Comment les Biomédicaments influencent-ils la relation patients-soignants ?

Parce que le progrès médical n'est pas seulement une question de découverte scientifique mais aussi une histoire d'acceptabilité par la société, de relations humaines et d'engagement du patient, Tours et la Région Centre-Val de Loire entendent privilégier une approche ouverte et originale de l’innovation. Pour soutenir une vision démocratique des avancées thérapeutiques, l’Hôtel de ville accueillera le colloque « nouveaux médicaments et relations patients-soignants ». Cette seconde Conférence de l'axe Sciences Humaines et Sociales du programme régional ARD2020 – Biomédicaments se tiendra mardi 29 novembre 2016.
Parce que le progrès médical n’est pas seulement une question de découverte scientifique mais aussi une histoire d’acceptabilité par la société, de relations humaines et d’engagement du patient, Tours et la Région Centre-Val de Loire entendent privilégier une approche ouverte et originale de l’innovation.  Pour soutenir une vision démocratique des avancées thérapeutiques, l’Hôtel de ville accueillera le colloque « nouveaux médicaments et relations patients-soignants ». Cette seconde Conférence de l’axe Sciences Humaines et Sociales du programme régional ARD2020Biomédicaments se tiendra mardi 29 novembre 2016.  
Mais qu’appelle-t-on Biomédicaments ?
Produits à partir de cellules vivantes (biosynthèse), les biomédicaments se caractérisent par leur composition complexe. De ce fait, leur fabrication requiert de lourds investissements dans des unités de production high tech ce qui explique leur coût très élevé. Dernièrement, ces prix ont créé la polémique. Des pétitions réclament une baisse des tarifs pour que l’innovation ne mette pas en péril le modèle de financement de la sécurité sociale. La question de leur sécurité soulève aussi des controverses. Le public s’inquiète par exemple de la présence d’aluminium dans les vaccins (premiers biomédicaments) et s’interroge sur l’efficacité des biosimilaires (copies des biomédicaments dont le brevet a expiré). Enfin, les biomédicaments n’échappent pas à la révolution de la m-santé et de la e-santé. Ainsi, de nouvelles applis aident la personne diabétique à calculer les glucides contenus dans chacun de ses repas et à estimer la dose d’insuline rapide à s’injecter. Les patients gagnent du temps, de la précision, avec à la clé un plus grand confort de vie. Les objets connectés deviennent leurs nouveaux assistants-facilitateurs  – ce qui amène les équipes à redéfinir leur rôle aux côtés de ces malades très indépendants et impliqués.
Nouvelle génération de traitement, Nouvelle génération de patients 
Le patient 2016 n’est plus le même qu’en 2002*. Affecté par les crises sanitaires, attaché au principe d’égalité d’accès aux soins, inscrit dans un réseau de relations, souvent surinformé et de plus en plus hyperconnecté, le patient d’aujourd’hui aspire à plus d’autonomie. Il revendique des relations plus équilibrées et réclame davantage de transparence et de participation. Quant aux équipes soignantes, nombreuses sont celles qui conçoivent la relation de soin de manière participative et motivante, comme un temps de collaboration construit sur la durée plutôt que comme une simple consultation. 
Quelle nouvelle alliance les patients et les soignants vont-ils construire autour du traitement ? Quels services supports viendront soutenir leurs échanges ? Comment l’e-santé va-t-elle favoriser ces nouvelles pratiques ? Patients et soignants sauront-ils développer une démarche d’empowerment mutuel ? Quelle sera la place des associations de malades ? Telles sont les questions qui seront abordées lors de la table ronde où se retrouveront patients et professionnels de santé. Les échanges seront précédés de témoignages filmés.
Au cours de la soirée le public pourra également visiter une exposition dédiée à l’histoire des médicaments en région Centre-Val de Loire et se familiariser avec les études conduites par les équipes de l’Université de Tours.

Focus sur les travaux des chercheurs en sciences de gestion et en économie de la santé  

Pour favoriser le développement du secteur des biomédicaments, les chercheurs des Sciences en Sciences Humaines et Sociales de l’Université de Tours apportent une lecture grand angle de cette innovation en passe de bouleverser les soins et de booster l’économie d’un région.
Sous l’angle Marketing        
Plusieurs études ont été réalisées pour mieux cerner la notion d’acceptabilité appliquée notamment aux vaccins. D’autres recherches s’intéressent à l’empowerment du patient, à son processus d’émancipation, de co-création de solution, d’engagement dans la recherche et dans la gouvernance du système de santé. Les équipes travaillent aussi sur les résistances au traitement ou encore sur les déterminants de l’adoption d’un type de soin.
Coordinateur : Véronique des Garets
Chercheurs : Patricia Coutelle, Marie-Georges Fayn, Laurent Maubisson, Margaux Nistar, Véronique Pichon, Hélène Saurel, Arnaud Rivière.
Sous l’angle des Ressources humaines 
Les études portent sur les organisations et les acteurs du biomédicament en Région Centre-Val de Loire.  L’accent est mis sur la nécessaire coordination entre les directions des ressources humaines et les projets R&D afin déterminer les nouvelles compétences requises et les formations correspondantes. L’enjeu : doter le territoire d’un avantage concurrentiel en matière de spécialisation professionnelle dans le biomédicament. D’autres recherches s’intéressent à la notion de santé et de qualité de vie au travail pour le personnel soignant qui manipule ces biomédicaments.
Coordinateur : Annabelle Hulin 
Chercheurs : Juliette Evon, Adama Ndiaye, Adeline Gilson.
Sous l’angle Economique : macro et médico-économique 
Progrès thérapeutiques incontestables, les biomédicaments ont démontré leur gain en efficacité et en bien-être. Mais dans un contexte de financement contraint, les innovations thérapeutiques doivent être mises en balance avec le surcoût qu’elles génèrent. Se pose alors la question de la soutenabilité budgétaire des traitements par biomédicament. Les études s’articulent autour de trois mots-clés : coût, qualité de vie, acceptabilité budgétaire
Autre angle de réflexion, la question de la pérennité de l’installation des entreprises du secteur pharmaceutique en France, 1er producteur de médicaments d’Europe et 3ème exportateur sur le marché international. Or, le secteur pharmaceutique français évolue dans un environnement soumis aux mutations, notamment dans les régions spécialisées où de nombreux emplois sont en jeu. Trois études tourangelles portent sur le degré de spécialisation des régions, leur attractivité et les choix de localisation des entreprises du secteur pharmaceutique.
Coordinateurs : Daniel Mirza, Emmanuel Rusch 
Chercheurs : Fanny Monmousseau, Abdessamad Moulay Elrhazi
La Conférence est organisée par l’université de Tours en collaboration avec le CHRU de Tours, à l’Hôtel de ville de Tours le mardi 29 novembre 2016, à partir de 19h00.
Entrée libre – Inscription et informations : http://biomedicamentshs.univ-tours.fr/evenements/
Contact : biomedicaments@univ-tours.fr
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En savoir plus sur 
Les biomédicaments. Ils peuvent être classés en 3 catégories principales : 
– Les protéines de substitution qui permettent de combler un déficit du corps humain. C’est le cas de l’anémie, de l’hémophilie, du nanisme, du diabète.
– Les vaccins qui sont une substance issue d’un microbe et injectée au patient pour l’immuniser contre le microbe correspondant.
– Les anticorps thérapeutiques. De la même façon que le corps humain produit ses propres anticorps, les anticorps thérapeutiques sont conçus grâce à l’ingénierie moléculaire. Ils permettent de lutter contre des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, la maladie de Crohn, le cancer… 
Les biomédicaments représentent une part croissante de l’arsenal thérapeutique disponible. Grâce au génie génétique, ils ouvrent le champ des possibles en répondant à des besoins médicaux mal satisfaits, voire non satisfaits jusqu’alors. A titre d’exemple, les anticorps monoclonaux permettent de traiter de nombreuses maladies inflammatoires et auto-immunes (rhumatismes inflammatoires, maladies inflammatoires de l’intestin, sclérose en plaques, asthme, etc.), de nombreux cancers, des maladies dégénératives, et même des maladies génétiques.
*Les droits des patients, accentués et unifiés par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé
Ces droits confirment l’égal accès de chaque personne aux soins nécessités par son état, droit à la continuité des soins et à la meilleure sécurité sanitaire possible, droit au respect de la dignité de la personne malade, absence de discrimination dans l’accès à la prévention et aux soins, droit au respect de la vie privée et au secret des informations, droit de de bénéficier des thérapeutiques dont l’efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire au regard des connaissances médicales avérées, droit de recevoir des soins visant à soulager la douleur, droit au libre choix de son praticien et de son établissement de santé, droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement, droit d’être informé sur son état de santé, sur les risques fréquents ou graves, des traitements proposés et des alternatives, des frais à engager, droit au consentement libre et éclairé de tout acte médical et traitement, droit de désigner une personne de confiance, droit à l’indemnisation
Marie-Georges Fayn

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