Cardio : 1ère implantation d’un Mitraclip à Tours

Une patiente âgée de 85 ans a bénéficié de la première réparation de la valve mitrale par voie percutanée au CHU de Tours, le 20 février 2015. L’intervention assurée par l’équipe de cardiologie* sous la direction du Dr Laurent Quilliet a duré 3 h. Ce fut un succès. Aujourd’hui, la santé de la patiente est jugée excellente et elle a pu regagner son domicile au bout de 24h des soins intensifs et de 3 jours d'hospitalisation traditionnelle.

Une patiente âgée de 85 ans a bénéficié de la première réparation de la valve mitrale par voie percutanée au CHU de Tours, le 20 février 2015. L’intervention assurée par l’équipe de cardiologie* sous la direction du Dr Laurent Quilliet a duré 3 h. Ce fut un succès. Aujourd’hui, la santé de la patiente est jugée excellente et elle a pu regagner son domicile au bout de 24h des soins intensifs et de 3 jours d’hospitalisation traditionnelle.

Pour le CHU de Tours cette intervention marque un tournant pour le service de cardiologie, désormais en mesure de réaliser une opération très délicate, jusqu’ici pratiquée dans quelques unités les plus spécialisées en France.
Les malades cardiaques les plus vulnérables ou souffrant de pathologie de la Région Centre sont désormais assurés de trouver une technique de haut niveau au plus près de chez eux.

Qu’est-ce que l’insuffisance mitrale ? La valve mitrale est l’une des 4 valves du cœur : elle contrôle le passage du flux sanguin de l’oreillette gauche vers le ventricule gauche. Cette valve est composée de 2 feuillets fins ressemblant à des voiles tendues par des cordes. La valve mitrale s’ouvre et se ferme alternativement sous l’effet des variations de pression comme une vanne. Lorsque la valve mitrale se ferme mal, le sang reflue du ventricule vers l’oreillette : ce reflux est appelé « insuffisance mitrale ». L’insuffisance mitrale peut être asymptomatique au début puis s’aggraver au point de provoquer un essoufflement important, une fatigue, une toux, des palpitations. La prévalence de l’insuffisance mitrale est inférieure à 5 % dans la population générale adulte mais elle passe à 15 – 20 % dans la population souffrant d’insuffisance cardiaque.

Comment traiter l’insuffisance mitrale ?  Le traitement de l’insuffisance mitrale dépend de la sévérité du reflux. – Dans un premier temps des médicaments sont prescrits pour limiter la gêne occasionnée par les symptômes. Ces médicaments sont seulement palliatifs.  – Dans certains cas, un traitement chirurgical est indiqué pour réparer ou remplacer la valve mitrale par une prothèse. Ces opérations se font toujours à cœur ouvert. – Lorsque le patient est trop fragile pour supporter une chirurgie et que l’anatomie de la valve le permet, il est possible d’implanter un clip sur la valve mitrale pour limiter la fuite : c’est le Mitraclip.

Comment se déroule l’implantation d’un Mitraclip ? C’est une technique mini-invasive sans chirurgie réalisée sous anesthésie générale dans une salle hybride de radiologie. Le cardiologue interventionnel réalise une simple ponction au niveau de la veine fémorale pour amener une gaine dans l’oreillette droite puis dans l’oreillette gauche. Le clip, introduit dans la gaine, est mobilisé par un bras externe manipulé par le cardiologue interventionnel. La fixation du clip sur la valve mitrale est guidée par l’échographie tri-dimensionnelle. Une étroite collaboration entre le médecin échographiste et le cardiologue interventionnel est donc nécessaire, ce dernier devant faire totalement confiance à la qualité de l’échographie cardiaque pour fixer et larguer le clip.
 
*les Drs Christophe Saint Etienne, Laurent Quilliet, Claudia Loardi, Sylvie Axelroud

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