Cardio. Remplacement des valves aortiques : 35% de patients sauvés en plus grâce à une technique innovante sans chirurgie

Alternative au traitement médicamenteux, le remplacement valvulaire percutané améliore considérablement le pronostic jusqu'alors réservé. « 85% des personnes ayant bénéficié de cette procédure sont en vie un an après l'intervention contre la moitié seulement des malades ayant pris des remèdes* ! » s'enthousiasme le Dr Gilles Rioufol, chef du service cardiologie interventionnelle qui pratique cette intervention depuis fin 2008.

Alternative au traitement médicamenteux, le remplacement valvulaire percutané améliore considérablement le pronostic jusqu’alors réservé. « 85% des personnes ayant bénéficié de cette procédure sont en vie un an après l’intervention contre la moitié seulement des malades ayant pris des remèdes* ! » s’enthousiasme le Dr Gilles Rioufol, chef du service cardiologie interventionnelle qui pratique cette intervention depuis fin 2008.

Le 100ème remplacement de valve aortique (valve cardiaque) sans ouverture chirurgicale vient d’être réalisé dans le service de cardiologie interventionnelle de l’hôpital Louis Pradel (CHU de Lyon). Cette technique novatrice consiste à implanter une prothèse biologique pour remplacer la valve cardiaque défaillante, au moyen d’une sonde introduite par l’artère fémorale (voie percutanée).
La procédure est réalisée sans anesthésie générale et ne nécessite pas de sternotomie (section chirurgicale du thorax) ni de circulation extra corporelle. Elle s’adresse aux patients souffrant d’un rétrécissement valvulaire dégénératif, âgés à très âgés et pour lesquels une chirurgie classique serait trop risquée.

Auparavant, le traitement médicamenteux était la seule option pour les patients à très haut risque chirurgical », ajoute le Dr Rioufol. « Avec le remplacement valvulaire percutané, nous disposons désoraais d’une alternative, avec un bénéfice considérable pour nos patients. » D’abord évaluée dans le cadre d’un protocole de recherche** à l’hôpital Louis Pradel, la technique est devenue le traitement de référence pour les patients âgés à très haut risque chirurgical. L’intervention est prise en charge par l’Assurance maladie depuis 2010.

Plusieurs procédures sont réalisées chaque mois par l’équipe médico-chirurgicale de l’hôpital cardiologique, à laquelle viennent se joindre les cardiologues interventionnels de l’hôpital de la Croix-Rousse, pour traiter leurs patients à Louis Pradel. C’est également le cas d’une équipe du Centre Hospitalier Saint Joseph – Saint Luc, dans le cadre d’une convention signée avec le CHU de Lyon

Le rétrécissement valvulaire aortique dégénératif est une pathologie extrêmement sévère dès que des symptômes apparaissent.
C’est la première cause de maladie valvulaire cardiaque chez le sujet âgé. Elle augmente de manière exponentielle après 75 ans. On estime sa prévalence à 2,5 % à 75-76 ans et 8,1 % à 85-86 ans.

Nouveau projet : un clip pour éviter les fuites
L’équipe multidisciplinaire de Louis Pradel évalue actuellement une technique prometteuse et très novatrice de réparation de certaines fuites de la valve mitrale, une autre pathologie valvulaire qui provoque de nombreux décès ou hospitalisations répétées chez les patients en insuffisance cardiaque avancée. La technique consiste à introduire un clip – sorte d’agrafe ? par un cathéter dans la veine fémorale afin de solidariser les 2 parties de la valve au niveau de la fuite pour ainsi la corriger.
Fin 2010, seuls 5 patients ont subi cette intervention en France. 3 d’entre eux en ont bénéficié au CHU de Lyon.

L’hôpital cardiologique est Centre référent et formateur pour l’Europe francophone : il est le seul centre habilité à former d’autres équipes au remplacement valvulaire aortique percutané pour les valves Corevalve.

* Etude publiée dans le New England Journal of Medicine en septembre 2010
** STIC : Soutien aux Techniques Innovantes et Coûteuses

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