Dialyse : le nouveau centre lyonnais de 24 postes, ouvert 24h24

Soins plus sûrs grâce à la proximité d’unités spécialisées, choix de la technique laissé à l’appréciation du patient, suivi global conduit par une équipe pluridisciplinaire de médecins experts, de kinés, de diététiciens et d’assistante sociale, souplesse des horaires et accès wifi dans toutes les chambres... Tels sont les atouts du nouveau centre de dialyse des Hospices Civils de Lyon (HCL). Situé au 3ème étage de l’hôpital Edouard Herriot, il compte 24 postes et une place de plasmaphérèse (1). 4ème pôle de dialyse de Rhône-Alpes, le Centre prévoit de tripler son activité avec 17 000 séances par an.

Soins plus sûrs grâce à la proximité d’unités spécialisées, choix de la technique laissé à l’appréciation du patient, suivi global conduit par une équipe pluridisciplinaire de médecins experts, de kinés, de diététiciens et d’assistante sociale, souplesse des horaires et accès wifi dans toutes les chambres… Tels sont les atouts du nouveau centre de dialyse des Hospices Civils de  Lyon (HCL). Situé au 3ème étage de l’hôpital Edouard Herriot, il compte 24 postes et une place de plasmaphérèse (1). 4ème pôle de dialyse de Rhône-Alpes, le Centre prévoit de tripler son activité avec 17 000 séances par an.

Accueillant principalement les patients chroniques lourds ou polypathologiques (présentant un diabète, polyvasculaires,  atteints d’un cancer ou en fin de vie) et les personnes débutant  une hémodialyse en urgence, le centre des HCL intervient en complément des autres centres de dialyse de la région.
« Une dialyse n’est pas un acte médical anodin » rappelle l’équipe médicale, elle peut entraîner des chutes de tension, des complications infectieuses, cardiaques et  respiratoires. Les patients dialysés ont un risque de mortalité cardiovasculaire 15 à 20 fois plus élevés que la population générale (près d’un décès sur deux chez les patients dialysés est d’origine cardiovasculaire), c’est pourquoi priorité a été donnée à la sécurité des soins grâce à l’intégration du centre au service de néphrologie et à ses unités de réanimation, de radiologie  interventionnelle et de greffes. Une présence médicale permanente  est assurée par 4 médecins seniors, 2 internes. L’équipe comprend également une cadre et son adjointe, une infirmière technique, 27 infirmières de jour et 10 de nuit. Aux effectifs du centre s’ajoutent 10 néphrologues supplémentaires participant à la garde de nuit. Pendant leurs séances ou en consultation individuelle, les patients peuvent aussi bénéficier des compétences et conseils d’un kinésithérapeute, d’une diététicienne, d’une psychologue et  d’une assistante sociale. 
Locaux et équipements ont été modernisés : le centre dispose de sa propre salle d’intervention avec un traitement de l’air qui reproduit les conditions d’un bloc opératoire. De même, l’eau, base de la production du dialysat bénéficie d’un traitement de dernière génération, sans stérilisant chimique. Les installations sont désinfectées entièrement toutes les nuits et ont été entièrement doublées pour assurer la continuité du traitement des patients en cas de panne d’un appareil.
Autres avantages
En l’absence de contre-indication, les patients dialysés peuvent choisir leur technique de dialyse : hémodialyse, dialyse  péritonéale et accéder aux soins 6 jours sur 7, 24h/24h. Une souplesse d’horaires particulièrement appréciée par les personnes actives. A noter que le centre est l’un des seuls à proposer des dialyses de nuit.
Le souci permanent du confort
L’accueil se fait au rez-de-chaussée de l’Hôpital Edouard Herriot. Quand les patients arrivent, ils scannent leurs étiquettes. L’écran plat installé dans la salle indique alors que l’équipe médicale a pris connaissance de leur arrivée (« Bonjour M. X., nous avons bien pris en compte votre arrivée »). Quelques minutes plus tard, lorsque sa place a été préparée, l’écran annonce au patient qu’il peut monter dans le centre, via l’ascenseur dédié.
Les locaux ont été totalement rénovés afin de garantir un meilleur confort aux patients, durant leurs séances. De même, l’étage est entièrement climatisé et offre un accès WiFi dans toutes les chambres. A chaque poste de dialyse correspondent un écran de télévision et une paire d’écouteurs qui permet à chaque patient de regarder son programme sans gêner ses voisins.
Les patients bénéficient aussi d’un suivi global de la prise en charge, avec la  présence d’un kinésithérapeute, une diététicienne, d’une psychologue et  d’une assistante sociale
Lorsqu’il a fini sa séance, l’infirmière entre ce paramètre dans le logiciel et un SMS est automatiquement envoyé au taxi ou au véhicule ambulance qui vient chercher le patient. Des services créés pour faciliter le quotidien des patients chroniques.
Montant des travaux : 2,5 millions d’euros.
 

La dialyse est l’un des traitements de suppléance de l’insuffisance rénale aigue ou chronique au stade terminal

Ce procédé thérapeutique temporaire ou définitif permet d’éliminer les toxines (urée, acide urique) et l’eau qui sont contenues en trop grande quantité dans le sang lorsque les reins ne sont plus en mesure d’assurer leur fonction de maintien de l’organisme. De manière générale, le nombre de dialyses est habituellement de trois séances par semaine, chacune d’environ 4 heures.
En remplaçant les fonctions vitales que les reins ne sont plus capables d’assurer, la dialyse offre une qualité de vie satisfaisante, sous réserve du bon suivi des règles hygiéno-diététiques et du traitement.
Les différentes techniques de dialyse
Il existe 2 techniques principales de dialyse, d’efficacité comparable, basées sur les échanges entre sang et dialysat . Le choix de la technique, en l’absence de contre-indication à l’une ou l’autre des méthodes, est fait par le patient aidé dans sa démarche par l’équipe soignante.
L’hémodialyse
Lorsque l’hémodialyse est choisie, le patient doit se rendre trois fois par semaine au centre. Cette technique impose un accès vasculaire permanent ou fistule artéro-veineuse, généralement au niveau du bras. Elle est créée chirurgicalement en connectant une artère et une veine du bras. La veine verra ainsi son débit et son calibre augmenter et pourra être piquée à chaque séance de dialyse par deux aiguilles de dialyse. Pompé, le sang traverse le dialyseur qui le filtre puis est restitué. En présence au minimum d’une infirmière, les séances peuvent durer de 4 à 6 heures, durant lesquelles une grande quantité de sang (50 à 60 litres) est filtré de ses toxines et de l’eau en excès par une machine à dialyse ou rein artificiel.
La dialyse péritonéale
Elle utilise les capacités naturelles de filtration du péritoine (une membrane qui enveloppe l’intérieur de la cavité abdominale et le tube digestif). Une intervention chirurgicale est nécessaire afin de mettre en place un cathéter en plastique souple dans l’abdomen. Lors de la dialyse, c’est via ce cathéter que le liquide de dialyse est injecté dans la cavité péritonéale. C’est par là ensuite que le liquide chargé de déchets et la surcharge en eau seront drainés hors de l’organisme.
Outre ces deux techniques, les patients pris en charge au sein du centre de l’hôpital Edouard Herriot peuvent bénéficier des techniques d’hémodiafiltration, actuellement disponibles pour 20 % des patients en France. Elle permet de traiter les patients les plus fragiles (diabétiques, cardiaques, patients dénutris…) et justifiant de dialyse sans héparine (risque hémorragiques élevé). Parallèlement à ses activités de soin, le centre mène des recherches sur le développement de nouvelles techniques de dialyse et sur le lien entre insuffisance rénale et activité physique, afin de faire évoluer la prise en charge dans les années à venir.

Malgré les risques et compte-tenu de la pénurie d’organes disponibles, plus de 30 000 patients sont traités par dialyse chaque année
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1- La plasmaphérèse consiste à échanger le plasma du patient via une machine. Le but est d’épurer le plasma de molécules inflammatoires qui ne sont pas éliminées par les techniques de dialyse traditionnelles.
2- Le dialysat est une solution saline à base de bicarbonate de sodium préparée par le générateur d’hémodialyse qui va permettre d’épurer le sang des patients lors de la dialyse.

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