Depuis dix ans, la Pass soigne les plus démunis

La permanence d'accès aux soins de santé (Pass) célèbre le 22 février 2010 ses dix ans d'action médico-sociale au service des plus démunis.

La permanence d’accès aux soins de santé (Pass) célèbre le 22 février 2010 ses dix ans d’action médico-sociale au service des plus démunis.

La loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, définissant l’accès aux soins des personnes les plus démunies comme objectif prioritaire, prévoit l’installation de permanences d’accès aux soins de santé (Pass) dans les hôpitaux.

À Nantes, dès 1998, un groupe de travail pluridisciplinaire
travaille à cette mise en place pour : permettre une meilleure identification des situations de précarité; favoriser l’accès aux droits; faciliter l’accès aux médicaments; instaurer une consultation médico-sociale à visée généraliste; développer un réseau entre professionnels de santé et du social ; informer et former les personnels aux problèmes de la précarité.

En novembre 1999 ouvre la consultation médico-sociale, rapidement baptisée consultation Jean-Guillon (médecin humaniste et ancien professeur d’endocrinologie), d’abord à
l’hôtel-Dieu puis, depuis octobre 2005, dans le bâtiment Tourville. L’équipe réunit des infirmières, une aide-soignante, une secrétaire, des assistantes sociales, un interne en médecine générale et des médecins généralistes, dont le Dr Adeline Scanvion (PH) et des praticiens attachés. Le partage rapide d’information entre ces
professionnels est un atout pour la qualité de la prise en charge des consultants.

En dehors des étrangers ayant un visa touristique, toute personne malade confrontée à un obstacle dans l’accès aux soins peut s’adresser à la consultation Pass qui n’assure qu’un suivi médico-social transitoire ; les consultants sont à terme réorientés auprès de médecins généralistes
libéraux de ville.

Ce service est indispensable. Sans la Pass, des personnes renonceraient aux soins ou auraient un recours inadéquat au service des urgences. Les assistantes sociales Pass interviennent aussi au centre de soins dentaires et en pédiatrie. Le service est en relation avec les nombreuses unités au contact de patients en situation de précarité
sociale. « Le dépistage, l’orientation, et les soins aux personnes précarisées doivent être une préoccupation au sein de chaque pôle de notre établissement », souligne le Dr Christian Agard, médecin référent qui coordonne le dispositif avec Thomas Roux, directeur administratif, Elisabeth Charriau, cadre socio-éducatif et Marie-Hélène Gouraud, cadre soignant.
Un comité de pilotage assure le suivi régulier de notre Pass, labellisée « référente Pays de la Loire » et chargée de créer une dynamique entre les permanences d’accès aux soins de la région sous l’impulsion du DrAdeline Scanvion.

La permanence d’accès aux soins de santé (Pass) célèbre ses dix ans d’action médico-sociale au service des plus
démunis. À cette occasion, l’équipe organise une journée
porte-ouverte le mardi 22 février 2011, de 9h à 17h, au 1er
étage du bâtiment Tourville (5 rue du Pr Yves-Bocquien) et un colloque « santé/précarité » le même jour à partir de 18h, en présence du Dr Suzanne Tartière, directeur médical du Samu social à Paris et du Dr Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, président du Samu social de Paris, président du haut comité pour le logement des personnes défavorisées.

En chiffres
L’activité de la Pass est régulièrement évaluée. En 2009, les principaux motifs médicaux de recours étaient :
pathologie infectieuse(18%), gynécologie, gastro-entérologie (8,5 %), bilan, suivi et renouvellement de
traitement (8,1%), rhumatologie (7,5 %), cardiologie (6,1 %), psychiatrie (6 % ), dermatologie 5,6%.
Entre 2000 et 2009, le nombre d’accueils est passé de 2500 à 8500, les consultations médicales de 2200 à 4000 et les
entretiens sociaux de 1300 à 2200. Chaque année, 1000 personnes fréquentent pour la première fois la consultation Jean-Guillon.
Pour 80% des consultants, l’obstacle aux soins est l’absence de couverture sociale.
La population des consultants (âge moyen : 30 ans) est hétérogène : étrangers (75% des cas, non francophones dans
plus d’un cas sur deux, provenant d’Europe de l’Est, du Caucase, d’Afrique noire ou du Maghreb) ou Français en situation de précarité.

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