Décembre 2013, mois de l’exploit avec la 1ère implantation au monde du cœur artificiel autonome Carmat

Le 18 décembre 2013, l’aventure du cœur artificiel mis au point par le Pr Carpentier connaissait le plus heureux des couronnements et le plus beau des lancements avec le succès de la première implantation à l’hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP) sur un patient âgé de 75 ans souffrant d’une très grave insuffisance cardiaque. Une prouesse réalisée par le professeur Christian Latrémouille, chirurgien cardiovasculaire et le professeur Daniel Duveau (CHU de Nantes).

Le 18 décembre 2013, l’aventure du cœur artificiel mis au point par le Pr Carpentier connaissait le plus heureux des couronnements et le plus beau des lancements avec le succès de la première implantation à l’hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP) sur un patient âgé de 75 ans souffrant d’une très grave insuffisance cardiaque. Une prouesse réalisée par le professeur Christian Latrémouille, chirurgien cardiovasculaire et le professeur Daniel Duveau (CHU de Nantes). « Le patient se porte très bien » s’est réjoui le professeur Jean-Noël Fabiani, chef du service de chirurgie cardiovasculaire de l’HEGP dans une dépêche de l’AFP du 21 décembre.

Il aura fallu 25 années de travaux acharnés au Pr Carpentier pour que son brevet de bioprothèse cardiaque avec ventricules, 100 % implantable et 100% française se transforme en 1ère mondiale.  Entre temps  il y eut la création de la société Carmat en 2008, Carmat étant la contraction de Carpentier et de Matra (présidée par Jean-Luc Lagardère), les premiers prototypes de 1 900g, puis de 1 200g et enfin de 900g, les précieuses contributions des ingénieurs détachés de l’aéronautique et plus de 100 millions d’euros d’investissement, la mise au point d’un nouveau matériau plastique qui ne se fissure pas. Et le miracle s’est produit à quelques jours de Noël, une solution à la pénurie de greffons cardiaques et une lueur d’espoir  pour des milliers de patients en Europe et aux Etats-Unis.  Car le cœur Carmat sera industrialisé et commercialisé à une tarification inférieure ou égale à celle pratiquée pour une transplantation selon le plan de développement  présenté par la société sur son site.
Dithyrambiques, le président de la République, la ministre de la santé, la presse nationale et internationale, tous ont salué la prouesse tricolore. L’exploit a été relaté en boucle pendant deux jours sur toutes les chaines de TV et de radio « La France invente le coeur artificiel » Le Journal du Dimanche du 22 décembre, « L’homme réparé, L’aventure Carmat, fabrique d’un cœur français de A à Z » – Le Figaro du 22 décembre, « Le rêve du professeur Carpentier » La Tribune du 23 décembre.  François Hollande a, adressé ses "félicitations" et "encouragements" au Pr Carpentier et à l’équipe de chirurgiens de l’hôpital Georges-Pompidou. «  La France peut être fière de cette action exceptionnelle au service du progrès humain", reprend l’AFP.  Pour le président, "Cette prouesse médicale, qui est en réalité une découverte technique, constitue un espoir formidable pour les patients qui souffrent d’une insuffisance cardiaque évoluée".
« Coeur artificiel : le patient récupère, félicitations de Hollande et Touraine » titre le Nouvel Observateur du 21 décembre qui cite Marisol Touraine, ministre de la Santé, venue féliciter le professeur Alain Carpentier et les chirurgiens pour ce « saut qualitatif majeur » qui ouvre de « très belles perspectives ".   La presse reprend les dates clés de cette incroyable épopée que Carmat détaille sur son site *
Pour l’heure et dans sa forme actuelle, « la bioprohtèse cardiaque qui pèse 900g (entre 3 et 4 fois plus qu’un cœur humain) ne pourrait être implantée que chez des personnes corpulentes : il serait compatible avec 70%  des thorax des hommes et 25%  de ceux des femmes. »précisent les journalistes
Dans les colonnes de Libération du 20 décembre,  Eric Favereau relate les défis qu’ont dû relever médecins et ingénieurs dans un article publié sous le joli titre  « De battre, le cœur artificiel a commencé »
Enfin, le 23 décembre, le Quotidien (Luxembourg) notait qu’après ce succès l’action de Carmat avait gagné 20,55% à 124,00 euros après avoir grimpé de plus de 40% à l’ouverture, dans un marché à l’équilibre (+0,04%).lundi 23 décembre
Nettement moins prestigieux le dossier brûlant des « médecins mercenaires ». Des chiffres douloureux pour un contribuable : jusqu’à 3 600 euros par jour, 15 000 euros par mois soit près de 2,5 fois plus qu’un médecin hospitalier salarié de même formation,  6 000 praticiens intérimaires concernés pour un surcoût total évalué à 500 millions d’euros par an à la charge des hôpitaux et donc de la collectivité. Le rapport parlementaire du député PS Olivier Véran, « Hôpital cherche médecins, coûte que coûte » et présenté le 17 décembre révèle l’ampleur du mal qui ronge l’hospitalisation publique française et pourrait la conduire à sa perte. Une gabegie protégée par l’omerta. Dans le Monde du même jour Laetitia Clavreul évoque « Une lente dérive, mais une vraie dérive. En dix ans, de micro-phénomène, la figure du médecin intérimaire (et bien mieux payé) s’est imposée dans le paysage hospitalier, au point de pervertir le système. »

« Parce qu’elles sont très demandées, certaines professions médicales (anesthésiste, radiologue, médecine d’urgence) peuvent en effet mener à une «surenchère salariale», les candidats «mettant en concurrence les établissements» peu attractifs parce qu’isolés ou peu prestigieux. » explique Guillaume Guichard dans le Figaro du 17 déc. Mais «Comment faire autrement lorsqu’il n’y a plus d’anesthésiste pour endormir les malades au bloc opératoire ?» interroge Olivier Véran. Il manque aussi des urgentistes et des radiologues. Au –delà du coût exorbitant, le recours aux intérimaires qui changent sans cesse sur des contrats de longue durée rend plus difficile l’organisation du travail d’équipes avec des gens qui changent sans cesse.
Pour mettre un terme aux abus et assainir le marché, le député propose les 14 propositions parmi lesquelles :  le plafonnement du niveau de la rémunération qui peut être versée à un médecin temporaire et le contrôle des pratiques.  Autres préconisations : ne plus esquiver la question mais charger une instance du dossier, rendre l’hôpital plus attractif, moduler les rémunérations afin qu’en début de carrière un jeune médecin puisse gagner plus que 3 000 euros nets par mois, miser sur la coopération pour que les petits hôpitaux arrivent à recruter à plusieurs et ainsi offrir des postes bien plus intéressants.  Et aussi : créer  une bourse nationale à l’emploi, informant le public de tous les postes à pourvoir de façon détaillée. Une information-scandale reprise dans toute la presse nationale.
*
http://carmatsa.com/
Marie-Georges Fayn


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