Dossier : l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

young female doctor holding MRI or CT scan picture, doctor in uniform sitting in working room and holding X-ray picture for diagnosis brain injury or cerebrovascular accident of patient
L'Accident Vasculaire Cérébral touche 150 000 personnes par an. Responsable de 110 000 hospitalisations selon le ministère de la santé, cet arrêt soudain de la circulation sanguin à l'intérieur du cerveau représente la troisième cause de décès chez l'homme et deuxième chez la femme, soit au total 30 000 décès par an. En France, plus de 500 000 Français vivent avec des séquelles suite à un AVC.

L’AVC, c’est quoi ?

Un accident vasculaire cérébral (AVC) engendre la perte soudaine d’une ou plusieurs fonctions du cerveau et peut être provoqué par différents facteurs. Il existe trois types d’AVC. Les deux premiers sont les plus dangereux : l’AVC ischémique causé par l’occlusion d’une artère du cerveau et l’AVC hémorragique dû, le plus souvent, à une rupture d’anévrisme. L’Accident Ischémique Transitoire (AIT) est un type d’AVC dit bénin puisque l’artère cérébrale se recanalise d’elle-même, au bout de quelques secondes. Les symptômes disparaissent en même temps. Il faut néanmoins rester vigilant si un AIT se produit : celui-ci peut signaler la survenue potentielle d’un accident de plus grande importance. 

La gravité de l’AVC peut varier. Cela va dépendre de la zone du cerveau touchée mais aussi du nombre de zones cérébrales impactées. Un grand nombre de personnes sont touchées par l’AVC : en France, environ 150 000 par an, dont 30 000 décès. Si de nombreuses vies sont sauvées, l’AVC n’en reste pas moins la première cause d’handicap de l’adulte en France. En effet, de très lourdes séquelles sont occasionnées, comme la paralysie ou la perte de sensibilité d’un membre ou d’un hémicorps, le langage, l’attention, la vision, voire le décès du patient. 

Les différents types d’AVC

Il existe plusieurs types d’accidents vasculaires cérébraux : l’AVC ischémique, l’AVC hémorragique et l’accident ischémique transitoire (AIT).

Représentations d'un AVC ischémique (à gauche) et d'un AVC hémmoragique (à droite). Image : Adobe Stock.

L’AVC ischémique

La majorité des AVC (environ 85%) sont des infarctus cérébraux que l’on appelle aussi AVC ischémique. Ils se produisent par l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot de sang, causant ainsi une embolie cérébrale. L’obstruction sanguine peut se former dans une partie tiers du corps ou directement dans le cerveau. L’artère peut également être engorgée par une plaque de cholestérol. Dans ce cas, il s’agit d’une thrombose cérébrale.  L’épaisseur du caillot coupe la circulation sanguine et provoque l’AVC.

L’AVC hémorragique

Dans 15% des cas, le patient subit un AVC hémorragique. Il s’agit d’un saignement, dû à la rupture d’une artère cérébrale, qui cause la mort de cellules. La principale cause de l’hémorragie est l’hypertension artérielle, c’est-à-dire une trop forte pression du sang sur la paroi des artères. Il est aussi possible qu’il s’agisse d’une rupture d’anévrisme, qui se définit par la dilatation puis la rupture d’une artère. On distingue les hémorragies intraparenchymateuses (rupture d’une artère cérébrale) et les hémorragies méningées (irruption de sang dans les méninges qui entourent la moelle épinière et le cerveau).

L’Accident Ischémique Transitoire (AIT)

Il s’agit ici d’une complication cérébrale temporaire : le manque de flux sanguin dans le cerveau se résorbe rapidement et ne provoque pas de séquelles. Les symptômes sont semblables à ceux de l’AVC mais s’estompent très rapidement. L’AIT n’est donc pas toujours pris au sérieux et peut même être confondu avec un simple malaise. Pourtant, il peut représenter un signal d’alarme vis à vis d’un AVC plus grave et doit donc être pris en charge dans l’immédiat.

Prévention et diagnostic 

La prévention primaire, permettant de prévenir la survenue d’un premier AVC, est liée à différents facteurs de risques pré-établis. Parmi eux : le diabète doit être traité de manière médicamenteuse et le taux glycémique doit être surveillé. 

La concentration trop élevée d’un ou plusieurs lipides dans le sang (cholestérol, triglycérides…) ou l’obésité abdominale constituent également des risques. Dans ce cas, il est nécessaire de procéder à la mise en application d’un régime alimentaire et d’une activité physique régulière. Les médecins conseillent d’entretenir une intervalle sportive d’environ trente minutes par jour. Un traitement médicamenteux peut être appliqué. 

Le tabagisme, la consommation d’alcool ou une mauvaise alimentation peuvent causer un AVC. Si le patient comporte des antécédents d’hypertension artérielle, il doit être soumis à un régime allégé en sels et un traitement médicamenteux.

Il faut également prendre en compte que l’AVC, chez la femme, peut être déclenché par la prise de certaines pillules oestroprogestatives. Les traitements lors de la ménopause sont également contre-indiqués, dans le cas où il y aurait un facteur de risque pré-établi chez la patiente, par exemple s’il y a des antécédents d’AVC dans la famille proche. Il est donc nécessaire d’en parler à son gynécologue avant de prendre tout traitement hormonal (contraception, ménopause…). 

Des paramètres psychosociaux entrent également dans cette catégorie. On entend, notamment, des efforts trop intenses au travail, des rapports sociaux dégradés ou une exigence émotionnelle trop forte. Tous ces facteurs doivent donc faire l’objet d’une importante vigilance et d’un suivi régulier. 

Le diagnostic de l’AVC, qu’il soit ischémique ou hémorragique, est produit grâce à l’imagerie cérébrale, à l’aide d’un scanner ou d’un IRM. 

Les symptômes

Les symptômes de l’AVC peuvent être variés en fonction de la partie du cerveau touchée car chacune a sa spécificité : le mouvement, la sensibilité, le langage ou encore la vision… Pour autant, certains symptômes reviennent fréquemment et peuvent permettre d’identifier l’arrivée d’un AVC : 

  • L’hémiplégie : paralysie d’une ou plusieurs zones du visage, plus communément d’une seule partie du corps, accompagnée d’une perte de sensibilité ou une sensation d’engourdissement.
  • Des troubles de la vision : perte de la vue d’un œil, de la moitié du champ visuel de chaque œil ou la survenue d’une vue double.
  • Des troubles de la parole : la dysarthrie, définie par une incapacité à articuler ou l’aphasie, reconnaissable lorsque le patient prononce des mots inintelligibles ou présente une mauvaise compréhension de ce qu’il perçoit. Il est également possible que la victime ait des difficultés à trouver ses mots.
  • Une perte d’équilibre ou une mauvaise coordination des membres.
  • Un mal de tête intense, brutal et inhabituel. 

On caractérise souvent l’AVC par la survenue soudaine de ces symptômes. C’est pour cette raison qu’il est considéré par les soignants comme une attaque cérébrale. L’intensité maximale des symptômes peut être immédiate ou s’accentuer progressivement, pouvant aller de quelques minutes à quelques heures. Il est également important de retenir que ces signaux peuvent apparaître durant le sommeil. Dans le cas d’un Accident Ischémique Transitoire (AIT), si les symptômes peuvent diminuer rapidement, il est tout de même nécessaire que le patient soit  pris en charge de manière urgente.

Les traitements 

Traitement pour l’AVC ischémique

Pour l’AVC ischémique, le traitement est réalisé en urgence au sein d’un hôpital dans une unité neurovasculaire ou en forte collaboration avec elle. L’équipe hospitalière va alors dissoudre le caillot qui bouche l’artère cérébrale avec un médicament administré au patient par voie veineuse. On appelle ce traitement une thrombolyse ou fibrinolyse. À moins qu’il y ait des contre-indications, ce dernier doit être mis en place le plus rapidement possible après la survenue de l’AVC et dans un délai maximal de 6 heures, afin de rétablir au plus vite la circulation du sang et approvisionner le cerveau en oxygène. Cela va empêcher le plus de potentielles séquelles. 

Lorsque le caillot touche une artère de gros calibre, il est aussi possible de le retirer grâce à un dispositif mécanique qu’on appelle la thrombectomie endovasculaire, traitement mini-invasif avec contrôle radioscopique et réalisé par les neuroradiologues interventionnels. Ce traitement est en pleine expansion depuis 2015 et a permis de révolutionner la prise en charge des AVC ischémiques les plus sévères.

Traitement pour l’AVC hémorragique

Pour un AVC hémorragique, il faut absolument contrôler la tension artérielle afin d’éviter un nouveau saignement et une extension de l’hématome dans le cerveau du patient. Il est également possible d’effectuer un traitement chirurgical pour évacuer l’hématome.

Néanmoins, chaque traitement (chirurgical ou médicamenteux) dépend du patient, de ses antécédents, et de l’ampleur de l’AVC subit. 

Le traitement permet de prévenir le risque d’un nouvel AVC, d’éviter des complications ou une aggravation, mais doit aussi être associé à un mode de vie sain (alimentation équilibrée, arrêt du tabac, pratique d’activités physiques adaptées au patient…).

Rééducation 

Au niveau des séquelles exposées plus haut, le patient devra se soumettre à une rééducation qui commencera dès l’intégration de l’unité neurovasculaire, puis qui peut également continuer au sein d’un service de réadaptation ou à domicile si l’état de santé du patient le permet. La rééducation sera adaptée selon l’étendue des séquelles subies et peut être différente pour chaque patient. 

Les séquelles 

Le patient peut être affecté de différentes manières selon la gravité de l’AVC subi. Il y a des séquelles motrices et cognitives. Parmi les séquelles les plus fréquentes et invalidantes, il y a ce qu’on appelle l’hémiplégie, la paralysie d’un côté du corps et l’aphasie, qui représente les troubles du langage oral et écrit, au niveau de l’expression et de la compréhension. Au niveau de la motricité, le taux de récupération de la marche est de 55 à 70%, et un tiers des patients seront totalement indépendants. 

Il peut également y avoir des séquelles moins visibles comme une forte fatigue, un trouble de la concentration ou encore des troubles anxieux et dépressifs.

Spécificités chez la femme et l’enfant

L’AVC chez les femmes 

L’AVC touche différemment les femmes des hommes. Elles sont davantage exposées à des risques lors d’importants changements biologiques, tels que la grossesse ou la ménopause. Les séquelles qui découlent des accidents cardiovasculaires sont majoritaires et plus lourdes chez les femmes. Le taux de mortalité est également plus important chez les femmes.

Les symptomes de l’AVC sont les mêmes pour l’homme et la femme, mais certains symptomes sont propres à la femme. Comme dit précédemment, la grossesse et la ménopause augmentent les risques mais aussi les contraceptifs oraux et l’hormonothérapie. De plus, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. La vieillesse les expose donc d’autant plus à l’AVC. En effet, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, en 2016, l’espérance de vie mondiale était de 74,2 ans pour les femmes et de 69,8 ans pour les hommes.

L’AVC chez l’enfant

Cinq cent à mille enfants sont victimes d’un AVC chaque année en France. La pathologie est réellement connue depuis vingt ans et les équipes médicales sont de mieux en mieux informées sur la question. Cela a permis de réduire la mortalité avec un meilleur traitement et également de diminuer le risque de récidive chez l’enfant. Ils subissent néanmoins des séquelles motrices et cognitives dans 70% des cas. 

La prise en charge de l’enfant, en cas d’AVC, est en constante évolution. En effet, la question de l’avancée des séquelles au fil des années, quand ses fonctions cérébrales seront complètement développées, se pose. Il est donc important de réfléchir à une thérapie, une rééducation, une prise en charge personnalisée en pédiatrie. Il existe le centre national de référence de l’AVC de l’enfant qui est coordonné par l’hôpital Necker à l’Assistance Publique–Hôpitaux de Paris, le CHU de Saint-Etienne, avec les différents CHU impliqués  (Grenoble, Lyon, Saint-Maurice, Angers, Lille), qui mettent en commun leurs différentes compétences afin de proposer la meilleure prise en charge possible de cette pathologie.

L’AVC dans les CHU

CHU Limoges

Accident vasculaire cérébral – CHU Limoges
http://www.chu-limoges.fr/IMG/pdf/cp_unv_campagne_avc-2.pdf

CHU de Nantes
CHU de Nantes – Neurologie

CHU de Toulouse
Accidents vasculaires neurologiques (AVC ou AIT) – Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Toulouse

CHU de Bordeaux
Prise en charge des AVC
Cellule coordination Aquitaine AVC

CHU de Rennes
Prise en charge des AVC – Centre Hospitalier Universitaire de Rennes

CHU de Lyon
Accident Vasculaire Cérébral (AVC) | Fiche santé HCL

CHU de Rouen
La prise en charge de l’AVC en unité de neurologie vasculaire

L’accident vasculaire cérébral (AVC)

CHU de Tours
Accident Vasculaire Cérébral ischémique (AVC)

CHU de Grenoble

Neurologie vasculaire – Soins intensifs AVC | CHU Grenoble Alpes

La rédaction

Ce dossier n’a qu’une valeur informative non-exhaustive et ne remplace pas l’avis médical d’un expert. 

Ce dossier a été relu par le Pr Aymeric Rouchaud, neuroradiologue interventionnel au CHU de Limoges. 

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