Chirurgie cardiaque pédiatrique : la technique Ozaki pratiquée à Tours, une 1ère

A l’affût des nouvelles techniques de chirurgie cardiaque pédiatrisue développées partout dans le monde, l’équipe des Docteurs Neville et El Arid surveille leurs évaluations et quand elles font leurs preuves, elle se forme pour en faire bénéficier les enfants. C'est ainsi qu'elles ont repéré la technique japonaise Ozaki , du nom du nom de son concepteur. Il s'agit d'une reconstruction de la valve aortiquintégrale avec du tissu autologue. Le Dr El Arid s'est rendu auprès du Pr Ozaki pour se former. Suite à cet enseignement, l'équipe a proposé à une famille cette technique innovante, moins agressive. Les parents ont immédiatement accepté l'offre et la première procédure pédiatrique dite d'Ozaki en France a eu lieu en décembre 2018

A l’affût des nouvelles techniques de chirurgie cardiaque pédiatrisue développées partout dans le monde, l’équipe des Docteurs Neville et El Arid surveille leurs évaluations et quand elles font leurs preuves, elle se forme pour en faire bénéficier les enfants. C’est ainsi qu’elles ont repéré la technique japonaise Ozaki, du nom de son concepteur. Il s’agit d’une reconstruction de la valve aortiquintégrale avec du tissu autologue. Le Dr El Arid s’est rendu auprès du Pr Ozaki pour se former. Suite à cet enseignement, l’équipe a proposé à une famille cette technique innovante, moins agressive. Les parents ont immédiatement accepté l’offre et la première procédure pédiatrique dite d’Ozaki en France a eu lieu en décembre 2018.
Les malformations congénitales de la valve aortique altèrent progressivement le cœur des enfants qui s’essoufflent plus vite que les autres. Leur qualité de vie, leur espérance de vie sont menacées. "Permettre aux petits opérés d’acquérir ou de recouvrer un confort de vie" telle est la mission que se donnent les chirurgiens cardiaques pédiatriques du CHU de Tours. Ces spécialistes envisagent le soin au-delà du geste chirurgical. Ils ont le souci d’aider le jeune enfant opéré à retrouver une existence la plus normale possible et recherchent toujours la meilleure alternative pour leur patient.

La technique Ozaki, un plus par rapport aux approches traditionnelles

L’alternative Ozaki fait désormais partie d’un éventail complet de chirurgies réparatrices et conservatrices de la valve aortique, ne nécessitant pas la prise d’anticoagulant ou l’utilisation d’implants (plastie, Ross, Tirone David). En effet, l’approche traditionnelle qui combine implants mécaniques et anticoagulant présente d’importantes limites, à savoir, le risque de réduire l’espérance de vie des sujets jeunes à 20 ans et de provoquer des accidents hémorragiques et thrombotiques.
L’équipe a dans premier temps introduit une nouvelle technique de Ross, seule technique qui permette au patient jeune une espérance de vie similaire à la population générale (remplacement de la valve aortique par sa valve pulmonaire et remplacement de la valve pulmonaire par une homogreffe). Mais cette solution implique une reprise chirurgicale pour traiter la dégradation de l’homogreffe au cours de la vie.
La technique japonaise du chirurgien de Tokyo, le Pr Ozaki s’est ensuite imposée. Cette nouvelle technique préserve en théorie les bénéfices du Ross sans ses inconvénients. Fruit d’un travail intense sur plus de 30 ans, cette procédure permet aux patients japonais de bénéficier, depuis maintenant 8 ans de solutions extrêmement efficaces, sans prothèse, sans matériel hétérologue, sans anticoagulant.
Pour l’enfant, le bénéfice est d’importance puisqu’il peut reprendre une vie strictement normale sans médicament et sans implant. Ces stratégies permettent d’accompagner la croissance de l’enfant et assurent à l’adulte une sécurité sans anticoagulant et sans implant au long cours.
Des indications prometteuses
Pour l’équipe de chirurgie cardiaque pédiatrique, cette technique peut convenir à tous les patients de zéro à 45 ans susceptibles de bénéficier soit d’un Ross soit d’un remplacement valvulaire mécanique. Elle sera donc désormais proposée aux patients du CHU relevant de cette indication.
D’ores et déjà, l’équipe imagine prendre en charge une quinzaine de patients par an mais ce sera probablement davantage au vu des résultats toujours plus nombreux attestant de la durabilité de ce type de reconstruction

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