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Cancer du pancréas : l’efficacité du Nanoknife à l'étude au CHU de Poitiers

CHU Poitiers - mercredi 07 février 2018. 3243 vu(s)

opération avec le nanoknife

Le nanoknife utilise l’électroporation pour détruire les tumeurs ©CHU de Poitiers

Le CHU de Poitiers lance une étude unique en France pour confirmer les bons résultats du Nanoknife dans le traitement du cancer du Pancréas. En 2012, le CHU de Poitiers s’est doté d’un équipement d’exception* d’un montant de 240 000 euros qui utilise l’électroporation pour cibler et détruire les tumeurs. Le traitement consiste à envoyer un courant de très fort voltage et de courte durée sur les cellules cancéreuses. Son principal atout est de respecter les structures nobles (artères, veines, nerfs…) et de ne pas détruire les tissus environnants, un plus par rapport aux méthodes de destruction des tumeurs par la chaleur ou le froid comme la radiofréquence et la cryoablation. Forte de cette expertise, l’équipe poitevine va approfondir ses bons résultats en conduisant Irecap**, une étude clinique visant à évaluer l’efficacité de ce traitement novateur sur certains types de cancer du pancréas. Depuis son lancement, l’étude a inclus 13 patients.

Cette recherche est conduite sous l’égide des professeurs Jean-Pierre Tasu, Michel Carretier et David Tougeron et le Dr Guillaume Vesselle. Elle permettra de préciser à quelles conditions cette nouvelle voie thérapeutique représente une alternative avantageuse à la chirurgie ou aux méthodes de thermoablation. 

Des critères d’inclusion stricts

Dans le protocole Irecap, les patients inclus viennent de toute la France, Poitiers étant le seul centre en France à disposer d’un Nanoknife dédié au pancréas. Sont éligibles les patients avec des lésions localement avancées, non opérables et non métastatiques. Les contre-indications à respecter sont l’existence de troubles du rythme cardiaque, d’épilepsie, de port de neurostimulateur ou d’un matériel d’électrostimulation et de grossesse notamment.

Une fois le patient inclus dans Irecap, le protocole est le suivant : après une chimiothérapie de trois mois, un bilan d’imagerie complet est réalisé. « Si la maladie est stable et sans progression métastatique, alors la termoporation est effectuée. » L’objectif de cette étude de phase II est d’évaluer le taux de résection complète après électroporation de malades qui étaient non opérables. En effet, à ce jour, le seul traitement de l’adénocarninome du pancréas reste la chirurgie.

Une méthode porteuse d’espoir

« C’est une technique assez difficile à mettre en œuvre, explique le Pr Tasu. Le placement des aiguilles (six au maximum) se fait sous contrôle par scanner. Toutes doivent avoir la même profondeur et la même distance entre elles, le placement se fait au millimètre. Les aiguilles entourent la cible tumorale, définissant la zone de traitement. L’anesthésie doit être très profonde, avec une curarisation complète du patient afin qu’il n’y ait aucune contraction musculaire. La durée totale d’une électroporation, anesthésie incluse, peut atteindre quatre heures. »

Des effets secondaires de l’électroporation sont possibles : douleurs abdominales et dorsales, pancréatite biologique, troubles du transit essentiellement et des complications plus graves ont été observées (pancréatite nécrosante, perforation d’organes digestifs par exemple).

A ce jour, treize patients, d’une moyenne d’âge de 59 ans, ont été inclus dans le protocole d’étude Irecap. Le taux d’échec technique est nul. « Les premiers résultats semblent encourageants. Nous allons peut-être avoir un gain en termes de survie sur une population sélectionnée, même si les résultats définitifs ne sont pas encore connus. Cette méthode, en association avec d’autres en cours d’élaboration comme l’immunothérapie, est porteuse d’espoir », pointe le Pr Tasu.

* Le financement a été possible grâce au soutien de Sport et Collection

https://www.reseau-chu.org/article/cancer-le-sport-automobile-soutient-la-recherche-poitevine-depuis-23-ans/

**Irecap est l’acronyme d’électroporation irréversible dans le traitement de l’adénocarcinome du pancréas localement avancé

D’après un article publié dans la Lettre d’information du CHU de Poitiers N° 293 –  1er février 2018


Catégorie : CHU de Poitiers, High tech, Recherche -Etude, Newsletter 926 - 20/02/2018

Pour plus d’information : CHU de Poitiers


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Mis à jour le :  20-08-2018