Cholestérol et génome : le programme CHOPIN joue une partition ambitieuse

Le projet CHOPIN (CHOlesterol Personalized INnovation), lancé le 13 octobre 2016, mise sur la recherche collaborative pour identifier les facteurs de risques héréditaires de l'hypercholestérolémie.
Le projet CHOPIN (CHOlesterol Personalized INnovation), lancé le 13 octobre 2016, mise sur la recherche collaborative pour identifier les facteurs de risques héréditaires de l’hypercholestérolémie.
Aujourd’hui, 1 personne sur 300 en France souffre d’un excès de cholestérol d’origine héréditaire. 80% des patients à haut risque cardiovasculaire, traités par des statines, ne parviennent pas à réduire significativement leur taux de LDL cholestérol (le "mauvais cholestérol"). A leurs côtés, un consortium de scientifiques et de cliniciens, piloté par le Pr Bertrand Cariou directeur du Département Hospitalo-Universitaire nantais (DHU 2020) et de l’Institut du thorax (CHU de Nantes, Inserm, Université de Nantes, CNRS) est sur la piste de nouvelles solutions. Ce groupe travaille actuellement à l’identification des facteurs de risque de développement de l’hypercholestérolémie. Et depuis le 13 octobre 2016, il a lancé  le programme de recherche CHOPIN (CHOlesterol Personalized INnovation) pour découvrir les traitements innovants qui réduiront les événements cardiovasculaires chez les patients les plus exposés.
Identifier de nouveaux marqueurs du risque cardiovasculaire
Ce projet porte sur l’identification de nouveaux marqueurs du risque cardiovasculaire et de nouvelles cibles du métabolisme du LDL-cholestérol. CHOPIN devrait également permettre d’identifier les patients les plus à risque de développer ces pathologies et de leur proposer les meilleures stratégies thérapeutiques pour l’amélioration de leur pronostic et de leur qualité de vie. 
Cette recherche s’appuiera sur la constitution de cohortes de patients ayant génétiquement des taux extrêmes de LDL-cholestérol (très haut ou inversement très bas) pour identifier de nouveaux gènes du métabolisme du cholestérol grâce à des outils de séquençage du génome de dernière génération. Les cibles thérapeutiques seront validées via l’utilisation d’un modèle cellulaire innovant : les hépatocytes humains obtenus à partir de cellules souches pluripotentes induites (cellules iPS). Le développement de nouveaux médicaments sera effectué sur une plateforme experte dédiée en collaboration avec SANOFI (Open Access Platform, Strasbourg). 
Un projet labellisé RHU
Ce projet collaboratif national s’est appuyé sur l’historique du réseau français des hypercholestérolémies familiales et sur la Nouvelle société française d’athérosclérose (NSFA) pour fédérer un consortium de 9 partenaires académiques et 6 partenaires industriels. 
Ensemble, les 15 partenaires ont su convaincre les décideurs du Commissariat général à l’Investissement de la pertinence de leur projet tant sur des critères de qualité scientifique, d’innovation, que de retombées médicales et socio-économiques. 
Le programme de recherche CHOPIN représente aujourd’hui le seul projet labellisé RHU (Recherche hospitalo-universitaire en santé) du Grand Ouest, parmi les 10 projets retenus cette année.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.