Assistants de soins en gérontologie : 1re promo à Nancy de 10 pionnières

La mesure 20 du Plan Alzheimer 2008-2012 porte sur le développement des compétences des professionnels qui interviennent auprès des personnes atteintes de la maladie et crée une nouvelle fonction : assistant de soins en gérontologie. Un diplôme accessible par la formation continue et ouvert aux aides-soignants et aux aides médico-psychologiques. Dispensée pour la première fois à l'Institut de Formation du CHU de Nancy en cette rentrée de septembre 2010, cette formation dépasse déjà son objectif initial. Au-delà de l'acquisition de compétences ciblées, elle permet la reconnaissance d'un métier et de ses professionnels et apporte une réponse aux évolutions démographiques actuelles.

La mesure 20 du Plan Alzheimer 2008-2012 porte sur le développement des compétences des professionnels qui interviennent auprès des personnes atteintes de la maladie et crée une nouvelle fonction : assistant de soins en gérontologie. Un diplôme accessible par la formation continue et ouvert aux aides-soignants et aux aides médico-psychologiques. Dispensée pour la première fois à l’Institut de Formation du CHU de Nancy en cette rentrée de septembre 2010, cette formation dépasse déjà son objectif initial. Au-delà de l’acquisition de compétences ciblées, elle permet la reconnaissance d’un métier et de ses professionnels et apporte une réponse aux évolutions démographiques actuelles.

Elles sont une dizaine, toutes volontaires, venues d’établissements hospitaliers et de maisons de retraite de Lorraine. Pionnières, elles suivent une formation de 140 heures réparties en 5 modules visant à acquérir les compétences spécifiques liées à la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. En février 2011, elles constitueront la première promo d’assistantes de soins en gérontologie sortie de l’Institut de Formation d’Aides-soignants du CHU de Nancy. Elles devront au final être aptes à mettre en oeuvre des activités et une assistance visant la stimulation sociale et cognitive des capacités des patients dont elles ont la charge.

Attentives, ces nouvelles élèves âgées de 25 à 55 ans sont motivées et participent activement à la formation organisée par Sylvie Perrin-Ozza la directrice de l’IFAS : « J’ai tenu à ce qu’elle s’articule autour des interventions de nombreux experts comme des médecins, des psychologues, des psychomotriciens, des ergothérapeutes ou des kinésithérapeutes, venus non seulement du CHU mais aussi d’établissements privés. Nous aurons aussi des visites dans différentes structures d’accueil de la région afin de constater de visu que des initiatives existent ici et là en matière d’accompagnement et d’animation.» Pas de diplôme au bout de cette formation mais une attestation de suivi et une prime mensuelle.

L’assistant de soins en gérontologie, un secteur où les femmes sont largement majoritaires, exerce dans le cadre d’une équipe pluri-professionnelle. A son actif : les soins d’hygiène et de confort, l’aide aux personnes, la participation à la vie quotidienne et l’établissement de relations sécurisantes pour prévenir les troubles comportementaux, rompre l’isolement et stimuler les capacités des patients. De fait, ils seront à terme les collaborateurs directs des divers spécialistes para-médicaux des services.

Marie France est venue suivre la formation de son propre chef, de même qu’elle a choisi le service dans lequel elle exerce actuellement : « J’aime travailler auprès de ces patients fragilisés. C’est un service qui vit. C’est une unité déambulante ! » Ses collègues approuvent et soulignent qu’effectivement les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont « des personnes qui bougent ! » De son côté, Myriam reconnaît que « non, je n’étais pas volontaire pour travailler dans un service de gérontologie. Au début j’ai eu peur ! Il a fallu du temps. Mais aujourd’hui, nous vivons ensemble, nous sommes une famille? » Toutes sourient parce qu’elles se reconnaissent dans ces témoignages sur leur travail quotidien : elles partagent les mêmes joies, les mêmes difficultés, les mêmes contraintes et le même sentiment de « ne pas être prises en compte en tant que professionnelles »?C’est un des aspects, et non des moindres, que cette formation permet de faire émerger : la possibilité données aux aides soignantes de se rencontrer, d’échanger, de comparer leurs pratiques et de la formaliser. Un premier pas vers une reconnaissance de leur rôle.

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