature de trompes, myomectomie, …
• En ORL : laryngectomie partielle, pharyngectomie, thyroïdectomie, …
• En Urologie : prostatectomie, promonto-fixation, …

*Le Dr Benjamin Lallemant est le 1er en France à avoir réalisé une chirurgie de la thyroïde et le premier au monde par la voie d’abord sous claviculaire mini-invasive qu’il a mise au point.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.