Cirrhose : un marqueur prédit la mortalité et devient une cible thérapeutique

Un essai promu par l’AP-HP a mis à jour un marqueur reflétant la sévérité de la maladie du foie chez les patients atteints de cirrhose. Cette étude qui a porté sur de 242 malades traités à Paris et à Barcelone (Espagne) établit un lien entre le taux de microvésicules en provenance du foie circulant dans le sang et la prédiction de la mortalité des malades, à 6 mois. Cette découverte d’un outil fiable pour affiner le pronostic, permettrait de mieux choisir les traitements et notamment d’opter pour des stratégies visant à baisser les taux de ces microvésicules dans le sang. Ces résultats ont été publiés dans la revue Hepatology*.

Un essai promu par l’AP-HP a mis à jour un marqueur reflétant la sévérité de la maladie du foie chez les patients  atteints de cirrhose. Cette étude qui a porté sur de 242 malades traités à Paris et à Barcelone (Espagne) établit un lien entre le taux de microvésicules en provenance du foie circulant dans le sang et la prédiction de la mortalité des malades, à 6 mois. Cette découverte d’un outil fiable pour affiner le pronostic, permettrait de mieux choisir les traitements et notamment d’opter pour des stratégies visant à baisser les taux de ces microvésicules dans le sang. Ces résultats ont été publiés dans la revue Hepatology*.

Coordonnée par le Pr Pierre-Emmanuel Rautou et le Dr Audrey Payancé du service d’hépatologie de l’hôpital Beaujon, AP-HP, l’étude associe l’Inserm et l’Université Paris Diderot.
La cirrhose constitue le stade avancé des maladies du foie. On estime que cette maladie touche 200 000 à 500 000 individus en France et qu’elle est responsable de 170 000 décès par an en Europe. 
En 2012, un travail collaboratif  entre une équipe Inserm et le service d’hépatologie de l’hôpital Beaujon, AP-HP, avait montré que les microvésicules circulant dans le sang des malades atteints de cirrhose contribuaient aux complications vasculaires associées à cette maladie (Rautou, Gastroenterology 2012). Les microvésicules sont des vésicules extracellulaires détectables dans le plasma des individus sains comme dans celui des malades. Une corrélation entre le taux de microvésicules d’origine hépatocytaire chez les malades atteints de cirrhose et la sévérité de la maladie hépatique avait été établie.
A partir de cette observation, une étude prospective financée par l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) a été conduite auprès de 242 malades atteints de cirrhose : 139 pris en charge à l’hôpital Beaujon, Clichy, AP-HP et 103 à Barcelone, Espagne. 
L’essai mis en place visait à déterminer si le taux de microvésicules dans le sang  permettait de prédire l’évolution des malades.  L’équipe a mesuré et analysé le taux de microvésicules (annexine V, plaquettes, leucocytes, endothéliales et hépatocellulaires) dans le plasma de ces malades. Les résultats, démontrent que la mesure des taux de microvésicules d’origine hépatocytaire améliore fortement la prédiction de la mortalité à 6 mois des malades atteints de cirrhose. Ces biomarqueurs pourraient constituer un outil fiable pour affiner le pronostic des malades atteints de cirrhose afin de mieux prédire leur évolution et de précisément sélectionner les traitements les plus adaptés à chaque individu.
Les résultats suggèrent aussi que des stratégies visant à baisser les taux de microvésicules dans le sang des malades souffrant de cirrhose sévère pourraient être bénéfiques pour les patients.
Suite à ce travail, l’équipe a obtenu un financement du ministère de la santé (Programmes Hospitaliers de Recherche Clinique, PHRC « PROMICE ») d’un montant de 400 000 euros pour poursuivre ses recherches et permettre d’avancer dans la mise en pratique de ce nouveau test. 
Source: Hepatocyte micro vesicule levels improve prediction of mortality in patients with cirrhosis

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

CHU de Clermont-Ferrand : une pré-plainte pour dire stop aux violences conjugales

L’an dernier, un dispositif de pré-plainte simplifiée a été mis en place aux urgences de Gabriel Montpied, afin de venir en aide aux victimes de violences conjugales. Un an après, les soignants impliqués continuent d’en affiner le contenu pour plus d’efficacité. A travers ce long format, Réseau CHU revient sur la genèse de cette PPS à l’hôpital et, à travers elle, sur l’ampleur d’un phénomène de société qui touche essentiellement les femmes.

Maternité écologique : « il y avait une volonté des soignants de changer les pratiques »

Le 18 décembre 2021, la maternité du CHU de Clermont-Ferrand est devenue la première maternité de type III écoresponsable de France. Depuis, plusieurs actions et protocoles dans la prise en charge de la mère et du nourrisson ont été mis en place par ses équipes. De quels sujets parle-t-on et qu’ont-ils d’écoresponsable ? La réponse avec Emilie Blanchet, sage-femme coordinatrice du projet.