Pas une feuille de plus au millefeuille de la recherche mais un label décerné par un jury international, les Départements Hospitalo-Universitaires (DHU) se définissent comme les nouvelles vitrines de la recherche translationnelle d’excellence. L’enjeu pour les patients : une diffusion plus rapide des toutes dernières innovations mises au point par les meilleures équipes.

Pas une feuille de plus au millefeuille de la recherche mais un label décerné par un jury international, les Départements Hospitalo-Universitaires (DHU) se définissent  comme les nouvelles vitrines de la recherche translationnelle d’excellence.  L’enjeu pour les patients : une diffusion plus rapide des toutes dernières innovations mises au point par les meilleures équipes.

Imaginés par l’AP-HP, ces modèles d’alliances performantes se situent à mi-chemin entre les 3 Instituts Hospitalo-universitaires (IHU) campus à rayonnement mondial ayant un statut de fondation de coopération scientifique et soutenus par les investissements d’avenir et les 128 pôles hospitalo-universitaires (PHU) propres à l’institution.  Les DHU se maintiennent dans le périmètre de l’AP-HP et associent dans un noyau dur les équipes des pôles, une unité mixte de recherche classées A+ ou A par l’Agence d’Evaluation et de Recherche de l’Enseignement Supérieur (AERES) et une université. Une coopération de haut niveau se mesurant notamment par la densité des chercheurs et cliniciens qui doivent être une centaine au minimum. Les différents organismes sont liés par une convention de partenariat autour d’une thématique précise et ambitieuse.
    
Pour le 1er appel à projet, 37 dossiers ont été déposés. Le jury international en a retenu 8 « les plus innovants et les plus aboutis dans les trois composantes – soins, enseignement et recherche – et présentant un caractère réellement transformant, une grande cohérence, une gouvernance claire et un niveau exceptionnel », a précisé  la présidente du jury Madame le Pr. Kathryn Wood.

Les 8 premiers Départements Hospitalo-Universitaires (DHU) en Ile-de-France labellisés pour une durée de cinq ans renouvelable

–    Inflammation, immunopathologie et biotherapies : des maladies rares aux maladies communes coordonné par Serge Amselem / David Klatzman, – I – Université Pierre et Marie Curie
–    Vision & Handicaps coordonné par Bahram Bodaghi,  -Sorbonne, Université Paris Diderot – Versailles Saint Quentin
–    « NeuroVasc » coordonné par Hugues Chabriat – Université Paris Diderot
–    Mécanismes inflammatoires dans les maladies rénales et respiratoires coordonné par Bruno Crestani / Gabriel Steg / Eric Daugas – Université Paris Diderot
–    Risques et Grossesse coordonné par François Goffinet – Universités Paris Descartes +Paris Diderot + Paris 13-Nord
–    Risques, grossesse et handicap neurodéveloppemental de l’enfant : prise en charge, prévention et thérapies coordonné par Pierre Gressens, – Université Paris Diderot
–    Thorax Innovation, « TORINO » coordonné par Marc Humbert,– Université Paris-Sud
–    Virus, Immunité, Cancer coordonné par Jean-Michel Pawlotsky,  – Paris Est

Chacun d’eux recevra 100 000 euros sur 5 ans, les universités leur affecteront des postes de chercheurs ou d’ingénieurs et il est probable que les organismes de recherche leur accordent des contrats d’interface. Un second appel à projets DHU a été lancé selon les mêmes modalités le 30 avril 2012.

Les DHU parisiens inspirent les autres CHU qui apprécient la visibilité européenne et mondiale offerte par ce label à leurs équipes de pointe. Celles-ci pourront mieux se positionner sur les appels à projets des programmes hospitaliers de recherche clinique, des laboratoires ou des fondations. Les DHU seront aussi les premiers concernés par les crédits fléchés attribués à la recherche translationnelle, leur cœur de métier.
La dimension collaborative de leur organisation qui associe université, organismes de recherche et CHU dans une logique commune est aussi  un atout pour l’avenir. Par leur approche innovante des thématiques de santé, les DHU anticipent la restructuration des soins et contribuent à une meilleure adéquation entre la formation, les découvertes et l’offre de soins.

Comment évaluer un DHU
A l’issue de la cinquième année, une agence indépendante comme l’AERES évaluera le nombre et l’impact des publications des chercheurs, la capacité du DHU à accélérer la mise ne place d’innovations thérapeutiques, les appels d’offres européens remportés.  Au niveau des soins, seront pris en compte le nombre de recommandations publiées à partir de leurs travaux par les conférences de consensus, et leur incidence sur l’évaluation des pratiques professionnels. Sera aussi appréciée l’origine géographique des patients qui donnera une idée  du rayonnement national des équipes. La qualité de l’enseignement se mesurera par le nombre et la qualité des masters recherche.

Ils ont dit « Il est essentiel qu’une certaine masse critique soit atteinte, et que les projets soient de qualité, les DHU devant apporter une valeur ajoutée par rapport aux structures existantes », a insisté le Pr Serge UZAN, doyen de l’université Pierre et Marie Curie (Paris).

Lors du Colloque national DHU qui s’est tenu le 20 septembre 2012, Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP, a rappelé « le caractère transformant et structurant» de cette initiative et a appelé de ses vœux une reconnaissance des pouvoirs publics pour ces structures susceptibles d’aider au rayonnement international de la recherche française.

Les 10 principes directeurs gouvernant la création des Départements Hospitalo-Universitaires (DHU) en Ile-de-France1.    La création de DHU doit permettre de rénover les relations entre l’hôpital, les universités et les organismes de recherche, dans le respect des identités et des prérogatives de chacune de ces institutions, afin de dynamiser la recherche et d’améliorer la qualité des soins, par une diffusion plus rapide des innovations. Ils constituent des éléments moteurs de la dynamique hospitalo-universitaire, créant des synergies nouvelles et apportant des éléments innovants et transformants à la politique de site.
2. Les DHU doivent permettre de rendre plus visibles des thématiques clairement identifiées, fédératrices et considérées comme prioritaires et novatrices par l’ensemble des partenaires : AP-HP, universités et organismes de recherche.
3. Les DHU associent un ou plusieurs pôles cliniques (PHU) de l’hôpital (ou éléments d’un PHU) et une ou plusieurs unités mixtes de recherche (UMR), autour d’une thématique précise, permettant une gestion optimale des moyens.
4. Les DHU se constituent à partir d’une thématique précise, au sein d’un périmètre hospitalo-universitaire bien défini (université, PRES, organisme de recherche, GH de l’AP-HP, pouvant associer d’autres structures hospitalières).
5. Les DHU sont labellisés, pour une durée de cinq ans renouvelable, par les institutions concernées, à la suite d’un appel à projets lancé conjointement par les universités, les organismes de recherche et l’AP-HP. Les institutions concernées se prononcent à la suite de l’avis émis par les comités locaux de la recherche biomédicale et en santé, et par le comité de la recherche en matière biomédicale et de santé publique (CRMBSP).
6. Les projets de DHU sont évalués par des rapporteurs extérieurs, sur la base de critères exigeants dans la triple mission de recherche, d’enseignement et de soins, témoignant de l’expertise reconnue des équipes constitutives et de la qualité des projets.
7. Au vu du point 6, le nombre de DHU est nécessairement limité.
8. Les DHU ne constituent pas des entités juridiques autonomes. La création des DHU repose sur la conclusion d’une convention de partenariat, permettant de traduire les engagements de chacune des parties.
9. Les DHU bénéficient d’une gouvernance non contraignante, ayant essentiellement pour rôle l’animation du projet et le suivi de la convention de partenariat.
10. Les DHU bénéficient de moyens, résultant des engagements de chacune des trois parties (convention de partenariat). Pour la partie hospitalière, ces moyens sont ciblés vers les PHU concernés.

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