Bordeaux rénove et « humanise » ses chambres pour les enfants en secteur protégé

Au CHU de Bordeaux, les chambres stériles destinées à recevoir les jeunes patients immunodéprimés seront agrandies, refaites à neuf et "humanisées". Les travaux commenceront au quatrième trimestre 2018 pour un coût global évalué à 700 000 euros ; la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France devrait en financer la moitié.

Au CHU de Bordeaux, les chambres stériles destinées à recevoir les jeunes patients immunodéprimés seront agrandies, refaites à neuf et "humanisées". Les travaux commenceront au quatrième trimestre 2018 pour un coût global évalué à 700 000 euros ; la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France devrait en financer la moitié.
"Chambres de l’extrême, laissez entrer la vie": ainsi s’intitule le chantier engagé pour la rénovation de l’Unité d’onco-hématologie pédiatrique du CHU de Bordeaux. Un titre qui fait référence à la durée de séjour habituellement prolongée, à la fatigue parfois extrême, au risque vital élevé pour les jeunes patients qui y sont hospitalisés.
Des améliorations attendues en termes de sécurité et de confort
L’unité accueille chaque année une centaine de nouveaux patients en situation de greffe de cellules souches hématopoïétiques ou d’aplasies médullaires sévères (notamment dans le cadre de leucémies) au sein de son "secteur protégé".
Cet espace, situé au dernier étage de l’Hôpital des Enfants, a été conçu pour préserver au mieux les jeunes patients sévèrement neutropéniques et immunodéprimés contre les germes exogènes, apportés par les contacts humains, le matériel, l’eau, l’air. Mais bâti en 1992, il attend dûment aujourd’hui des améliorations en termes de sécurité, d’accessibilité et de confort pour les patients et leur famille. Parce que "l’hôpital prend à cœur de rompre l’isolement de l’enfant et de lui proposer l’environnement le plus rassurant et le plus intimiste possible avec le souhait de "laisser entrer la vie", explique le Pr Yves PEREL, chef du pôle de pédiatrie.
La possibilité d’accueillir les parents pour la nuit
Dans le cadre de la rénovation s’inscrit ainsi notamment la possibilité d’accueillir les parents pour la nuit. "La séparation est difficile, on sait que notre fils est en sécurité mais une maman est censée être avec son bébé", confie l’une d’elles.  
L’amélioration de la qualité d’accueil et l’équipement de salles de bains dans les chambres sont également programmés. "J’aurais vraiment besoin d’une bonne douche pour me relaxer et bien me laver mais il n’y a pas de salle de bain", déplore de son côté Julien, un jeune patient. 
Six grandes chambres équipées d’un cabinet de toilette
Pour le reste, le projet prévoit l’aménagement de 6 chambres d’environ 20 m² (contre 5 actuellement d’environ 8 m²) équipées chacune d’un cabinet de toilette ainsi qu’un bureau médical, un bureau infirmier, une kitchenette et une pharmacie spécifique au sein du "secteur protégé". Soit dans le cadre garanti d’un haut niveau de protection antimicrobienne pour ces enfants dépourvus de défenses immunitaires. Une salle de sport et une salle de détente seront par ailleurs accessibles aux patients de l’ensemble de l’unité.
Espace courbes, lumière et une architecture appelant au bien-être
Sur le plan architectural, l’esprit qui prévaut joue des courbes, des ondulations, de la rondeur, des espaces communs " ouverts ", des matériaux nobles et solides (aspect-bois, aluminium, verre…) et de la lumière. Alors que la décoration se veut apaisante, distillant sur fond clair, des nuances bleu, vert, gris-argent, jaune,rouge ou ocre. "Nous avons souhaité redéfinir l’organisation fonctionnelle du service, en retravaillant les espaces, en apportant un maximum de lumière naturelle et en faisant le choix de matériaux colorés apportant un sentiment de bien-être tant pour les patients que pour le personnel", soulignent Charlotte Pijcke et Jose Olague , les architectes de la société CPI architecture, en charge du projet.
Une subvention de 350 000 euros de la Fondation HP-HF
Un chantier de 7 mois est prévu pour mettre en œuvre ces transformations dont le coût est estimé à 700 000 euros. Le CHU de Bordeaux y participe à hauteur de 80 000 €, auxquels il espère voir s’ajouter la subvention de 350 000€ demandée la fondation HP-HF et une enveloppe de 270 000€ issus de mécénats et de partenariats associatifs. 
Pour l’heure les associations suivantes ont, dès à présent, manifesté leur enthousiasme pour ce projet et s’investiront dans sa conception et son accompagnement : Aladin, Association Bordelaise pour l’Avancement des Sciences Pédiatriques, La Maison Rose, Laurette Fugain, Les Blouses Roses, La Ligue contre le Cancer, le Lions Club International et les Lions clubs de la Région, Parentraide, Petits Princes, Princesse Manon, SOS Gourmandises, les clubs Rotary de Bordeaux.
En juin 2017, doivent être confirmés le soutien de la Fondation HP-HF et le montant définitivement alloué.

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