Don et greffes d’organes : le prélèvement sur donneurs âgés en Aquitaine

En 2013, la pénurie d’organes s’est aggravée en France ; même si paradoxalement le nombre de prélèvements multi-organes augmente : 1 627 prélèvements aboutissant à 5 115 transplantations (+ 2% par rapport à 2012), le nombre de candidats potentiels à la greffe progresse encore plus vite (+ de 11 000 nouveaux inscrits en liste d’attente de transplantations). Pour inciter les Français à transmettre à leurs proches, leur position sur le don d’organes,

En 2013, la pénurie d’organes s’est aggravée en France ; même si paradoxalement le nombre de prélèvements multi-organes augmente : 1 627 prélèvements aboutissant à 5 115 transplantations  (+ 2% par rapport à 2012), le nombre de candidats potentiels à la greffe progresse encore plus vite (+ de 11 000 nouveaux inscrits en liste d’attente de transplantations). Pour inciter les Français à transmettre à leurs proches, leur position sur le don d’organes, l’Agence de biomédecine organise le 22 juin une campagne annuelle relayée par les CHU, l’objectif étant de réduire le taux de refus actuellement établi à 33%. 
Dans le cadre de sa communication, l’agence rappelle aussi les différentes stratégies déployées en France pour remédier à la pénurie : le développement de la greffe ‘donneur vivant’ qui concerne essentiellement l’activité de transplantation rénale (414 greffes de ce type réalisées en France en 2013), l’augmentation du recensement des donneurs partout en France y compris dans les petits centres hospitaliers et le développement du prélèvement sur les donneurs âgés.
Il existe des variations importantes d’activité en fonction des régions de France expliquées notamment par des différences régionales de développement de la mise en place de ces stratégies, en particulier sur le donneur âgé.

La région Aquitaine, bien placée au niveau national pour son taux de prélèvement d’organes sur le donneur âgé.

Alros que le taux de prélèvement des personnes de plus de 65 ans est de l’ordre de 25 % en moyenne en France, il s’établit à un peu plus de 30 % en Aquitaine. Sur les personnes âgées, tous les organes ne sont pas prélevés puisqu’il est impossible de greffer des organes thoraciques (cœur et poumon) issus de ces donneurs du fait de l’altération mécanique des propriétés de ces organes liée à l’âge. En revanche on peut prélever des organes abdominaux (foie et rein) qui constituent d’excellents greffons et permettent ainsi de faire face à la pénurie majeure de ce type d’organes pour certaines catégories de patients.
L’activité de transplantation hépatique au CHU de Bordeaux (56 transplantations en 2013) est issue pour plus de 25% de donneurs de plus de 70 ans. Ces greffons ne permettent pas, de greffer les patients les plus jeunes mais sont souvent utilisés pour traiter des patients atteints de tumeur du foie qui ne sont pas prioritaires dans les listes d’attente et qui décédaient auparavant trop souvent faute de greffon disponible.
Le développement du prélèvement de donneurs âgés permet donc de sauver de nombreuses vies à la fois en transplantation rénale et en transplantation hépatique.

Les équipes de la coordination hospitalière de prélèvements du CHU de Bordeaux constatent souvent une incompréhension des familles des donneurs âgés, car cette problématique est rarement abordée chez ces personnes qui ne s’estiment pas concernées.
Les familles, dans le doute, ont tendance à s’opposer au prélèvement de leur proche. Il est donc particulièrement important de faire connaître les différentes possibilités thérapeutiques afin que la personne âgée puisse être sensibilisée pour se positionner vis-à-vis du don et le fasse savoir à ses proches.

Transplantations et prélèvements au CHU de Bordeaux en 2013 
615 greffes  
213 prélèvements 

               Greffes           Prélèvements
Rein              114                  80
Cœur              15                    9
Poumon          22                  13
Foie                56                  37
Cornée         177                  66
Moelle           231                   6
Pancréas          –                    2

En lien le dossier de presse de l’Agence de Biomédecine

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