Arrêt cardiaque: au SAMU de Lyon, le recours à la circulation extracorporelle sauve des vies

Les urgentistes du SAMU de Lyon sont désormais opérationnels pour poser une circulation extracorporelle (CEC), en remplacement de la fonction cardiaque, en dehors de l'hôpital. Une technique qui permet de sauver des patients réfractaires à la réanimation cardiopulmonaire classique.

Les urgentistes du SAMU de Lyon sont désormais opérationnels pour poser une circulation extracorporelle (CEC), en remplacement de la fonction cardiaque, en dehors de l’hôpital. Une technique qui permet de sauver des patients réfractaires à la réanimation cardiopulmonaire classique.
Après le SAMU de Paris, des urgentistes du SAMU de Lyon, formés depuis 2 ans à la pose d’une circulation extracorporelle, sont opérationnels depuis septembre 2017. «Au début de ma carrière, jamais on aurait pu imaginer réaliser hors d’un bloc de tels gestes!», s’enthousiasme Pierre-Yves Dubien, co-responsable du SAMU de Lyon.

Une technique née avec les opérations «à cœur ouvert»

L’ECMO (Extra Corporeal Membrane Oxygénation) veino-artérielle est une technique de circulation extracorporelle qui détourne la circulation sanguine grâce à une machine assurant à la fois le rôle de pompe cardiaque et d’oxygénateur pulmonaire. Elle a longtemps été réservée aux blocs de chirurgie cardiaque pour assurer l’oxygénation du cerveau pendant les opérations dites «à cœur ouvert» alors que le cœur est momentanément arrêté le temps de l’intervention.

Dans les années 2000, premiers essais pour traiter les arrêts cardiaques

Au début des années 2000, des équipes chirurgicales commencent à l’utiliser pour traiter des arrêts cardiaques intra hospitaliers réfractaires à la réanimation cardiopulmonaire «classique». Les premiers résultats encourageants en de terme survie sans séquelle neurologique (20-40%) conduisent à élargir les indications aux arrêts cardiaques extra hospitaliers. Les patients sont alors transportés sous massage cardiaque externe automatisé directement au bloc opératoire pour qu’un chirurgien cardiaque implante cette circulation extracorporelle. Mais les résultats de cette stratégie thérapeutique sont décevants avec une survie sans séquelle neurologique qui n’excède pas 5%, notamment du fait des délais de transport relativement longs qui retardent d’autant le démarrage de la CEC (en moyenne 50 mn sur Paris).

                                      
La machine de circulation extracorporelle (CEC) assure le rôle de pompe cardiaque cardiaque et d’oxygénateur  pulmonaire quand le cœur est en arrêt ©HCL

Une stratégie efficace  éprouvée à Paris et à Lyon

En 2012, des équipes du SAMU de Paris se forment à la technique pour mettre en place la CEC directement sur les lieux de l’arrêt cardiaque. Sur une population d’arrêts cardiaques sélectionnés comme potentiellement de bon pronostic neurologique, les résultats sont désormais au rendez-vous avec une survie sans séquelle de 35%.

Béatrice 49 ans, réanimée suite à un infarctus grâce à la CEC

Béatrice, victime chez elle d’un infarctus du myocarde, a appelé le SAMU. Devant la forte suspicion du diagnostic, le médecin régulateur a déclenché simultanément l’envoi du SMUR et des sapeurs-pompiers. Son infarctus s’est rapidement compliqué d’un arrêt cardiaque et les pompiers sur place ont démarré immédiatement un massage cardiaque externe de qualité, puis elle a bénéficié, à l’arrivée du SMUR, d’une réanimation cardiopulmonaire spécialisée associant défibrillation, poursuite du massage, injections d’adrénaline … malheureusement sans succès.
Comme les critères d’un pronostic neurologique favorable étaient réunis, le SAMU a pu envoyer sur place une 2ème équipe pour poser la CEC au chevet de la patiente. Une fois conditionnée, elle a pu être transportée sous circulation extracorporelle à l’Hôpital de la Croix Rousse – HCL pour que la cause de son infarctus, l’occlusion d’une artère coronaire, soit dans un 1er temps traitée au cours d’une coronographie. Elle a ensuite été hospitalisée en réanimation où elle s’est réveillée de son coma 3 jours plus tard.
Aujourd’hui, le cœur de Béatrice fonctionne à nouveau seul et elle ne présente aucune séquelle neurologique.

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