Cancer de la prostate : Brest initie un outil révolutionnaire pour traquer les récidives

L’utilisation en imagerie médicale du PSMA, un marqueur spécifique, révolutionne la prise en charge du cancer de la prostate. Pratiqué depuis début octobre dans le service de médecine nucléaire du CHRU de Brest, ce nouvel examen permet de détecter beaucoup plus précocement les récidives de la maladie. L'établissement est actuellement le seul se sa région à utiliser cette technique innovante.
L’utilisation en imagerie médicale du PSMA, un marqueur spécifique, révolutionne la prise en charge du cancer de la prostate. Pratiqué depuis début octobre dans le service de médecine nucléaire du CHRU de Brest, ce nouvel examen permet de détecter beaucoup plus précocement les récidives de la maladie. L’établissement est actuellement le seul se sa région à utiliser cette technique innovante.

Des résultats à un stade très précoce de la récidive

Pratiquée dans moins de dix centres en France, l’utilisation en imagerie d’un marqueur spécifique, le Ga-PSMA (antigène membranaire spécifique de la prostate), a permis d’obtenir des résultats, même à un stade très précoce de la récidive.
Ainsi, grâce à cet examen, 60 % de lésions additionnelles sont découvertes chez des patients dont les explorations précédentes s’étaient avérées négatives. En effet, le PSMA permet de détecter un très faible nombre de cellules cancéreuses.
«Ce produit est si performant qu’il va provoquer une révolution dans la prise en charge de la maladie», estime le Pr Pierre-Yves Salaün, chef du service de médecine nucléaire du CHRU de Brest. 

Un cancer qui compte 30% de récidives

 Avec près de 50 000 nouveaux cas par an, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme de plus de 50 ans et représente la seconde cause de décès (9 000 par an) chez l’homme après le cancer pulmonaire. Selon le Pr Georges Fournier, chef du service d’urologie du CHRU de Brest: «même découvert à un stade précoce et traité par chirurgie ou radiothérapie, le cancer de la prostate comporte un taux de 30 % de récidives, ce qui est une incidence assez élevée.»
Jusqu’ici, l’augmentation de l’ indicateur PSA (antigène spécifique de la prostate), établie par une simple prise de sang, permettait de suspecter l’apparition d’une récidive. Mais comme l’explique le Pr Salaün: «malgré les examens complémentaires effectués comme la scintigraphie osseuse, l’IRM ou la TEP F-Choline, la localisation de la récidive n’était pas mise en évidence à un stade précoce dans plus de la moitié des cas.» 

En renfort des examens traditionnels et à la base de nouveaux traitements

Aujourd’hui, l’utilisation en imagerie du PSMA est proposé aux patients ayant été traités pour un cancer de la prostate, qui se retrouvent avec un taux de PSA en augmentation et pour lesquels les examens traditionnels n’ont rien donné.
Cependant, des études sont actuellement en cours pour deux autres indications. La première concerne un bilan d’extension avant traitement. En effet, dans un certain nombre de cas, des ganglions lymphatiques autour de la prostate sont touchés. Le Ga-PSMA pourrait permettre de les détecter. Un protocole de recherche est en cours au CHRU de Brest.
La deuxième indication pourrait s’appliquer aux cancers évolués avec métastases. Dans ce cas, le vecteur PSMA pourrait transporter directement sur le site métastasique un rayonnement ciblé grâce à un marquage avec le lutetium. D’après les premiers essais réalisés en France, les résultats semblent très prometteurs. Pour le Pr Georges Fournier, qui exerce au CHRU de Brest depuis 1982, «c’est un progrès majeur. Pour la première fois, nous allons être en mesure de préciser les contours de la maladie et de proposer aux patients un traitement sur mesure.»

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