Diabète chez l’enfant : un système qui change la vie

Le département de pédiatrie médicale du Pr Eric Mallet vient d'installer une pompe à insuline miniaturisée à laquelle s'ajoute un capteur de glycémie qui en mesure le taux en continu. Ce couplage tout à fait innovant dans le traitement du diabète chez l'enfant, permet une adaptation instantanée du traitement.

Le département de pédiatrie médicale du Pr Eric Mallet vient d’installer une pompe à insuline miniaturisée à laquelle s’ajoute un capteur de glycémie qui en mesure le taux en continu. Ce couplage tout à fait innovant dans le traitement du diabète chez l’enfant, permet une adaptation instantanée du traitement.

Pionnière il y a une vingtaine d’années dans l’utilisation des pompes à insuline chez l’enfant, le Dr Wieliczko, diabétologue au CHU de Rouen, vient de poser son deuxième système Guardian chez Alicia, une petite fille de 4 ans. Ce système transmet par radiofréquences le taux de glycémie de l’enfant toutes les 5 minutes. Cela permet un dosage constant du débit d’insuline à infuser. Le diabète de l’enfant étant particulièrement instable, cette mesure fréquente évite à l’enfant 8 piqûres au bout des doigts et 4 injections d’insuline par jour ! Cela représente une réelle amélioration dans le confort de vie des enfants et des parents.

Alicia dispose d’un petit sac à dos dans lequel est rangé sa pompe à insuline. Un cathéter lui infuse 24h/24 de l’insuline sans qu’elle y pense ou presque… La facilité totale sécurité d’utilisation de ce nouveau système a permis à la petite Alicia de retourner à l’école et même, sans angoisse, à la cantine !

Si les pompes à insuline sont aujourd’hui totalement remboursées par la Sécurité sociale, l’achat du système Guardian lui ne l’est pas. Le CHU de Rouen s’est doté d’un tel système grâce à un don de l’Association Charles-Nicolle.

L’Association Charles-Nicolle, reconnue d’utilité publique, a reçu une somme provenant de l’opération « Les jardins du coeur ». Chaque année, des particuliers ouvrent leurs magnifiques jardins au grand public et le fruit des visites est entièrement reversé pour soutenir des projets identifiés par le comité scientifique de l’Association Charles-Nicolle. En 2006, la somme récoltée a servi à l’achat de 3 systèmes Guardian, pour le CHU de Rouen mais aussi pour les centres hospitaliers d’Evreux et d’Elbeuf », explique le Pr Mallet, Chef du département de pédiatrie médicale au CHU de Rouen et Président de l’Association Charles-Nicolle.

D’un point de vue technique…
Le système se compose d’un transmetteur, qui fonctionne à pile, qui envoi a un moniteur des informations recueillies par un capteur de glucose. Ce capteur est stérile, se conserve au réfrigérateur et se remplace après trois jours d’utilisation.
Le capteur de glucose est inséré en sous-cutané. Le transmetteur fixé sur la peau est connecté au capteur. Il reçoit et traite les signaux émis par le capteur avant de les envoyer vers le moniteur par
radiofréquence, toutes les 5 minutes environ. Le moniteur enregistre ces informations, les traite pour fournir des valeurs de glycémie et déclencher des alertes en cas d’hypo- ou d’hyperglycémie.
Les informations enregistrées dans le moniteur peuvent également être téléchargées, à des fins d’analyse, sur un ordinateur.
Le GUARDIAN nécessite un étalonnage au moins 2 fois par jour en saisissant dans le moniteur des valeurs de glycémie capillaires. Les alertes de glycémie (hautes et basses) sont définies par le médecin.

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.