Avril 2018 : Echos et réactions pour un regard plus juste sur l’hôpital

Tout au long du mois d’avril des voix se sont élevées pour refuser l’hôpital bashing et la vision pessimiste que les médias donnaient de cette institution. Pour autant, ces voix ne nient pas le mal-être des hommes et des femmes qui font l’hôpital mais elles n’acceptent pas les représentations unilatérales et très critiques qui sont livrées dans les journaux et les réseaux sociaux. L’hôpital peut en effet avoir la triste mine des attentes trop longues des patients aux urgences, du malaise des soignants et des contraintes financières. Mais on se tromperait fort à ne retenir que ces traits-là car l'hôpital porte aussi le visage du succès. Parler de l'hôpital, c'est dire les moins et reconnaître les plus. Les plus, ce sont les réussites exceptionnelles et les efforts accomplis chaque jour par les équipes pour améliorer la vie des patients. Ces grandes et petites victoires sont reprises par RESEAU CHU dans la première partie de la revue de presse. La seconde partie propose une autre lecture du CHU leaks.
Tout au long du mois d’avril des voix se sont élevées pour refuser l’hôpital bashing et la vision pessimiste que les médias donnaient de cette institution. Pour autant, ces voix ne nient pas le mal-être des hommes et des femmes qui font l’hôpital mais elles n’acceptent pas les représentations unilatérales et très critiques qui sont livrées dans les journaux et les réseaux sociaux. L’hôpital peut en effet avoir la triste mine des attentes trop longues des patients aux urgences, du malaise des soignants et des contraintes financières. Mais on se tromperait fort à ne retenir que ces traits-là car l’hôpital porte aussi le visage du succès. Parler de l’hôpital, c’est dire les moins et reconnaître les plus. Les plus, ce sont les réussites exceptionnelles et les efforts accomplis chaque jour par les équipes pour améliorer la vie des patients. Ces grandes et petites victoires sont reprises par RESEAU CHU dans la première partie de la revue de presse. La seconde partie propose une autre lecture du CHU leaks.

Deux réussites mondiales pour commencer

La retransplantation de visage d’un patient en situation de rejet chronique ; un événement planétaire couvert par CNN sous le titre : un homme à Paris est devenu le premier patient au monde à recevoir deux transplantations de visage « (CNN). 
Pour la presse américaine, le patient est devenu « l’homme aux trois visages »
Ce succès, révélé le 17 avril 2018, est l’œuvre de l’équipe médicale et paramédicale dirigée par le Pr Laurent Lantieri, avec le service de réanimation-anesthésie du Pr Bernard Cholley de l’Hôpital Européen Georges Pompidou, AP-HP. Il s’agit e la 125e première mondiale des CHU
10 jours avant, une équipe de Necker (AP-HP) avait déjà annoncé un exploit de portée internationale avec la reconstruction totale sous circulation extracorporelle de la trachée d’une fillette de 12 ans à l’aide d’un greffon autologue tubulisé. Une 1ère mondiale également, à mettre à l’actif des Dr Frédéric Kolb, chirurgien plasticien à Gustave Roussy, des Pr Vincent Couloigner et d’Erea-Noël Garabedian, ORL, du Dr Régis Gaudin, chirurgien cardiaque de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, et du Dr Sacha Mussot, chirurgien thoracique à l’hôpital Marie Lannelongue. Moins spectaculaire que la greffe de visage, l’intervention a été toutefois largement reprise par les médias nationaux, BFM, France TV, Europe 1… 
Durant le mois d’avril, la chirurgie mini-invasive a également fait de grands pas. Pionniers, Grenoble et Lyon l’ont adoptée pour opérer les scolioses des adolescents, Caen pour retirer en ambulatoire les glandes situées au-dessus des reins d’un petit garçon de 5 ans. Ailleurs, des avancées améliorent le bien-être des patients. Ainsi, Bordeaux propose des soins personnalisés en ophtalmologie, notamment pour traiter l’œil sec, la pathologie des générations connectées et Nîmes suit les insuffisants cardiaques à distance. Enfin Saint-Etienne intervient en soutien à Roanne et à Feurs en panne de cardiologues afin de maintenir cette activité au plus près des patients.

Toulouse : quand la communication produit du discernement

En revanche, dure période pour le CHU de Toulouse. L’établissement a dû affronter une fuite de documents relatant des dysfonctionnements recensés dans le cadre de sa démarche qualité. Le CHU qui, depuis 20 ans a toujours été classé parmi les trois meilleurs hôpitaux de France, est ainsi devenu un établissement dangereux et de surcroît maltraitant pour son personnel. Difficile dans ces conditions de faire entendre ses arguments. Dans les interviews et communiqués, Toulouse a essayé d’expliquer que « Loin de craquer, l’établissement se renforce, tirant des enseignements des expériences négatives et des mesures adoptées pour corriger les situations ». Analyser, traiter les causes des événements indésirables comme le fait le CHU de Toulouse relève aussi d’un principe éthique qui permet de comprendre pour agir ». 
La FHF apportait son soutien au CHU de Toulouse et à ses professionnels par l’intermédiaire de son président Frédéric Valletoux qui condamnait fermement la diffusion irresponsable de documents internes et dénonçait le caractère anxiogène de cette divulgation.
L’Association des directrices et directeurs d’hôpital (ADH) adressait un communiqué signé de son président Frédéric Boiron, directeur général du CHRU de Lille et de son bureau pour expliquer tout simplement que  « les  fiches de signalement des événements indésirables  (FEI) sont déployées dans la quasi-totalité des établissements de santé, dans une logique de qualité au bénéfice des patients. Les activités médicales et hospitalières étant évidemment à risques, l’important n’est pas de les nier, mais de s’organiser au mieux pour les prévenir et, lorsque des incidents surviennent, de les traiter et les faire cesser. La politique qualité moderne se fonde justement sur le bon repérage de ces « événements indésirables », pour en assurer la traçabilité, le traitement, le retour d’expérience, pour progresser dans l’intérêt des patients »
Les Conférences de Présidents de CME, de Directeurs Généraux de CHU et de Doyens des facultés de Médecine ont aussi soutenu leurs confrères toulousains, dénonçant "les biais de cette information qui établit un lien trompeur pour le grand public, entre l’importance du nombre de fiches de signalement et une qualité de soins insuffisante ; fragilise l’image soignante et d’excellence d’un CHU, en « dévoilant » de manière sensationnelle et tronquée des fiches de signalement marqueurs d’une démarche qualité structurée et laissant penser que ces événements seraient la conséquence d’économies et de restrictions en personnel sur les soins".
Et parce que ces explications n’étaient pas suffisamment entendues, le CHU de Toulouse a diffusé un publi-communiqué dans la dépêche du midi le 20 avril pour répondre aux attaques dont il faisait l’objet, réaffirmer ses valeurs, son engagement et inviter les lecteurs à participer à l’élaboration de son projet d’établissement 20182020. « Nos établissements méritent mieux que ces critiques, est-il écrit. Le CHU de Toulouse lutte sans relâche contre la maladie. Son enjeu absolu vise la réduction de la douleur ou de la souffrance humaine du million de patients lui faisant confiance chaque année. La transparence est précieuse, la critique toujours utile, mais les fausses informations coupées de leur contexte ou instrumentalisées, nuisent à l’honneur et à la sérénité de la communauté hospitalière. » 
L’hypermédiatisation actuelle étend le champ de la communication hospitalière. La profession se voit désormais investie de nouvelles et délicates missions : rétablir la vérité, produire des explications pour contrer les approximations, amalgames ou raccourcis qui pourraient induire le public en erreur, sensibiliser à la complexité des procédures. En intervenant ainsi, la communication apporte davantage de discernement et favorise un débat public plus équilibré, plus mesuré et plus juste.
Marie-Georges Fayn

 

                                                      Relay H, un réseau très hospitalier

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