Education thérapeutique : pour un patient acteur de sa santé

Recommander une façon "d'être" plutôt qu'une façon de "faire" : voilà une approche qui peut paraître inhabituelle à bon nombre de patients. Et pourtant c'est autour de ce principe que se sont tenues le 18 décembre "les premières rencontres en éducation thérapeutique du patient", organisées par le CHU d'Angers.

Recommander une façon « d’être » plutôt qu’une façon de « faire » : voilà une approche qui peut paraître inhabituelle à bon nombre de patients. Et pourtant c’est autour de ce principe que se sont tenues le 18 décembre 2009 « les premières rencontres en éducation thérapeutique du patient », organisées par le CHU d’Angers.

Pendant longtemps, les patients ont été cantonnés dans l’application stricte de la prescription médicale sans pouvoir l’influencer. Avec l’éducation thérapeutique le processus s’inverse : le patient devient moteur de la démarche thérapeutique.

Pour les personnes souffrant, par exemple, d’insuffisance respiratoire, de surpoids ou encore de diabète, l’éducation thérapeutique représente une nouvelle voie vers la prise en charge de leur pathologie : elles deviennent actrice de leur santé.

Approche humaniste du soin centrée sur la personne, ses besoins, ses ressources, ses valeurs, l’éducation thérapeutique permet au patient d’accroître ses connaissances de la maladie et de ses traitements. Elle apporte une meilleure qualité de vie, entraîne une observance thérapeutique accrue et une diminution des complications. L’éducation thérapeutique s’appuie sur une approche psychopédagogique « propre à motiver » pour que le patient se prenne en charge et modifie ses comportements sur le long terme. D’ores et déjà, le CHU d’Angers propose de nombreux programmes d’éducation thérapeutique qui s’adresse aux patients asthmatiques ou porteur de l’hépatite B ou C, souffrant d’un problème cardiaque ou de nutrition.

Ouverture d’une plateforme d’éducation thérapeutique
La pertinence de l’éducation thérapeutique du patient, dans un parcours de soin, est à ce point acquise au sein du CHU d’Angers que celui-ci vient d’ouvrir sa plateforme d’éducation thérapeutique. Anticipant sur les préconisations de la loi HPST*, le CHU d’Angers a effectivement programmé, dans son projet d’établissement « 2006-2010 », la création d’une structure transversale d’éducation thérapeutique. L’équipe a pour mission de soutenir et d’appuyer les actions d’éducation thérapeutique au sein de l’établissement.

Cette plateforme a été présentée à l’occasion des « Premières rencontres en éducation thérapeutique du patient » ouvertes à l’ensemble des professionnels de santé de la région. L’occasion de rappeler les concepts fondateurs de l’éducation thérapeutique mais, également, de confronter les professionnels présents à la diversité des expériences et des pratiques.

L’éducation thérapeutique est une « manière d’être » pour les patients mais également entre professionnels de disciplines et d’institutions différentes. Un point de vue partagé par une majorité des professionnels venus en nombre témoigner de leurs expériences.

* Hôpital, Patients, Santé et Territoire

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Fumagilline, itinéraire d’une réapparition

L’information a été reprise par plusieurs médias. Pour soigner un jeune patient, les Hospices Civils de Lyon ont recréé un médicament disparu de la circulation : la fumagilline. Si ce dernier fait office de remède miracle, sa fabrication tient davantage de l’abnégation des équipes du CHU qui, à l’heure actuelle, se battent pour en pérenniser la production.

Dossier : L’endométriose

En Janvier 2022, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie gynécologique mieux connue depuis quelques années et qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Notre dossier.

Urgences : “La régulation médicale apparaît comme une solution pertinente pour garantir la qualité de la prise en charge”

Responsable d’une “mission flash” d’un mois pour les urgences – déjà contestée par plusieurs organisations qui craignent un énième rapport sans réelle traduction en actes -, François Braun était présent quelques jours auparavant au Salon Santexpo pour parler du Services d’accès aux soins. Le Chef du pôle Urgences santé mentale au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France voit dans le SAS, déjà déployé sur vingt-deux sites pilotes en France, qu’il une solution de désengorgement efficace des urgences. Explications.