Covid long : le CHRU de Nancy ouvre un centre dédié

Le centre a ouvert au début du mois sur le site des hôpitaux de Bradois. Crédit Photo : Jonathan Udot
Pour éviter l’errance thérapeutique aux personnes touchées, le CHRU de Nancy a ouvert au début du mois d’octobre un centre d’accompagnement et de prise en charge du Covid long.

On l’appelle affection post-Covid-19 mais tout le monde le connaît sous le nom de Covid long. Les personnes qui en sont atteintes ont en commun des symptômes ou signes cliniques persistants trois mois après avoir été infectés par le SARS-COV-2 (maux de tête, épuisement, troubles neurologiques, essoufflement etc.). Et selon une enquête de Santé Publique France, 2 millions de Français majeurs étaient concernés en avril dernier. Soit 30% des personnes ayant eu la Covid. Un phénomène préoccupant devant lequel le CHRU de Nancy n’est pas resté les bras croisés. 

Pour éviter une errance thérapeutique à ceux qui gardent des symptômes à long terme, il a ouvert le 3 octobre CAPCov, un centre dédié au Covid long, sur le site des hôpitaux de Bradois. Cette ouverture est le résultat d’une collaboration entre l’équipe médicale du centre, les médecins, les intervenants des plateformes territoriales d’accueil (PTA), mais aussi les services de soins de suite et de réadaptation et les services de rééducation extérieurs. 

Une prise en charge personnalisée 

La première consultation dans ce centre permet de dresser un état de la situation d’un patient potentiellement concerné, en prenant en compte les principaux symptômes et plaintes. Des examens complémentaires peuvent ensuite être proposés, ainsi que des traitements médicamenteux ou fonctionnels – comme la rééducation personnalisée (ventilatoire, olfactive, cognitive, reprise progressive à l’effort). Le patient est ainsi suivi tous les six mois afin d’évoluer son évolution clinique et d’adapter les traitements en fonction des besoins. 

Selon une étude récente, les patients ayant été hospitalisées font partie des plus touchées. Crédit Photo : Jonathan Udot

La dimension psychologique est par ailleurs essentielle dans le cadre de cette affection qui implique une récupération longue. Une psychologue, rattachée au centre, propose une première consultation qui, sur demande du patient, peut être renouvelée. 

Un adressage préalable par un médecin traitant

Pour être prise en charge, les patients doivent être adressés par un médecin traitant. Ce dernier aura pu constater des symptômes persistants de la Covid depuis au moins trois mois – fièvre, asthénie, douleurs musculaire (ou myalgies), gêne respiratoire (ou dyspnée) accompagnée d’un essoufflement et de toux, troubles du transit, odynophagie (gêne à la déglutition). Une infection à la Covid confirmée par un test antigénique, un test RT-PCR, une sérologie, la présence de symptômes initiaux de l’infection à la Covid-19, prolongées et non expliqué par une autre maladie, de même que des symptômes invalidants dans sa vie quotidienne et/ou professionnelle peuvent être des critères amenant à cet adressage. 

La rédaction avec le CHRU de Nancy

Quelques chiffres 

2 millions de Français majeurs concernés (enquête de Santé Publique France)

Soit 30% des personnes ayant eu la Covid

Les femmes, actifs et sujets ayant été hospitalisés sont les plus touchés 

Au moins 17 millions d’européens touchés selon l’OMS 

Contact du CAPCov (CHRU de Nancy)

centre.covid.long@chru-nancy.fr | 03 83 15 30 23

Ouverture du secrétariat : 8h à 16h, du lundi au vendredi

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.

Sur la voie durable

La semaine européenne du développement durable, qui s’est étendue du 19 septembre au 8 octobre, a été l’occasion pour le secteur de la santé de communiquer sur les enjeux de transition énergétique et écologique dans les établissements. Les CHU n’ont pas raté l’occasion de s’afficher en acteurs vertueux, et ce au travers d’un dossier qui rassemble des initiatives de développement durable dans vingt-huit d’entre eux. A travers sa série vidéo La voie durable, composée de sept épisodes, Réseau CHU revient sur ces actions dont la promotion commune est peut-être le signe d’une volonté d’engagement plus forte et systémique.