Chirurgie des reins tumoraux chez l’enfant et intelligence artificielle distribuée

Dans le cadre du programme Interreg France-Suisse 2014 – 2020, le CHU de Besançon s’associe à l’institut FEMTO-ST*, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), l’Université de Bourgogne Franche-Comté (UBFC), ainsi qu’aux sociétés IDO-In et CFI, pour un projet européen visant à améliorer, par méthode informatique, l’analyse de l’imagerie médicale dans le traitement des tumeurs rénales chez l’enfant.

Dans le cadre du programme Interreg France-Suisse 2014 – 2020, le CHU de Besançon s’associe à l’institut FEMTO-ST*, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), l’Université de Bourgogne Franche-Comté (UBFC), ainsi qu’aux sociétés IDO-In et CFI, pour un projet européen visant à améliorer, par méthode informatique, l’analyse de l’imagerie médicale dans le traitement des tumeurs rénales chez l’enfant.
Le néphroblastome, ou tumeur de Wilms, est une tumeur maligne du rein. Il s’agit d’une des tumeurs abdominales les plus fréquentes chez l’enfant. Elle représente entre 5 et 14 % des tumeurs malignes pédiatriques et survient dans la majorité des cas chez des enfants âgés de 1 à 6 ans.
Cette tumeur, plutôt de bon pronostic, est traitée par chimiothérapie et chirurgie. Dans la plupart des cas, la SIOP (Société Internationale d ‘Oncologie Pédiatrique) recommande la réalisation d ‘une néphrectomie totale élargie, enlevant ainsi la totalité du rein ainsi que la tumeur. Cependant, certains patients peuvent bénéficier d’une chirurgie conservatrice, permettant ainsi de réséquer la tumeur tout en conservant le parenchyme rénal sain. 

La planification pré-opératoire de l’acte chirurgical

Cette étape essentielle permet notamment de mesurer l’étendue de la tumeur, de préciser sa localisation ainsi que ses rapports avec les structures anatomiques voisines. L’analyse pré-opératoire des images scanographiques du patient permet donc de confirmer la faisabilité de l’intervention et de la préparer au mieux en anticipant les potentielles complications opératoires.
Pour une préparation optimale, l’idéal serait, pour le chirurgien, de pouvoir disposer d’un modèle 3D, réplique exacte du rein tumoral de son patient. Cela impliquerait de « compiler » environ 250 images scanner, et de délimiter, dans chaque image, les différentes structures anatomiques. Cette étape dite de segmentation n’est actuellement pas réalisée en routine car trop chronophage et parfois difficile à réaliser avec les outils d ‘imagerie standards.  
L’ambition de ce projet, porté au CHU par les services de chirurgie pédiatrique et de radiologie pédiatrique, est de créer une méthode de segmentation informatique automatique des images scanner basée sur des outils de l’Intelligence Artificielle Distribuée. Cet outil informatique permettra aux chirurgiens de définir avec la plus grande précision possible les contours d’une tumeur rénale chez l’enfant. Il permettra également de définir le traitement chirurgical le plus adapté.  
A terme, cet outil qui est développé à partir du diagnostic de néphroblastome, pourrait également être utilisé pour d’autres pathologies nécessitant une automatisation de la segmentation d’images
Ce projet est soutenu par le programme européen de coopération transfrontalière Interreg France-Suisse 2014 – 2020. Le budget global du projet est de 1,3M €: 860 000 € pour la partie française (dont 520 000 € financés par le Fonds européen de développement régional – FEDER) et 440 000 € pour la partie suisse (dont 111 000 € financés par Interreg Suisse et 111000 par le Canton de Neuchâtel).
*FEMTO-ST : Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique – Sciences et Technologies, UMR 6174 Université de Franche-Comté.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.