Exercice Déconta 972 : activation de l’unité légère de décontamination

Le CHU de Fort-de-France, référent en cas d'accident ou d'attaque nucléaire, radiologique, biologique ou chimique pour la Martinique et la Guadeloupe, a détaché une équipe spécialisée dans la prise en charge des victimes. Un exercice grandeur nature mené fin 2006 a permis aux professionnels de l'urgence d'apprécier les forces et les limites de ce dispositif et des équipements dédiés.

Le CHU de Fort-de-France, référent en cas d’accident ou d’attaque nucléaire, radiologique, biologique ou chimique pour la Martinique et la Guadeloupe, a détaché une équipe spécialisée dans la prise en charge des victimes. Un exercice grandeur nature mené fin 2006 a permis aux professionnels de l’urgence d’apprécier les forces et les limites de ce dispositif et des équipements dédiés.

Dans le cadre de ses missions de référent pour les « risques Nucléaires Radiologiques Biologiques Chimiques (NRBC) », le CHU de Fort-de-France a créé en septembre 2006 l’Unité Fonctionnelle NRBC. Rattachée au pôle SAMU, elle est composée d’un Médecin, d’un pharmacien et d’un cadre infirmiers et son territoire de compétence rayonne sur la Martinique et la Guadeloupe. En plus de missions d’enseignement (grippe Aviaire, médecine de catastrophe), de planification des secours (plan Blanc), de coopération régionale, cette antenne a une vocation opérationnelle de gestion médicale des accidents « technologiques ». Cette responsabilité a conduit le CHU à se doter en octobre 2006, d’un Module de Décontamination Pré Hospitalière (MDPH). L’unité modulaire transportable est destinée à la prise en charge protocolisée de victimes valides ou invalides, contaminées par un agent toxique de type (NRBC) et ce avant leur admission au CHU. Le but étant d’éviter un transfert de contamination vers l’établissement hospitalier et son personnel, ce qui les rendrait complètement inopérants.

Le déroulement de l’exercice du 18 décembre 2006
L’UF NRBC a organisé sur le parking de l’entrée du CHU, le premier exercice de décontamination chimique de la Caraïbe avec armement d’un Module de Décontamination Pré Hospitalière « Déconta 972 ». Il s’agissait pour les personnels, en tenue complète de protection, de prendre en charge 4 victimes contaminées par un produit chimique avant leur admission au service d’urgence.

Quatre étapes fondamentales ont été testées
– L’accueil et le découpage protocolisés des vêtements de la victime qui permet à lui seul d’enlever 90 % de la contamination.
– Un lavage complet par douche prudente
– Un contrôle de décontamination par les démineurs du NEDEX (armée)
– La prise en charge médicale par un anesthésiste et l’évacuation vers un service dédié par les médecins du SAMU, et les Sapeurs pompiers

Les objectifs principaux de cet exercice
– Évaluer l’annexe « chimique » du Plan Blanc
– Activer et tester le matériel de décontamination du CHU. –
– Former le personnel du CHU et valider l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence (AFGSU 1-2)
– Évaluer les procédures internes de décontamination.
– Sensibiliser les institutions médicales aux risques NRBC.

L’exercice, évalué par les officiers de l’état-major de la Zone, pendant une 1h30 et a permis de tirer différents enseignements.

Les points forts
– Implication des personnels du CHU (Samu Anesthésie, sécurité…)
– Coordination interservices : SAMU, SDIS, Armée NEDEX
– Mobilisation institutionnelle : Directeurs du CHU, ARH, DSDS…
– Validation des formations NRBC dispensées aux personnels SAMU
– Amélioration des procédures logistiques de l’UF NRBC.
– Intérêt important porté par les délégations de Sainte Lucie.

Les points faibles
– MDPH nécessite une logistique lourde et la mobilisation de moyens extra hospitaliers indispensables
– Tolérance difficile par le personnel au port des tenues de protection en pays tropical.
– Difficulté de conserver les acquis des étapes de déshabillage – découpage

Une collaboration entre les services du CHU et les services de secours de l’état a permis de satisfaire aux objectifs fixés et d’envisager la projection du détachement NRBC du CHU hors du département

D’après un article des Dr E. FONTANILLE et Dr S. GAUCHER

Commentaires

Il n’y a pas encore de commentaire pour cet article.

Sur le même sujet

Au chevet des brûlés

Il y a quinze jours, nous mettions en ligne notre reportage vidéo tourné au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes, l’un des huit en France à prendre en charge les adultes comme les enfants. Dans ce service, une dizaine de métiers et d’expertises se mêlent au quotidien. Nous associons aujourd’hui les mots à l’image pour mieux rendre compte de ce qu’implique le soin de la brûlure, une pathologie répandue (400 000 personnes touchées tous les ans), complexe dans sa prise en charge, violente pour les corps et les esprits. Reportage.

Arrêt cardiaque : être préparé pour sauver demain

Dans les locaux du SAMU 44 (CHU de Nantes), le Centre d’Enseignement aux Soins d’Urgences (CESU) forme les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence. Il y a quelques semaines, nous avons suivi une matinée intense de formation à destination d’étudiants en troisième année de médecine, centrée sur l’arrêt cardiaque. Reportage.

Renaissance des urgences de Jeanne de Flandre

Le CHU de Lille inaugure ce mois-ci ses nouvelles urgences gynécologiques et obstétricales, situées au sein de l’Hôpital Mère-Enfant Jeanne de Flandre. Au-delà de la rénovation du service, c’est l’ensemble de la prise en charge des patientes qui a été rebâtie. Un atout de plus à destination de la femme, du nouveau-né ou de l’enfant.