Basse vision, un centre d’excellence pour réapprendre à voir autrement

Il est un problème de vue qu'aucune paire de lunettes ne pourra corriger : la basse vision ! Modéré ou sévère, non améliorable par un médicament, des lentilles ou une intervention chirurgicale, le handicap visuel est dans le collimateur du Centre de Rééducation et de Réadaptation Basse Vision (CRRBV) du CHU de Dijon. Les patients atteints de dégénérescence maculaire constituent la majeure partie des personnes ayant recours au CRRBV.

Il est un problème de vue qu’aucune paire de lunettes ne pourra corriger : la basse vision ! Modéré ou sévère, non améliorable par un médicament, des lentilles ou une intervention chirurgicale, le handicap visuel est dans le collimateur du Centre de Rééducation et de Réadaptation Basse Vision (CRRBV) du CHU de Dijon. Les patients atteints de dégénérescence maculaire constituent la majeure partie des personnes ayant recours au CRRBV. Cependant, des personnes plus jeunes consultent également. Le centre veille alors à adapter le poste de travail, à optimiser leur correction optique afin de préserver le plus possible l’autonomie du patient. Découverte d’un centre qui a pour objectif d’accompagner les personnes malvoyantes, quel que soit leur âge, et de les aider à dépasser les conséquences de leur maladie dans le souci de préserver au maximum leur autonomie. Le Centre s’appuie sur toutes les ressources existantes : professionnelles et associatives impliquées dans la prise en charge du handicap visuel.

Naissance d’un Centre Basse Vision
Créée en 1990, la consultation basse vision est soutenue par l’association VOIR ET PERCEVOIR qui réunit les compétences de différents professionnels (ophtalmologistes, orthoptistes, opticiens, kinésithérapeutes, ergothérapeutes) et l’expérience de patients déficients visuels.
Le 1er juin 2008, la consultation devient Centre de Rééducation et de Réadaptation Basse Vision (CRRBV). L’équipe formée de l’ophtalmologiste Monique Gerson-Thomas et de l’ergothérapeute Anne Fays s’étoffe d’une orthoptiste formée également en basse vision, Aurélie Charles, et d’une secrétaire, Chrystel Jacotot. En septembre 2009, ils sont rejoints par 2 nouveaux professionnels : une instructrice en locomotion, Aline BONNET, et une psychologue, Aurélie CUREL.
La personne malvoyante va bénéficier d’une prise en charge globale : on ne traite pas une maladie mais une personne atteinte d’une affection oculaire à l’origine d’un handicap visuel. Ce centre est destiné à évaluer les capacités visuelles du patient et proposer des solutions pour que le patient continue à vivre son quotidien de manière indépendante.

Les objectifs sont multiples, tant pour le patient que pour l’entourage
– Aider à comprendre le fonctionnement de sa vision
– Optimiser l’utilisation de ses possibilités visuelles
– Rechercher le matériel adapté à ses difficultés
– Conseiller sur l’aménagement de l’environnement
L’équipe pluridisciplinaire donne des informations et propose des solutions : la vision ce n’est pas seulement les yeux mais aussi le cerveau.

Des compétences complémentaires
L’ophtalmologiste évalue la perception visuelle et la façon dont la personne malvoyante l’utilise. Il explique au patient comment il voit et comment utiliser au mieux sa vision restante. Il essaie d’optimiser sa correction et évalue l’influence de l’éclairage pour améliorer sa perception visuelle. Il répond aux questions que se pose le patient sur sa maladie et ses conséquences.
-L’orthoptiste aide tout d’abord le patient à comprendre comment il voit le mieux, à travers un travail moteur. Quand ce dernier a appris à regarder autrement, à optimiser ses stratégies visuelles et sa coordination oculo-manuelle, l’orthoptiste passe alors au choix de matériels (systèmes grossissants, pupitre, etc.). Le matériel pourra être prêté au patient pour vérifier qu’il soit adapté à son mode de vie et à ses attentes.
– L’ergothérapeute travaille davantage sur les activités de la vie quotidienne : comment la baisse visuelle se répercute dans le quotidien du patient, quelles sont les activités qu’elle a abandonnées, celles qu’il continue à mener et celles qu’il souhaite reprendre. Après avoir dressé ce bilan des activités, l’ergothérapeute analyse chacune d’elles en fonction des tâches à effectuer et propose en séance des exercices pour aider à la mise en place de stratégies multi sensorielles. L’ergothérapeute donne également des conseils pour l’adaptation de l’environnement. Il est par ailleurs parfois nécessaire d’intervenir à domicile pour finaliser les adaptations.
– L’instructeur en locomotion évalue les capacités visuelles et cognitives (orientation, concentration) ainsi que les sens compensatoires (audition, toucher, etc.) utiles aux déplacements. Ces évaluations se font dans différents types d’environnements et de conditions lumineuses, de jour comme de nuit, par temps de pluie ou par soleil, etc. En fonction des attentes et des capacités du patient, l’instructeur en locomotion propose par ailleurs des techniques et des outils pour l’aider à se déplacer en sécurité et avec un maximum d’autonomie.
– Le psychologue rencontre le patient afin de cibler ses attentes et évaluer avec lui sa demande. Il écoute et est attentif aux ressentis liés à la perte visuelle. Il discute avec le patient de sa volonté à entamer une rééducation, celle-ci devant émerger d’une démarche personnelle. Un accompagnement du patient peut être proposé de façon individuelle ou en groupe de parole, de même qu’un soutien à son entourage.

L’évaluation (en hospitalisation de jour) au Centre de Rééducation et de Réadaptation Basse Vision ?
La personne malvoyante peut être envoyée, après que tous les traitements possibles visant à améliorer sa vision aient été entrepris, par son ophtalmologiste, médecin généraliste, médecin du travail, médecin scolaire, assistante sociale, opticien, voire l’entourage. Dans tous les cas, une fiche de liaison est à remplir par l’ophtalmologiste traitant afin de valider les critères d’inclusion au centre : meilleure acuité visuelle corrigée inférieure à 4/10ème et/ou champ visuel inférieur à 20°.

Actuellement, l’évaluation se déroule le jeudi ; le reste de l’activité du centre est consacré à la rééducation des patients. Lors de cette journée d’évaluation, la personne malvoyante rencontre chaque professionnel durant une heure. Elle peut être accompagnée par un membre de son entourage (famille, ami, aide à domicile, éducateur, etc.). La présence de l’accompagnant est importante car il peut mieux comprendre, suite à l’essai de lunettes de simulation, ce que son proche vit au quotidien.

A l’issue de cette journée, une première synthèse est faite à l’oral à la personne et son accompagnant. Un compte-rendu écrit est envoyé aux différents correspondants. Plusieurs solutions sont alors possibles : Si le patient a besoin d’une rééducation multi-professionnelle, elle se déroulera dans le centre, sinon la rééducation s’effectue dans le réseau avec les professionnels libéraux.
Si le patient possède déjà des stratégies multisensorielles adaptées, quelques conseils lui sont alors donnés sur l’aménagement de l’environnement et sur des aides optiques. La personne reste alors en contact avec le CRRBV qu’elle sollicitera en cas de problème.

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