Cancer bronchique : une anomalie génétique pour cible thérapeutique

Les patients atteints d’un cancer bronchique et porteurs de l’anomalie génétique mise en évidence par le Pr Julien Mazières, pneumo-oncologue au CHU de Toulouse pourrait recevoir des traitements ciblés spécifiques plus efficaces et moins toxiques que les chimiothérapies. L’anomalie en question est la mutation du gène qui code pour la protéine HER2 (Human Epidermal Growth Factor Receptor-2). Cette protéine est un élément déclencheur d’une cascade de réactions biologiques, notamment la prolifération cellulaire qui peut être à l’origine d’un cancer. Cette découverte a fait l’objet d’une publication en avril 2013 dans le Journal of Clinical Oncology.

Les patients atteints d’un cancer bronchique et porteurs de l’anomalie génétique mise en évidence par le Pr Julien Mazières, pneumo-oncologue au CHU de Toulouse pourrait recevoir des traitements ciblés spécifiques plus efficaces et moins toxiques que les chimiothérapies. L’anomalie en question est la mutation du gène qui code pour la protéine HER2 (Human Epidermal Growth Factor Receptor-2). Cette protéine est un élément déclencheur d’une cascade de réactions biologiques, notamment la prolifération cellulaire qui peut être à l’origine d’un cancer. Cette découverte a fait l’objet d’une publication en avril 2013 dans le Journal of Clinical Oncology.
Pourquoi avoir recherché le gène codant cette protéine ?
80 % des cancers bronchiques sont imputables au tabac ou à d’autres carcinogènes professionnels tels que l’amiante mais 20 % ont encore une origine inconnue. C’est sur cette cause inexpliquée que le Pr Julien Mazières a travaillé à partir du cas d’une de ses patientes de 40 ans, non fumeuse et sans antécédent particulier, mais atteinte d’un cancer bronchique. Il a alors orienté ses investigations vers une recherche d’anomalies génétiques qui s’est avérée fructueuse puisqu’une anomalie génétique HER2 a été retrouvée chez cette jeune femme. Par la suite, une collaboration européenne entre la France, l’Espagne et la Suisse a été  initiée par le Pr Julien Mazières et a permis de confirmer la responsabilité de cette anomalie dans certains cancers bronchiques. Cette enquête multicentrique a bénéficié de l’appui de l’Institut National du Cancer qui finance la recherche de cette protéine.
La mutation du gène de la protéine HER2 : un nouveau marqueur du cancer bronchique
Sur 3 800 patients testés, 65 d’entre-eux (45 femmes et 20 hommes) étaient porteurs de cette anomalie génétique assez rare, représentant 1 à 2 % de tous les cancers du poumon.
Deux observations importantes ont été faites. Ces malades étaient le plus souvent de femmes non fumeuses (32 sur 45) et sur elles, le traitement par molécules inhibant HER2 induit un taux de contrôle de la maladie de 80 %, avait un résultat bien supérieur à celui observé avec des chimiothérapies classiques.
Il a ainsi été confirmé que les patients porteurs de ce type de mutation répondent très bien aux thérapies ciblées qui bloquent cette anomalie. Ces thérapies sont habituellement utilisées dans d’autres cancers tels que les cancers du sein. Cette étude rétrospective suggère qu’il est important et utile de rechercher cette anomalie moléculaire chez les patients porteurs d’un cancer du poumon afin qu’ils puissent bénéficier de traitement ciblés efficaces. Les efforts de l’équipe portent désormais sur l’élaboration d’un essai de recherche clinique prospectif afin d’évaluer de nouveaux traitements sur cette population de patients.
L’identification et le traitement d’anomalies génétiques : une arme d’avenir dans l’arsenal thérapeutique des cancers bronchiques
Le cancer bronchique, le plus meurtrier en France et dans le monde, bénéficie depuis 5 ans de réels progrès qui reposent essentiellement sur l’identification d’anomalies génétiques dans les tumeurs. Développer cette indentification, c’est mettre en œuvre une « médecine personnalisée » en permettant aux patients de disposer de traitements inhibiteurs spécifiques correspondant aux anomalies génétiques dont ils sont porteurs. Ces traitements sont alors plus efficaces que les chimiothérapies classiques. Trois molécules sont actuellement commercialisées dans ce type de cancer et de nouveaux traitements sont en cours d’évaluation.
Il est essentiel de signaler le dynamisme particulier de la France dans ce domaine avec le financement par l’INCa (Institut National du Cancer) de 6 biomarqueurs chez tous les patients porteurs d’un adénocarcinome (type de cancer bronchique le plus fréquent) à un stade avancé, une démarche unique au monde.

Les chiffres du cancer pulmonaire en France
• 30 000 nouveaux cas/an (22 000 hommes, 8 000 femmes)
• 27 000 décès/an
• chiffre stables chez les hommes et en augmentation chez les femmes
• âge moyen : 60 ans
• fumeurs : 80 %
• non-fumeurs : 20 % (en augmentation)

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