Appendicite, maladies cardiaques, infections pulmonaires, DMLA, les 4 nouveaux programmes de recherche amiénois

Faut-il prescrire des antibiotiques après l’opération d’une appendicite aigue ? L’opération des insuffisants cardiaques réduit-elle les risques de mortalité ou de nouvelle hospitalisation ? Quel traitement préférer contre les traitements contre les infections pulmonaires ? Quel est le coût/utilité des différentes prises en charge des patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ? Telles sont les questions étudiées dans le cadre des 4 nouvelles recherches cliniques amiénoises qui ont été sélectionnées par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Organisés dans un cadre médical strict, ces programmes sont menés avec des personnes volontaires suivies au CHU d’Amiens et dans des établissements associés.
Faut-il prescrire des antibiotiques après l’opération d’une appendicite aigue ? L’opération des insuffisants cardiaques réduit-elle les risques de mortalité ou de nouvelle hospitalisation ? Quel traitement préférer contre les traitements contre les infections pulmonaires ?  Quel est le coût/utilité des différentes prises en charge des patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ? Telles sont les questions étudiées dans le cadre des 4 nouvelles recherches cliniques amiénoises qui ont été sélectionnées par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Organisés dans un cadre médical strict, ces programmes sont menés avec des personnes volontaires suivies au CHU d’Amiens et dans des établissements associés.

Les programmes en détail

Intérêt de prises d’antibiotiques après l’opération d’une appendicite aigue
Le programme de recherche porté par le Professeur Jean-Marc REGIMBEAU, Chef du service de Chirurgie Digestive du CHU Amiens-Picardie, est intitulé : « Intérêt d’une antibiothérapie post-opératoire après appendicectomie sous cœlioscopie pour appendicite aiguë compliquée ».
L’objectif principal est d’évaluer l’impact de l’absence d’antibiothérapie post-opératoire sur le taux d’infection chez les patients présentant une appendicite aiguë compliquée (hors péritonite généralisée).
Deux groupes de patients seront étudiés sur une période de 3 ans (1 120 personnes). Tous les deux auront accès à un traitement antibiotique avant l’opération, mais uniquement l’un des deux en post-opératoire. Chaque patient sera suivi pendant 1 mois. Sur ce projet de recherche, le CHU Amiens-Picardie s’associe à 16 autres CHU en France.
Etude de l’opportunité d’opérer des insuffisants cardiaques pour réduire les risques de mortalité ou de nouvelle hospitalisation
Le programme de recherche porté par le Professeur Christophe TRIBOUILLOY, Chef de service cardiologie du CHU Amiens-Picardie est intitulé : « Comparaison entre la réparation valvulaire précoce et « l’attente armée » dans les cas d’insuffisance mitrale sévère asymptomatique dégénérative par prolapsus». 
L’objectif principal est de démontrer qu’une chirurgie précoce de la valve cardiaque dite mitrale (sépare l’atrium gauche du ventricule gauche) chez les patients présentant une régurgitation mitrale sévère asymptomatique (MR) due à un prolapsus de la valvule, réduit les risques de mortalité ou de nouvelle hospitalisation.
Deux groupes de patients seront étudiés sur une période de 18 mois (424 personnes).
Chaque patient sera suivi pendant 60 mois. Le groupe témoin sera pris en charge de manière habituelle avec un suivi tous les 6 mois ; le groupe expérimental bénéficiera d’une réparation précoce de la valvule cardiaque dite mitrale. Un examen clinique sera alors effectué à la sortie, à 6 mois et ensuite chaque année jusqu’à la fin du suivi. 22 centres participent à ce projet en France.
Comparaison de traitements d’infections pulmonaires
Le programme de recherche porté par le Professeur Claire ANDREJAK, Adjoint au chef de service de Pneumologie du CHU Amiens-Picardie s’intitule « Clarithromycine versus Azithromycine dans le traitement des infections pulmonaires à Mycobacterium avium complex »
L’objectif principal est de démontrer la non infériorité d’une association contenant de l’Azithromycine à une contenant de la Clarithromycine dans la prise en charge des infections pulmonaires à Mycobacterium avium complex.
Sur 60 mois, 2 groupes de patients seront étudiés une fois le diagnostic posé (soit un total de 424 patients). Tous les patients seront traités par Rifampicine et Ethambutol. Le premier groupe complètera avec un 3ème antibiotique la Clarithromycine, le second groupe avec l’Azithromycine.
Chaque patient sera suivi pendant 12 mois. 42 centres participent à ce projet en France.
Analyse des prises en charge des patients atteints de DMLA
Le programme de recherche porté par Professeur Solange MILAZZO, Chef du service ophtalmologie du CHU Amiens-Picardie s’intitule « L’évaluation médico-économique des traitements anti-VEGF dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) naïve ».
L’objectif est de réaliser une analyse coût/utilité des modalités de prise en charge de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) exsudative.
L’analyse des différentes modalités de prises en charge des patients atteints de DMLA reposera sur :
Des données disponibles sur l’histoire naturelle de la DMLA en l’absence de traitement
Des résultats comparant l’efficacité et la tolérance des différentes stratégies 
Des données disponibles sur l’observance et la persistance des traitements
Des données de pharmacovigilance sur la survenue des effets indésirables
Le projet bénéficiera de la mise à disposition des données de l’essai français GEFAL. 
Sur ce projet de recherche, le CHU Amiens-Picardie s’associe à 4 autres CHU en France.
Pour comprendre la Recherche Clinique
Un essai ou une recherche clinique se conduit en quatre étapes :
1. une phase de préparation qui consiste à écrire de manière très précise la question scientifique à laquelle on souhaite répondre et à rédiger le protocole de recherche correspondant
2. une phase de validation et d’autorisation par les autorités compétentes 
3. une phase d’inclusion et de suivi qui marque le début « opérationnel » de l’essai ou de la recherche avec l’inclusion des patients recrutés 
4. une phase d’analyse et de publication qui débute lorsque la base de données est complète (c’est-à-dire comportant toutes les données pour tous les patients) et cohérente. Les résultats feront l’objet de la rédaction d’un rapport d’étude, puis de communication ou publication.
Participer à la recherche
Pendant un séjour à l’hôpital, ou à l’occasion d’un suivi, un médecin peut proposer de participer à un protocole de recherche sur un médicament, un produit, un matériel… 
Tous les renseignements utiles sont donnés pour permettre au patient de se positionner (information et consentement). Des études peuvent également être menées sur des données anonymisées du dossier médical. Les patients sont libres d’accepter ou de refuser de participer.
Les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) sont les principaux animateurs en région des programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC).

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