Descente d’organes : diffusion sécurisée de l’innovation

L'incontinence et la descente d'organes mobilisent davantage la communauté scientifique que les médias. En août dernier 3 500 urologues, gynécologues, médecins rééducateurs, neurologues sont venus confronter leur expérience et évaluer les toutes dernières techniques réparatrices : les plus innovantes, les plus sûres, les moins traumatisantes, celles qui amélioreront durablement la vie de millions de femmes. Succès dont les journalistes se font désormais l'écho, levant ainsi le voile sur ces maladies taboues.

L’incontinence et la descente d’organes mobilisent davantage la communauté scientifique que les médias. En août dernier 3 500 urologues, gynécologues, médecins rééducateurs, neurologues sont venus confronter leur expérience et évaluer les toutes dernières techniques réparatrices : les plus innovantes, les plus sûres, les moins traumatisantes, celles qui amélioreront durablement la vie de millions de femmes. Succès dont les journalistes se font désormais l’écho, levant ainsi le voile sur ces maladies taboues.

Le congrès qui regroupait deux sociétés internationales focalisées sur l’urogynécologie s’est déroulé sous la présidence du Pr Bernard JACQUETIN, chef du service gynécologie-obstétrique, Hôtel-Dieu*. L’approche médicale, palliative, rééducative et chirurgicale de ces troubles si fréquents de la sphère urinaire, de l’appareil génital féminin et du système digestif terminal a été discutée durant près d’une semaine par des spécialistes du monde entier.

Connaître une innovation n’est pas l’adopter. Pour passer de l’un à l’autre il faut suivre un apprentissage, véritable compagnonnage : « A l’instar de la chirurgie plastique et esthétique, la chirurgie réparatrice des troubles de la statique pelvienne est un artisanat : elle nécessite une pratique assidue, et une confrontation régulière avec d’autres opérateurs expérimentés.» précise le Pr Jacquetin dont le service a lancé en France une technique simplifiée de cure d’incontinence urinaire d’effort, la fameuse bandelette TVT. Toujours à l’avant-garde il enseigne maintenant la pose des prothèses synthétiques de renforcement tissulaire.

Formation continue de la statique pelvienne à la maternité de l’hôtel Dieu
L’innovation ne vaut que si elle est diffusée dans le respect des bonnes pratiques. Un enseignement sécurisé est assuré par la Maternité de l’Hôtel-Dieu qui reçoit chaque année une centaine de chirurgiens, jeunes pour la plupart, mais parfois confirmés, venant des 4 coins de la France. Ils suivent en direct les interventions, apprennent les gestes aux côtés des praticiens chevronnés… et surtout ils étudient comment perfectionner leurs modes opératoires dans l’intérêt de leurs patientes. Les sessions ont lieu plusieurs fois par an et s’étalent sur 3 journées. Formations pratiques alternent avec les cours théoriques. A la Maternité de l’Hôtel-Dieu, les praticiens privilégient dans 90 % des cas les interventions réalisées par la voie vaginale, abord « naturel ».

*Il existe un autre service de gynéco-obstétrique à l’Hôtel-Dieu

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.