Face au risque terroriste et social, le CHU de Dijon met en place des séances de formation spécialisées

Face au risque terroriste et social, le CHU de Dijon a mis en place avec d’autres partenaires (UFR Sciences et Santé de Dijon, Université de Bourgogne, ANFH, etc), l’USEEM : le centre de simulation en santé du CHU de Dijon afin de permettre au plus grand nombre de professionnels concernés de s’entraîner à prendre en charge un afflux massif de victimes.

Face au risque terroriste et social, le CHU de Dijon a mis en place avec d’autres partenaires (UFR Sciences et Santé de Dijon, Université de Bourgogne, ANFH, etc), l’USEEM : le centre de simulation en santé du CHU de Dijon afin de permettre au plus grand nombre de professionnels concernés de s’entraîner à prendre en charge un afflux massif de victimes.
Si les attentats du 13 novembre 2015 ont fait prendre conscience aux Français de la menace terroriste, celle-ci est toujours tangible : selon une étude publiée dans Le Monde en mars dernier, les services de lutte antiterroriste ont recensé pas moins de 78 projets d’attaques sur le sol français depuis 2013, dont 11 aboutis, 17 échoués et 50 déjoués. À cela vient aujourd’hui s’ajouter la spectre de la rébellion civile, qui plane au dessus du mouvement des « Gilets Jaunes » depuis le début du mois de décembre 2018.
Pour anticiper ces situations extrêmes, les gouvernements successifs ont pris différentes mesures politiques pour réduire les risques de violence et développer les capacités de réaction en cas d’attaque produisant un grand nombre de victimes.
L’arsenal de planification est maintenant riche et exhaustif : plan NOVI pour secourir un nombre important de victimes dans un même lieu, dans le cadre du dispositif ORSEC (organisation de la réponse de sécurité civile) déclenché par un préfet ; plan ORSAN-AMAVI (« Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelle – accueil massif de victimes »), piloté par les Agences régionales de santé (ARS) ; Plan Blanc pour la réorganisation des établissements hospitaliers.
Les autorités ont également fait évoluer les procédures de prise en charge d’un afflux massif de victimes (circulaire du 13 avril 2016).

Organisation… et compétences

Pour autant, cette prise en charge ne soulève pas qu’un problème organisationnel ; c’est aussi une question de compétences. Dans leur pratique quotidienne, les professionnels de l’urgence médicale disposent de ressources importantes, en personnel et en matériel, pour s’occuper d’un patient. Mais un déferlement de victimes signifie une situation inverse : les ressources deviennent insuffisantes pour que la qualité et la sécurité des soins soit assurée.
Dans un environnement particulièrement anxiogène, il convient alors d’adapter les systèmes de prise en charge et de savoir établir des priorités et procéder aux bons gestes du damage control, afin de donner le plus de chances possibles à toutes les personnes nécessitant de l’aide.
La maîtrise de ces nouvelles compétences par les professionnels de santé est donc l’une des composantes clés de la préparation de ce type de crises.
Dans ce contexte, le CHU de Dijon a décidé d’agir avec d’autres partenaires (UFR Sciences et Santé de Dijon, Université de Bourgogne, ANFH, etc) et de mettre en place l’USEEM : le centre de simulation en santé du CHU de Dijon.
Pour développer leur offre d’accompagnement, ils ont fait confiance à Médusims, éditeur français de plateformes d’entraînement basées sur la simulation médicale numérique, à travers sa plateforme digitale « Traumasims » pour les accompagner dans cette démarche.

« Traumasims » mode d’emploi

La plate-forme Traumasims  a été conçue pour et avec les professionnels de l’urgence experts de différentes disciplines afin de leur permettre de tester et d’évaluer leurs compétences ainsi que celles de leurs équipes et d’améliorer l’efficience des processus.
En reproduisant les situations, l’outil permet de former à la rapidité du triage et à la juste évaluation des cas ; et ce, dans des conditions exceptionnelles génératrices de stress. Parce que l’enjeu est bien de savoir pratiquer le bon geste au bon moment par le bon opérateur et au bon endroit.
La plate-forme prend ainsi en compte plusieurs scénarios modulables, combinant jusqu’à 48 cas cliniques ayant un moteur physiologique évolutif : tri des blessés, réalisation de gestes d’urgence, organisation de points de regroupement des victimes, évacuation vers des hôpitaux. 
Elle est déjà installée et utilisée en routine dans une dizaine d’hôpitaux sur le territoire national et en discussion pour de nouveaux déploiements dans les DOM.

Des exercices  d’amélioration collective 

Afin de permettre au plus grand nombre de professionnels concernés de s’entraîner en conditions, le CHU de Dijon a mis en place des séances de formation spécialisées qui s’adresse à tous les publics dont les compétences sont décisives lors de ces situations exceptionnelles.
En effet , les équipes médicales, paramédicales, hospitalières et pré-hospitalières de la traumatologie ainsi que les pompiers ou les services des armées plébiscitent l’entraînement collectif simulé, dans le but de réduire l’effet de sidération initial et d’améliorer les processus globaux de prise en charge. « Les professionnels sont très demandeurs même si l’effet générationnel joue. Les jeunes praticiens sont enclins à utiliser ces outils » indique le Dr Sébastien Mirek, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU Dijon, médecin réserviste SSA.
Pour accompagner l‘ensemble des acteurs dans cette démarche de renforcement collectif des compétences, les 17 et 18 décembre, auront lieu au CHU, deux séquences d’entrainement en simulation numérique au triage et à la prise en charge des victimes. Par le biais de l’outil « Traumasims DAMAGE CONTROL », les secours vont pouvoir s’entraîner à repérer les victimes les plus graves, les trier et réaliser les gestes salvateurs. Après une introduction, des exercices par binômes en simulation numérique auront lieu et seront suivis d’un debriefing et d’une discussion.
L’objectif de ce partenariat CHU de Dijon/ Médusims étant de parfaitement maitriser les procédures de prise en charge et d’assurer aux patients une qualité de prise en charge optimale.   

Dates des Séances d’entrainement 

• Lundi 17 décembre 17h-20h
• Mardi 18 décembre 14h-17h
Séance encadrées et animées par le Dr Sébastien Mirek, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU Dijon et formateur en simulation.

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