Achats publics : « La continuité d’un comportement vertueux en matière de développement durable et d’achats responsables est encore plus essentielle aujourd’hui »

L’écologie et le développement durable ont le vent en poupe. La situation Covid-19, ou encore les résultats des dernières élections municipales, ont accentué et souligné les attentes de la société dans ce domaine. L'analyse de Stéphane Beauvais, chef du département politiques publiques à l’UGAP.

L’écologie et le développement durable ont le vent en poupe. La situation Covid-19, ou encore les résultats des dernières élections municipales, ont accentué et souligné les attentes de la société dans ce domaine. L’analyse de Stéphane Beauvais, chef du département politiques publiques à l’UGAP.
D’aucuns considèrent l’apparition de la Covid-19, l’année dernière, comme une conséquence de la réduction de la biodiversité. Entraînant le rapprochement d’espèces animales qui se côtoyaient peu ou pas dans le passé, ce phénomène aurait ainsi facilité la transmission du virus. Que l’on adhère ou pas à cette thèse, la réduction de la biodiversité est un fait. Les mesures effectuées à ce jour et les projections à 2050 sont alarmantes.
Sans tirer de conclusions hâtives sur les liens entre l’apparition de la Covid-19 et la disparition d’espèces d’une part et les résultats des élections municipales d’autre part, ces dernières constituent un autre facteur, sociétal cette fois, d’accroissement de la pression sociale sur ces sujets vis-à-vis des décideurs. Que les édiles soient écologistes ou non, ainsi que les futurs conseillers départementaux et régionaux, tous regardent avec plus d’acuité encore les questions environnementales et sociales.
Se pose alors la question de la méthode. Quelles nouvelles actions engager ? Quels référentiels utiliser ?

Les acteurs publics ne partent pas de rien en matière d’écologie.

On pourrait être tenté de considérer que rien n’avait été fait jusqu’à présent ou si peu. Que les modèles utilisés, les démarches engagées n’ont pas produit d’effet et qu’il est possible de renverser radicalement les habitudes pour engager, dès maintenant, les vraies bonnes actions en termes de développement durable.
Pourtant des acteurs publics, des collectivités, des hôpitaux… ont déjà pu initier et conduire des démarches en faveur de l’environnement. Ces initiatives se sont d’ailleurs traduites dans leurs achats publics. Par exemple, les hôpitaux achètent des matériels reconditionnés sans renoncer à la parfaite opérationnalité et sécurité des matériels. Décider de tout révolutionner subitement pourrait avoir pour conséquence de ruiner les résultats de ces efforts.
Sans nier qu’il faut sans doute renforcer les démarches, les multiplier, les accentuer… il est essentiel de le faire dans la continuité des efforts vertueux déjà produits par nombre d’acteurs publics, tel le recours à la location pour les matelas qui incite les entreprises à augmenter la durée de vie de leurs produits.

Tout est lié.

Nous pouvons prendre pour preuve des actions menées par les acteurs publics labélisés RFAR (Relations Fournisseurs et Achats Responsables). Décerner ce label à un organisme revêt une dimension symbolique. Cependant cette labélisation s’appuie sur la réalité d’un plan d’actions concrètes, bien défini et homologué par auditeur certifié par la Médiation des entreprises.
Les actions en faveur de l’environnement sont bien sûr attendues, notamment sur la nature des produits achetés, leur écoconception ou encore leur cycle de vie. Mais pas seulement. La relation au fournisseur se révèle également cruciale. Comment attendre des candidatures d’entreprises performantes, vertueuses, locales si nous, acteurs publics, ne les traitons pas bien après qu’elles ont remporté l’appel d’offres ? Ces bonnes pratiques en termes de délai de paiement et d’écoute, par exemple, sont attractives et favorisent les achats durables.
En définitive, que ce soit en recherchant la labélisation ou simplement le plan d‘actions sur lequel il se fonde, chaque acteur public peut, soit poursuivre ses actions en cherchant incessamment à les améliorer, soit prendre exemple sur ses homologues plus avancés en leur demandant conseil. Recyclons aussi les bonnes pratiques !
Stéphane Beauvais, chef du département politiques publiques à l’UGAP

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