Attentat à Nice : 14 juillet, la France en deuil à nouveau

Jeudi 14 Juillet 2016 sur la promenade des anglais à Nice, peu après la fin du feu d'artifice célébrant la fête nationale, un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a foncé au volant d'un poids lourd sur la foule tuant 84 personnes dont 10 enfants et adolescents et faisant près de 303 blessés. Il a été abattu après avoir parcouru 2 km. Retour sur une tragédie nationale...
Jeudi 14 Juillet 2016 sur la promenade des anglais à Nice, peu après la fin du feu d’artifice célébrant la fête nationale, un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a foncé au volant d’un poids lourd sur la foule tuant 84 personnes dont 10 enfants et adolescents et faisant près de 303 blessés. Il a été abattu après avoir parcouru 2 km.
Pour organiser l’accueil massif de ces victimes, le plan blanc a été déclenché dès jeudi soir avec mise en alerte des hôpitaux, coordination des services d’urgence et rappel des personnels.  Or comme lors de l’attentat du 13 novembre à Paris, c’est spontanément que, dès la diffusion des premières informations de nombreux professionnels se sont rendus dans leur établissement et notamment au CHU de Nice où affluèrent 107 personnes "le plus gros contingent de blessés" selon le Monde du 15 juillet.
Dimanche, 85 personnes étaient toujours hospitalisées. Parmi les 49 blessés en urgence absolue, 29 étaient en réanimation. Le pronostic vital reste engagé pour 18 d’entre eux, dont un enfant, selon le bilan établi par Marisol Touraine.
Dans le cadre du " plan blanc", un numéro d’urgence a été mis en place pour les familles de victimes ou de disparus, le 04 93 72 22 22. La cellule d’aide aux victimes du quai d’Orsay a été activée avec un numéro d’urgence : 01 43 17 56 46. Les autorités ont précisé que toute personne, à Nice ou ailleurs en France, qui aurait besoin d’une telle assistance médico-psychologique pouvait contacter le Samu-Centre 15.

Interrogé par le Monde du 15 juillet, Nicolas Venissac, chirurgien thoracique au CHU de Nice confiait "Mais, même quand on s’y prépare, personne ne s’y attend vraiment… On n’a pas, comme à Paris, de très nombreux blessés par balle dont l’état va s’aggraver très vite, et qui doivent passer au bloc opératoire de manière extrêmement urgente, poursuit-il. Cette fois, les blessures étaient soit très graves d’emblée, soit des polyfractures qui pouvaient attendre un peu, mais aucune évolutives. On a donc pu gérer les flux de patients, sans trop-plein. "

Les personnes présentaient des traumatismes crâniens, les hémothorax et les hémopéritoines (épanchements de sang dans la cavité thoracique ou abdominale) et les fractures ouvertes de membres. précise le journal
Paris Match et l’AFP du 16 juillet ajoutaient que trente enfants ont été pris en charge à Lenval jeudi soir, "beaucoup pour des traumatismes crâniens ou des fractures", selon Stéphanie Simpson, porte-parole de la Fondation Lenval. La plus jeune des victimes toujours hospitalisées a 6 mois et beaucoup d’entre elles ont moins de cinq ans. Vendredi soir, cinq enfants étaient toujours dans un état critique et un enfant de huit ans, "probablement étranger" et "en cours d’identification" était dans un "état critique stabilisé", selon Mme Simpson.
France Bleu annonçait le 15 juillet que de nombreux étrangers figuraient parmi la liste des victimes : trois Allemandes dont deux lycéennes, deux Américains, deux Suisses, une Russe, une Arménienne, un Ukrainien, trois Tunisiens, une Marocaine.

Le plan blanc a été levé samedi. Le même jour, une aide médico-psychologique était déployée sur trois sites pour prendre soin des patients et de leurs familles. 30 médecins psychiatres, psychologues et infirmiers étaient mobilisés ; un effectif complétés dimanche par 10 professionnels supplémentaires.

Dès l’annonce de l’attentat, François Hollande a décidé de maintenir à un haut niveau l’opération Sentinelle, celle qui permet de mobiliser 10.000 militaires en plus des gendarmes et des policiers, de prolonger l’état d’urgence de 3 mois, de mobiliser la réserve opérationnelle et décrété un deuil national de 3 jours, samedi, dimanche et lundi où à midi, une minute de silence sera observée en hommage aux victimes. 

Le Président
a exprimé "au nom de la nation éplorée notre solidarité à l’égard des victimes et de leurs familles". Il s’est rendu à l’hôpital Pasteur "qui a fait face, là-encore, avec des services d’urgence admirables, des médecins qui sont venus alors même qu’ils n’étaient pas en service toute la nuit pour opérer, pour intervenir, pour traiter, pour sauver des vies. D’autres n’ont pas pu l’être mais jusqu’au dernier moment tout a été fait. Et saluer tous les personnels de ces hôpitaux qui ont été d’un dévouement exemplaire".
Marisol Touraine, ministre de la santé, a salué depuis Nice "l’extraordinaire réactivité de l’hôpital et des personnels de santé le « travail [réalisé] pour sauver et tenter de sauver des vies » sur BFM-TV.

Entre sidération, tristesse et indignation, les hommages aux victimes se sont multipliés ainsi que les messages de soutiens aux professionnels de santé. 
Quelques unes des réactions du secteur hospitalier postées sur Twitter
 
 




Marie-Georges Fayn  

 

                                                      Relay H, un réseau très hospitalier

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